Au début du XXIe siècle, il restait quelques panneaux Michelin le long de la R.N.75 historique, comme vers Ambérieu (sur l'Albarine), dans la banlieue grenobloise et autour du col de la Croix-Haute (photo: MV, octobre 2008).
Un reportage a été tourné dans les années 70 sur le projet de déviation de Saint-Trivier-de-Courtes. Voici un lien vers le site de l'INA pour retrouver cette ambiance si particulière des bords de routes de l'époque. Ce site reconnaît le droit d'auteur et de citation. Merci de prévenir l'auteur en cas de problème sur cette citation.
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SOURCES ET DOCUMENTS Atlas Michelin des routes de France (1959); carte Michelin Beaune-Evian n°70 (1955); carte Michelin Lyon-Genève n°74 (1933); carte Michelin Environs de Lyon n°91 (1951); «Bourg-en-Bresse, étude urbaine», P. Cler-Garçon, Géocarrefour (1933); Bulletin des lois du royaume de France, Imprimerie royale (1845); Collection complète des lois, décrets d'intérêt général, traités internationaux, arrêtés, circulaires, instructions (volume 29), recueil Sirey (1838); Description de la ville de Bourg, Joseph Brossard (Authier et Berthier imprimeurs, 1883); Description topographique, historique et statistique des cantons formant le département de l'Isère, F. Crozet, Prudhomme (1870); Géographie et histoire de Tournus et de son canton, Ch. Dard, E. Trezenem, Collection XIX (2016); Guide Bleu Bourgogne-Lyonnais, Hachette (1965); Guide Bleu de la France Automobile (Hachette, 1954); Histoire de la ville et du canton de Tournus, E. Meulien, publiée par la Société des amis des arts et des sciences de Tournus (A. Miège imprimeur, MDCCC XCII); Histoire des routes lyonnaises, Georges Reverdy (éd. LUGD, 1994); Itinéraire général de la France: de Paris à la Méditerranée, Adolphe Joanne, Hachette (1863); La Bourgogne vue par les écrivains et les artistes, An. Van Bever (Sté des éditions Louis-Michaud); «L'eau a coulé sous les ponts», Guillaume Badet, le Journal de Saône-et-Loire (7 avril 2013); Le Nord-Isère en dates et en cartes (EMCC, 2008); Monographie historique de l'ancienne province du Bugey, Paul Guillemot, Léon Boitel (1852); Noms de lieux de l'Ain, Anne-Marie Vurpas et Claude Michel (Bonneton, 1999); «Ponts de Pont-d'Ain», les pages d'histoire locale de Jacques Ruty, jacques-ruty.fr (12 mars 2020); Situation des travaux: 1842, administration générale des Ponts et Chaussées et des Mines, Impr. royale (1843); «Tournus, étude urbaine», Ch. Sardy, Géocarrefour (1935); cuisery.fr; mairie-saintdenisenbugey.fr; maquisdelain.org; memoire.de-tournus.com; montrevel-en-bresse.fr; patrimoines.ain.fr; pontdain.fr; saint-sorlin-en-bugey.info; Wikipédia; Wikisara; l'office du tourisme de Morestel. Merci à la Bibliothèque publique d'information du centre Georges-Pompidou, au Géoportail de l’IGN, à Persée.
Dans le petit village de Vaux, entre Ambérieu et Lagnieu, à quelques encablures de la route principale, il y a cette ancienne plaque de cocher (photo: MV, avril 2009)
VILLES ET VILLAGES TRAVERSES (1959), en italique, les anciennes RN principales croisées:
Tournus (N6)
Lacrost
Cuisery (N471)
Romenay
Saint-Trivier-de-Courtes
Mantenay
Saint-Julien-sur-Reyssouze
Jayat
Montrevel
Bourg-en-Br. (N79, N83, N436)
Pont-d'Ain (N84)
Saint-Denis/Ambérieu (N504)
Ambutrix
Lagnieu
Saint-Sorlin
Sault
Montalieu-Vercieu
Lancin
Arandon
Morestel
Curtin
Thuellin
Les Abrets (N6, N92)
Entrée nord de Lagnieu (photo: MV, avril 2011).
Gros plan sur l'une des plaques de Thuellin (photo: MV, février 2009).
En direction des Abrets (photo: MV, avril 2011).

