Peut-être une des ultimes traces de la R.N.471: ce panneau forestier situé en lisière de la forêt de la Joux, vers Cuvier (photo: MV, avril 2008).
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Après la côte de l'Heute, voilà, sur la droite, la vallée de l'Ain (photo: MV, avril 2006).

Villes et villages traversés par la RN471 (1959):
Cuisery (Brienne)
Jouvençon
Rancy
Bantanges
Sornay
Louhans
(N78, N396)
Ratte
Beaurepaire-en-Bresse
Courlaoux
Courlans
Montmorot
Lons-le-Saunier
(N471)
Pannessières
Crançot
Mirebel
Pont-du-Navoy
Ney
Champagnole (N5)
Equevillon
Charbonny
Onglières
Esserval-Tartre
Frasne
Dompierre-les-Tilleuls
Bulle
Chaffois
(N72)
Houtaud
Pontarlier

Documentation écrite utilisée:, Atlas Michelin des Grandes Routes de France (1959), Atlas routier Michelin France 2007, La Bourgogne (Michelin-éd. Atlas, 2007, La Franche-Comté (Michelin, éd. Atlas, 2007).


Les belles routes du Jura...
R.N.471: UNE ROUTE JURASSIENNE...
Même si, à sa création dans les années trente, la route nationale 471 est définie comme une voie reliant Tournus à Pontarlier (source Wikipédia), le N°471 n'a été réellement attribué qu'à deux portions de bitume: de Cuisery (Brienne) à Louhans et de Lons-le-Saunier à Chaffois. Les jonctions se faisaient par la N75 (Tournus-Cuisery), la N78 (Louhans-Lons) et par la N72 (Chaffois-Pontarlier). Notre visite se concentrera sur la partie jurassienne de cette axe. Quelques merveilles à "chiper" aux alentours de la RN471 (déclassée en 1973): la reculée de Baume-les-Messieurs, la vallée de l'Ain et la région des lacs, la forêt de la Joux...

Traversée de l'Ain à Pont-du-Navoy (Photo: Marc Verney, novembre 2008). En cliquant sur l'image vous retrouvez la page index de ce site


A peine effacée la vision de Tournus (abbatiale St-Philibert) et de la vallée de la Saône, perdue dans les brumes, voilà, au bout d'une courte ligne droite, le bourg de Cuisery, perché sur sa butte. Du petit centre-ville au pont sur la Seille, il n'y a que quelques hectomètres. C'est là, au carrefour avec la N75 (déclassée en D975) que commence réellement notre ancienne RN471 (auj. D971).

R.N.75: LA "GRIMPEE" DES ALPES
C'était, dans les années soixante, la route des Parisiens se précipitant dès les premières neiges à l'assaut des stations de ski des Alpes... (lire)

On ne peut pas dire que la Bresse soit une région à découvrir du premier coup d'oeil... Les lignes droites se succèdent, rasant le flanc de minuscules collines où s'agrippent les fermes du cru, bâties perpendiculairement à la route, toutes dotées de cet auvent caractéristique, d'où pendent les épis de maïs. Tout proche du bâtiment, le puit qui alimente le paysan en eau. Plus loin, un élevage de volailles, et ses gallinacés s'ébattant en plein champs...

L'arrivée sur Louhans marque la fin de la partie "bressanne" de la N471. La cité, "site remarquable du goût" est connue pour son imposant marché aux volailles (la poularde de Bresse) et sa Grande-Rue avec ses 157 arcades... Pour atteindre Lons, il nous faut désormais emprunter la N78. Nous entrons dans le département du Jura peu après Beaurepaire-en-Bresse.

R.N.396: DELICES DE BOURGOGNE...
Voilà une route qui vous surprendra! Une vraie promenade de plus de 300 km sur un axe qui mérite le label "route buissonnière" (lire)

R.N.78: LE JURA PAR LE MORVAN
La RN78 de 1959 relie Nevers à St-Laurent en Grandvaux en passant par le Morvan et les beaux vignobles de Bourgogne. Une route pleine d'histoires à suivre ici (lire)

Hélas, l'arrivée sur Lons-le-Saunier est assez peu inspirante: entreprises, grandes surfaces, se conjuguent pour assoupir l'oeil... La préfecture du Jura est nettement plus agréable en son centre-ville, entre théâtre, place de la Liberté et rue du Commerce... La cité est également un grand carrefour routier puisque c'est là que nous croisons les flux de circulation importants qui empruntent encore aujourd'hui la N83 Strasbourg-Lyon (déclassée).

STRASBOURG, LYON, PAR LA R.N.83
Voilà une route qui sillonne l'Est de la France à flanc de collines: Jura, Doubs, Vosges... On n'oubliera pas non plus les vignobles qui s'étalent de part et d'autre du bitume... Une route de gourmet? (lire)

Dès la sortie de Lons-le-Saunier, les paysages se font plus vastes. A gauche de l'image, le château du Pin (Photo: MV, avril 2006).

Trois rond-points plus tard, la montée du Revermont se fait entre les vignes peu après Perrigny. A Pannessières, on croise d'ailleurs la route des vins du Jura qui redescend sur Lavigny. Au virage, juste après le bourg, la vue est splendide sur le château du Pin et toute la plaine de la Bresse; le regard s'emballe même, là-bas au loin sur les premières rondeurs de la côte des vins bourguignonne.... Ici, le bitume a subi de nombreux aménagements... Les virages multiples de la route d'origine se diluent sur les bas-côtés d'une moderne trois voies.