A VOIR, A FAIRE
Tournus: l’abbaye Saint-Philibert, qui fait partie des premières églises bâties au XIe siècle; l’hôtel-Dieu et le musée Greuze; belles promenades à faire dans le centre ancien (anciennes demeures). A faire absolument lorsque l’on visite la région: le circuit des églises romanes.
Cuisery: le «village du livre» (marché mensuel), le centre Eden (découverte des paysages bourguignons).
Romenay: le village médiéval et la ferme du Champ-Bressan (écomusée).
Saint-Trivier-de-Courtes: une «carronnière»; là s'effectuait jadis la fabrication et la cuisson des «carrons», ces grosses briques bressanes, et plus tard des tuiles. Promenade de 13 km sur le circuit des cheminées sarrasines (voir aussi la ferme de la Forêt à Courtes).
Jayat: le moulin de Cézille (XVe) et sa roue à aubes.
Montrevel: la belle ferme du Sougey (1460) classée aux monuments historiques.
Bourg-en-Bresse: Il serait dommage de quitter la ville sans avoir visité l'église de Brou (XVIe siècle), joyau gothique construit à l'initiative de Marguerite d'Autriche, veuve du duc de Savoie Philibert le Beau. Ecoutons Edgar Quinet, grand érudit local et homme politique visionnaire: «c'est là, parmi ces harmonies gémissantes que le Moyen Age est venu s'abriter dans l'église de Brou»... «Les ouvriers arrivent de Toscane, de Nuremberg, d'Angleterre, de Suisse. Les Allemands amènent le génie du symbole et du mystère; les Italiens les premiers débuts de la Renaissance; les Flamands, le goût des intérieurs domestiques; les Suisses des Alpes la patience des détails et leurs rocs d'albâtre ciselés et brodés. De tout cela se compose un ensemble qui n'appartient plus à aucun ordre, où le Nord et le Midi se pénètrent et s'enchâssent l'un dans l'autre»...
Ambérieu-en-Bugey: le château des Allymes, le musée du Cheminot.
Saint-Denis-en-Bugey: une tour fortifiée (table d’orientation).
Lagnieu: à proximité, se trouvent les grottes de la Balme, une des «merveilles» du Dauphiné.
Montalieu-Vercieu: le train touristique du Haut-Rhône; la maison de Pierre au ciment; Bouvesse-Quirieu et son château.
Morestel: découvrez les ruelles pittoresques de la vieille ville en suivant le parcours patrimonial le long de la rue François-Auguste Ravier. De l'église Saint-Symphorien à la tour médiévale, l'histoire morestelloise s'offre au visiteur... Non loin, Crémieu, une autre cité médiévale (halles); le village de Saint-Chef et son abbaye bénédictine.


Nos belles routes de France
R.N.75: LA GRIMPEE DES ALPES (I)
C'était, dans les années soixante, la route des Parisiens se précipitant dès les premières neiges à l'assaut des stations de ski des Alpes. La route nationale 75 historique reliait Tournus en Saône-et-Loire à Sisteron (Alpes de Haute-Provence). Un pied dans le nord, un pied dans le sud, la route, aujourd'hui déclassée passe au raz du Jura, s'ouvre sur les paysages du Bugey avant de traverser Grenoble et de grimper lentement jusqu'au col de la Croix-Haute, sommet du parcours à 1179 m. Puis le bitume redescend joliment vers Sisteron au son des premières cigales; nous aurons roulé un peu plus de 300 km sur cette "autre route blanche" (aux côtés de la RN5 Paris-Genève) au rythme de l'Atlas Michelin des routes de France 1959... Première partie (avec un texte largement remanié en avril 2020): Tournus-Les Abrets.

La route nationale 75 historique traverse l'Albarine à Saint-Denis-en-Bugey. C'est aujourd'hui la route départementale 5 (photo: Marc Verney, août 2019). En cliquant sur la photo, vous accédez à la deuxième partie de la promenade.


La ville de Tournus, halte mémorable sur la route du Sud est le point de départ de notre promenade sur l'ancienne nationale 75. D'après L'Histoire de la ville et du canton de Tournus, le lieu a, de tous temps, été un important carrefour commercial. Sous la domination romaine, outre le fait que la grande voie antique Lyon-Autun y passait, c'est là que Rome avait choisi d'entreposer toutes ses provisions de grain et de fourrage pour la région... Une véritable station-service d’époque! Les soldats avaient donc construit un château et des ouvrages fortifiés sur l'élévation au pied de laquelle coule la Saône, que, de ce fait, ils contrôlaient également. L'abbaye de Tournus fut fondée en 900 environ et la belle église romane, qui, aujourd'hui encore, domine tous les environs fut consacrée en août 1019. «C'est au Moyen Age que Tournus devait prendre définitivement figure de ville, écrit Ch. Sardy dans son article "Tournus, étude urbaine". En ce lieu, les moines de Saint-Philibert de Noirmoutier achevèrent leur vie errante à travers la France et trouvèrent refuge auprès des moines de Saint-Valérien. Une donation de Charles le Chauve les mit en possession du castrum et de la villa de Tournus». Au XVIe siècle, la cité est entourée de murailles fortifiées flanquées de tours. Au XIXe continue Ch. Sardy, la ville «trop à l'étroit» déborde de ses murailles; «de nouvelles habitations envahissent les jardins et les dépendances de l'ancienne abbaye». Au-delà, «s'élevèrent la gare PLM, quelques usines, de coquettes habitations»... Cette anecdote montre que les habitants de Tournus ont les pieds sur terre: profitant en 1805 d'un passage de Napoléon Ier dans leur ville, ils sollicitèrent de l'Empereur de l'argent pour financer un quai sur la Saône... Une affaire rondement menée: le décret d'application sera signé par Napoléon un jour plus tard!

R.N.6, LA ROUTE DES ALPES
Tournus, Chalon, Mâcon, Lyon, Chambéry, suivez le jeu de piste de la N6 historique (1959) jusqu'en haut du col du Mont-Cenis. Voilà les belles routes des Alpes... (lire)

A Tournus, pour traverser la Saône, il y a très certainement eu un pont romain, dont des restes ont été retrouvés en 1507. Mais après, rien... juste deux bacs (l'un pour les piétons, l'autre pour les véhicules), un «service interrompu au moment des grandes eaux qui rendent la traversée dangereuse», souligne encore Ch. Sardy dans son article sur la petite ville. «Ce sont les moines de l’abbaye qui géraient ce transport, en échange d’un droit de péage, précise le Journal de Saône-et-Loire en 2013. Ce dernier transportait principalement de la marchandise et de la pierre des carrières de Préty et Lacrost». Sous l'Ancien Régime, le commerce à Tournus souffrait des difficultés de communication avec la Bresse voisine, devenue française, et, en 1676, dit Ch. Sardy, «les habitants adressèrent à Louis XIV une requête pour la construction d'un pont». Mais bien que la nécessité en fût «reconnue», écrit l'historien, non seulement d'ailleurs pour Tournus mais aussi pour les provinces adjacentes, la réalisation en fut différée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle... Il faudra attendre le début du XIXe siècle pour pouvoir traverser ici la Saône à pied sec! L’article du Journal de Saône-et-Loire évoque plusieurs ponts se succédant à cet emplacement, victimes des guerres et de l’usure… Ainsi, écrit le JSL, l’ouvrage de maçonnerie, achevé en 1870, sautera en 1944 peu avant la libération de la cité, remplacé par «un pont suspendu métallique, avant l’édification de la structure actuelle, en 1989». C’est aujourd’hui la départementale 37 qui se poursuit en «avenue des Alpes» sur une levée qui cingle vers Lacrost. Plus en aval, le «pont Sud» permet à la R.N.75 historique de traverser la Saône dès les années cinquante et ce, jusqu’à la D975 d’aujourd’hui, indique memoire.de-tournus.com.

AU XVIE SIECLE, DEJA UNE HISTOIRE DE BORNES Afin d'obtenir les meilleures zones de pêche dans la Saône, abbés de Tournus et pêcheurs de Châlon-sur-Saône se querellaient en permanence autour des limites accordées à chacun. Venu assister en 1019 à la consécration de l'église de Tournus, Hugues, le comte de Châlon accorda à cette occasion le droit de pêcher aux moines depuis le village d'Islais jusqu'à leur abbaye de Tournus... Mais les bornes qui devaient marquer les zones furent enlevées par les uns et les autres... Du coup, les frictions recommencèrent. Et, c'est sans doute une première mondiale, le Parlement de Bourgogne autorisa et finança une expertise dans la rivière pour retrouver les fameuses bornes disparues! Effectivement, les plongeurs retrouvèrent l'une de ces bornes servant de limites de pêche entre Tournus et Châlon. Afin qu'elle soit reconnaissable, les sculpteurs y avaient gravé, d'un côté un moine avec un oiseau et de l'autre, un seigneur... Mais l'histoire ne dit pas qui avait immergé la précieuse borne!