Une forêt de sapins marque l'arrivée de la RN471 (auj. D471) sur le premier plateau. A droite, la départementale 39 part vers Vevy et Châtillon pour irriguer la jolie région des lacs... Nous gardons cependant le cap de la N471. Oh, pas pour longtemps, car voici que s'annonce le belvédère de Crançot, sur la gauche. La vue est tout simplement prodigieuse sur le cirque de Baume-les-Messieurs. Cette immense tranchée, creusée par le patient ruissellement des eaux est l'une des merveilles de ces montagnes. Les courageux emprunteront les vertigineuses "échelles" de Crançot sculptées dans le roc pour atteindre le fond de la reculée et visiter les grottes...

En haut, la formidable reculée de Baume-les-Messieurs. En bas, rectification de la RN471 vers Crançot (Photos: MV, juillet 2002 et avril 2006).

Du village de Crançot à Mirebel, le macadam virevolte au coeur des bois du premier plateau, étage initial et peu élevé (500 m) des monts jurassiens. C'est une région douce à vivre, à l'image des paisibles vaches montbéliardes qui paissent tranquillement dans les prés entourés de haies avant de retourner à l'étable pour la traite du soir... Plusieurs villages au charme discret: Verges (château), Bonnefontaine, La Marre, Fay-en-Montagne...

A Mirebel, la route chevauche un temps la côte de l'Heute avant de regarder vers la vallée de l'Ain. Cette rivière, sauvage et peu accessible est un des joyaux de cette région, constellée par le bleu d'une ribambelle de lacs aux différences nettement affirmées. De l'immense et accueillant lac de Chalain, cerclé de falaises, au discret lac du Vernois, perdu au fond des bois, la région des lacs se découvre en toutes saisons... Pour ma part, j'aime à y être à l'automne, lorsque le vent se fait un peu rauque, et que glissent sur les feuilles d'or les premières gouttes d'une averse subite.

A Pont-du-Navoy, on traverse l'Ain sur un pont si vieux et si étroit qu'il faut bien lever le nez du volant pour croiser les voitures venant en face. Et je ne parle pas des poids lourds... Par bonheur, les autorités locales ont décidé de faire passer la circulation principale vers Champagnole, notre prochaine étape, par Crotenay et la départementale 27... Du coup, lorsque la route retrouve à nouveau l'Ain, en contrebas, c'est un véritable bonheur de suivre une chaussée délaissée par la circulation majeure...

A Ney, petit village, juste avant Champagnole, on peut aller faire un tour au belvédère de Bénedegand (ça monte!), qui embrasse l'espace, jusqu'au mont Rivel, en face. Peu après l'entrée dans Champagnole, la N471 croise l'ancien tracé historique de la N5, la "route blanche" (auj. D127E) et traverse d'ailleurs l'Ain sur le pont du trajet Paris-Genève d'antan (voir page spéciale).

R.N.5: LA SUISSE PAR MONTS ET PAR VAUX
La N5 Paris-Genève-St-Gingolph a quasiment disparu à la suite du vaste déclassement des routes nationales en 2006. Seule reste en 2009 la portion Poligny-La Cure... (lire)

Le gros bourg, "coeur de Jura" est une bonne étape pour sillonner la région, et, l'été venu, sa rue principale retentit des langues des vingt-sept pays de l'Union européenne avec cependant une nette prédilection pour le hollandais... On quitte Champagnole par la route de Pontarlier. Les courbes de la chaussée, après Equevillon (point de départ de la route des Sapins) sont tout simplement majestueuses. De la cluse d'Etrenportes à Charbonny, les jolis kilomètres s'enchaînent...

VISITER LA ROUTE DES SAPINS
Le site Sur ma route va se mettre au vert dans l’une des plus jolies forêts du Jura, non loin de Champagnole, juste à côté de la route blanche Paris-Genève... (lire)

Ancienne plaque routière à Frasne (photo: Marc Verney, juillet 2006).

Sur la droite, voilà Nozeroy, village comtois de caractère, qui domine les sources de l'Ain de ses murailles -en partie- préservées. La route file droit, désormais, et sur les bornes kilométriques, les altitudes s'annoncent: 842 m, 866 m... Nous voilà sur un vaste plateau bordé, à gauche par la forêt de la Joux et à droite par le Croz-Mont (1206 m), le mont de Saint-Sorlin (1237 m) puis la côte de Bonnevaux. On entre dans le départment du Doubs peu avant Frasne. Il reste 19 km à faire jusqu'à Pontarlier. La route est toujours tracée à la règle: de Dompierre-les-Tilleuls à Bulle (étrange fête des Grands-Pieds en été...) jusqu'à Chaffois, gare aux excès de vitesse...Voilà, là bas au loin, lovée aux pieds du Larmont, c'est Pontarlier qui s'annonce et que nous atteignons avec la N72 (D72). C'est la fin de l'itinéraire suivi par la RN471 (auj. D471). Nous aurons parcouru 124 km depuis Tournus.

Marc Verney (Sur ma route), septembre 2009

R.N.72, DU SEL DANS LES SAPINS!
La nationale 72 de 1959 est un vrai dépliant touristique qui prend naissance dans le val d'Amour en passant par Mouchard, Salins-les-Bains, Levier... (lire)

A gauche, belle publicité peinte pour le comté sur la RN471; à droite, la porte Saint-Pierre à Pontarlier (photos: MV, juillet 2006 et juillet 2009).
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