Au XIIe siècle, écrit le site tournus-tourisme.com, l’abbé de Tournus autorise un ermite à faire bâtir une chapelle appelée Notre-Dame-de-Grâce à l’extrémité de la levée existante, sur le territoire de Lacrost. Ce village et Préty (plus au sud) ne formaient qu’une seule commune jusqu’en 1852, époque à laquelle Lacrost devint la quatorzième commune du canton de Tournus. «Cette localité, précise encore tournus-tourisme.com, possède des carrières de pierres très importantes qui ont fourni les matériaux pour la construction des plus beaux édifices de Lyon». La levée de la rive gauche de la Saône a une histoire: «C'est en 1673, que, pour faciliter les communications de la Bresse et de la montagne, les Etats de Bourgogne et du Mâconnais décidèrent la construction de la levée de Lacrost, racontent Ch. Dard et E. Trezenem dans l'ouvrage Géographie et histoire de Tournus et de son canton. Mais aucun entrepreneur n'ayant osé se charger de ce travail, il eût été abandonné si le procureur fiscal de Tournus, François Sauvageot, ne l'avait fait exécuter en régie sous sa responsabilité. Il mena si bien cette entreprise qu'il put économiser les sommes suffisantes pour  faire édifier les murs en pierre qui soutiennent la levée et qui en font le plus beau travail de ce genre qui existe en Saône-et-Loire». On suit maintenant la direction de Cuisery par la «route des Alpes», qui filait beaucoup plus droit au XIXe que maintenant… A gauche de notre chaussée se tient un petit aérodrome, et, tout de suite, on pénètre dans Cuisery par la «route de Tournus». L’histoire connue des lieux, écrit le site cuisery.fr, «débute au XIe siècle. Les sires de Bagé –de puissants seigneurs– créent une châtellenie dont dépendaient 32 villages alentours». Savoyarde, puis possédée à partir de 1289 par les ducs de Bourgogne, Cuisery, indique encore le site internet municipal, «est alors fortifiée, des échauguettes, trois poternes et un château fort flanqué de quatre grosses tours complètent sa protection». Plusieurs fois assiégée, saccagée, détruite, cette petite cité, française en 1477, dominant la rive droite de la Seille abrite l’église Notre-Dame, qui renferme d’intéressantes œuvres d’art, raconte le Guide Bleu Bourgogne-Lyonnais (1965). Au début du XIXe siècle et auparavant, la route principale suivait la Grand-Rue avant de descendre vers la Seille en suivant la rue Bas-du-Pavé. Il y a un nouveau cheminement utilisant la «route de Bourg-en-Bresse», constate-t-on sur la carte d’état-major (1950) publiée par le Géoportail de l’IGN. Il s’agit-là peut-être de la rectification de la traverse du village, décidée le 22 mai 1844 par ordonnance royale (Wikisara parle de 1863)… Un peu plus bas, voilà le pont sur la Seille qui permet d’aller vers la commune de Brienne. «Un pont en bois à Cuisery est mentionné dès le XIVe siècle, précise le site patrimoine.bourgognefranchecomte.fr. Puis un pont en pierre est réclamé par les élus dès 1756». Conçu par l'ingénieur Dumorey, l'ouvrage de trois arches en pierre, d'une ouverture totale de 56 m est construit en 1782 par l'entrepreneur dijonnais Deleu. Un autre ingénieur bien connu, Emiland Gauthey, «suit le chantier et y apporte sa touche personnelle», précise le site du patrimoine de la région Bourgogne-Franche-Comté. Rapidement détruit par une crue de la Seille, on le remplace difficilement par un ouvrage de bois. L’année 1869 voit l'achèvement d'un pont de briques et de pierres; détruit durant la Deuxième Guerre mondiale, l'ouvrage est remis en service en 1947. C'est au «carrefour du Guidon» dans le Bas-de-Brienne que notre chemin s'oriente vers Bourg-en-Bresse. Ici, on laisse partir sur la gauche l'ancienne R.N.471 qui relie Tournus à Pontarlier (c'était déjà, dans les temps anciens une importante voie de commerce. Il faut se rappeler qu'à l'époque la traversée du Jura s'effectuait principalement par Jougne et son fameux péage).

R.N.471: UNE ROUTE JURASSIENNE
La RN471 de 1959 relie Tournus à Pontarlier en passant par Lons-le-Saunier, Champagnole et Frasne. Un joli tour de Jura où l'on frôle des reculées et des lacs... (lire)

La route nationale 75 en 1933. Extrait d'une carte des voies à grande circulation éditée pour le corps médical par le Laboratoire de médecine expérimentale.

La route de Bourg (auj. D975), déjà mentionnée sur la carte de Cassini (XVIIIe) publiée par le Géoportail de l’IGN file tout droit au travers de la plaine bressane: le parcours est «monotone mais offrant par temps clair de belles vues sur le Jura», nous dit le Guide Bleu de la France automobile de 1954. Les petits bourgs tranquilles s'égrènent le long de la chaussée... Après Romenay, on passe dans l’Ain. Il fat cinq kilomètres pour atteindre Saint-Trivier-de-Courtes. Au Xe siècle, c’est un petit village dépendant des sires de Bâgé, signale le site saint-trivier-de-courtes.fr, il est alors doté d'une église et protégé par une «poype» (sorte de motte castrale) entourée d'un fossé. Puis un château est construit au nord de la «poype». Un mur d’enceinte est élevé en 1376. A l’époque, «trois portes fortifiées donnaient accès à la ville: la porte de Petit-Pont, au nord-est, qui conduisait à l'église et à Courtes, la porte de Bourg, au sud-est, d'où sortait la route de Montrevel, et la porte du Soir, à l'ouest, pour aller à Pont-de-Vaux et à Romenay», indique encore la page internet du village. La Bresse de l'Ain devient, en 1433, province de Bresse avec Bourg pour capitale, puis est réunie à la France par le traité de Lyon du 27 janvier 1601. Un incendie brûle une part importante des maisons en bois en 1731. En 1959, on traverse les lieux par la route de Chalon, la Grand-Rue et la route de Bourg-en-Bresse. Ce village se caractérisait par deux virages brusques de la route nationale, générant accidents et bouchons… C’était donc un véritable «point noir» comme on disait à l’époque!!Un contournement y est mis à l’étude dès les années 70. On passe Mantenay, puis voici, trois kilomètres au sud, Saint-Julien-sur-Reyssouze, où notre chaussée croise, pour la première fois depuis Cuisery, l’ancienne voie ferrée de Chalon-sur-Saône à Bourg-en-Bresse, ouverte en 1878 et fermée au trafic voyageur en 1939. Plus au sud, on arrive à Jayat où, en 1595, Henri IV, qui revenait de Bourgogne et de Franche-Comté après avoir guerroyé contre les armées espagnoles, «dut abandonner son carrosse embourbé pour y passer une nuit, raconte le site du village, jayat.fr. Comme ses canons étaient aussi enfoncés dans la glaise, il fallut les efforts d'une armée entière pour arracher le convoi à sa fâcheuse position. Quant au roi, il fut hébergé dans une maison au lieu-dit appelé depuis "Palais-Royal", alors que sa suite se réfugiait au lieu-dit "la Barronnière"». Encore quatre kilomètres, et nous sommes à Montrevel. Fondée en 1344, la commune «s’est développée autour d’une maison forte appartenant à la famille de la Baume-Montrevel et de son illustre représentant, Etienne II dit le Galois de la Baume», écrit le site montrevel-en-bresse.fr. Là, début septembre 1944, eut lieu l'une des nombreuses batailles de la libération de la France. Suite au débarquement allié en Provence (opération Dragoon), les colonnes motorisées allemandes en fuite s’étirent le long des nationales au nord de Lyon menant à Mâcon, Bourg-en-Bresse et Tournus (R.N.6, R.N.75, R.N.83...). L’engagement de Montrevel eut lieu 19 jours seulement après Dragoon: voyant la faiblesse des nazis, les Américains décident de leur couper la route. Ils n’envoient qu’une petite unité, le 117e groupe de cavalerie pour faire le job. Mais les 124 GI's, fatigués et mal ravitaillés, sont attaqués par des chars de la 11e division blindée; les Américains sont bousculés et de nombreux soldats sont même capturés... Montrevel sera quand même libérée en 24 heures! On arrive au carrefour du Guidon, à Fleyriat. On rappelle qu’en Bourgogne notamment, cette dénomination prouvait, avec une quasi certitude, qu’on y trouvait une ancienne colonne d’indications routière. C’est aujourd’hui là que se rencontrent les D975 et D979. Un toboggan routier de 210 m ayant déjà servi sur la R.N.6 à Tournus y était installé en 1972. Il reste quatre kilomètres jusqu’à Bourg. Banlieues et centres commerciaux poussent ici avec frénésie sur le bitume pourtant stérile… Les photos aériennes des années cinquante -mises en ligne sur le Géoportail de l’IGN- montrent, elles, une magnifique rangée d’arbres jusqu’au niveau de l’avenue de Mâcon.

R.N.79: DU CHAROLAIS AU JURA
En 1959, la route nationale 79 nous conduit de Nevers à La Cluse sur la commune de Montréal-la-Cluse dans le département de l’Ain (monts du Jura). Des paysages plein la vue!(lire)

R.N.396: DELICES DE BOURGOGNE...
Voilà une route qui vous surprendra! Une vraie promenade de plus de 300 km sur un axe qui mérite le label "route buissonnière" (lire)

On entre dans Bourg (on rajoutera la mention «en-Bresse» en 1955) par cette avenue. La cité est située sur le versant de la rive gauche de la rivière Reyssouze, à huit kilomètres des premiers plissements du Jura. Dans sa Description de la ville de Bourg, Joseph Brossard mentionne une fortification réalisée par les Romains avec de gros blocs de pierre taillés dans des carrières du Revermont jurassien et juste une modeste cité à ses pieds. Les pragmatiques Romains pouvaient, de là, contrôler les accès au Jura, la route du Bugey et les axes entre Lyon et la Bourgogne orientale. «Bourg proprement dit se développe autour de son château élevé sur une hauteur, lit-on sur le site patrimoines.ain.fr. Au XIIIe siècle, les puissants sires de Bâgé s'y installent. La première charte de franchises concédée à la ville en mars 1251 apporte quelques libertés aux habitants. Le mariage entre Sybille de Bâgé et le comte Amédée de Savoie en 1272 scelle l'histoire de Bourg à celle de la Maison de Savoie».... Un siècle plus tard, séduit par les lieux, Amédée IV de Savoie développe la ville et fait de Bourg la capitale de ses Etats. La Bresse, annexée une première fois sous François Ier, fut définitivement rattachée à la France par Henri IV en 1601. C'est sous le règne de Louis XV, au début du XVIIIe siècle, qu'une vaste opération d'urbanisme change l'apparence de la cité, murailles, tours et portes sont démantelées, on aligne des rues et les chemins de ronde deviennent peu à peu des boulevards, signale un document d'urbanisme de la ville. Plus tard, à l'époque automobile, Bourg voit naître -en 1932- le Garage rouge, célèbre pour sa conception révolutionnaire: un gigantesque hall avec une charpente en bois «lamellé-collé», la première en France. Un an plus tôt, ce garage aura parrainé, avec Citroën, la pose de plaques indicatrices dans la ville. Et les anciens boulevards deviennent des rocades de contournement du centre… On quitte la ville par le boulevard de Brou et le faubourg Saint-Nicolas.

UNE BRESSANE CULOTTEE SEDUIT LA REINE DE FRANCE Claudine Bouvier est une jeune servante native d'un village proche de Bourg. Engagée auprès d'un notable de Lyon, elle se retrouve un jour à Versailles, son maître ayant des affaires à boucler à Paris. Vient à passer la reine Marie-Antoinette, qui voit Claudine, habillée en costume bressan. Séduite par l'habit et la jeune femme, qui a un sens certain de la répartie, la reine autorise la servante à venir la voir quand elle le veut... Du coup, la Cour se presse autour de la rouée Bressane qui en profite allègrement! Gloire, beauté, argent facile... on pourrait s'imaginer ici dans un programme de téléréalité si l'on n'était pas au XVIIIe siècle!! Claudine ira même, et là on revient à notre histoire des transports, jusqu'à s'approprier l'idée d'un service privilégié de messageries, ce qui donnera plus tard les diligences turgotines, initiées par Turgot quelques temps plus tard. L'histoire de l'audacieuse bressane ne se finit pas trop mal: Claudine Bouvier épouse un sémillant mousquetaire qui croyait voir en elle une femme riche... (d'après Philibert Le Duc, dans La Bourgogne vue par les écrivains et les artistes).

STRASBOURG PAR LA R.N.83
Voilà une route qui sillonne l'Est de la France à flanc de collines: Jura, Doubs, Vosges... On n'oubliera pas non plus les vignobles qui s'étalent de part et d'autre du bitume... Une route de gourmet? (lire)

R.N.436: LACETS JURASSIENS
De la Bresse au Jura! Ou comment passer de la ligne droite aux charmants virages du Haut-Jura. Une balade qui tourneboule les sens (lire)

Pont-d'Ain est située à une vingtaine de kilomètres en ligne droite. Là, notre R.N.75 historique y croise la route de Lyon à Genève (ancienne R.N.84). C'est le commerce du grain entre la Bresse et Nantua mais également les échanges entre l’Italie et les foires de Champagne qui ont «fait» la cité. Dès 1303, en effet, on trouve la preuve de l'implantation d'un pont à cet endroit précis. Et c'est le «comte Aimé V (1280-1323)» qui avait fait construire ce premier ouvrage, écrit P. Cler-Garçon dans l'article «Bourg-en-Bresse, étude urbaine». Les comptes du châtelain nous éclairent sur le péage qui y était prélevé: il y percevait «trois oboles viennoises pour chaque homme à cheval qui traversait le pont et une obole par piéton»... Les ponts successifs -peu solides- étaient le plus souvent en bois. Un bac permet le passage jusqu’au XIXe siècle, limitant fortement les échanges. Ainsi, en 1666, l'intendant Bouchu écrivait-il, cité par l'historien Jacques Ruty dans un article très complet sur la traverse de l'Ain à Pont-d'Ain: «La rivière d'Ain lave les murs de Pont-d'Ain. Il y avait autrefois un pont qui avait été abatt par les eaux. Passage et grand chemin de Bresse en Bugey et de Bourg à Belley. Il ne s'y fait aucun commerce, ni ne peut s'en établir». Un pont en «fil-de-fer» est finalement projeté en 1831. Mais cet ouvrage, d’abord à péage, puis racheté par l’Etat, ne résistera pas aux outrages du temps et d’une forte crue en 1882. «Durant cette crue, écrit Jacques Ruty, le lit de la rivière se déplace de 80 mètres vers le nord. Un très fort courant transversal en direction de la pile se crée», provoquant «un affouillement localisé de 8,50 m de profondeur à proximité». Conséquence logique, la pile s'incline et la travée droite chute dans les eaux de l'Ain... Le pont suspendu est irréparable. Il faut attendre 1887 pour pouvoir emprunter un pont à cinq arches, en pierre, capable de résister à la force des eaux de la rivière Ain... En 1807, sur le cadastre, Pont-d'Ain reste un bourg modeste, on ne voit que quelques masures à l'emplacement du carrefour des routes de Bourg et de Genève. Le site de la mairie publie ce souvenir de Gérard de Nerval, écrit dans son Voyage en Orient (1851): «Je visite le village composé d’une seule rue encombrée de bestiaux, d’enfants et de villageois avinés... (...), je reviens en suivant le cours de l’Ain, rivière d’un bleu magnifique dont le cours rapide fait tourner de nombreux moulins». Le pont sur l'Ain vivra jusqu'au 1er septembre 1944, date à laquelle il sera détruit par les Allemands. La reconstruction du passage s'achèvera en 1946. Après le pont, les travaux d’aménagement du XVIIIe siècle sur la route royale n°87 (puis R.N.75 et D1075) ont nécessité la réalisation d’une levée permettant à la chaussée de sortir de la vallée de l’Ain. Le chantier n’était pas simple, car cette masse de terre bloquait les eaux de crues tout en s’effondrant en certains points précis, dont un au lieu-dit les Malladières, découvre-t-on également dans l’article de Jacques Ruty. En 1852, il est donc nécessaire d’y bâtir un nouveau ponceau à trois arches; la chaussée elle-même ayant été surélevée d’une cinquantaine de centimètres les années précédentes.

R.N.84: SE DEFILER SUR GENEVE!
Suivez la route nationale 84, la route Genève-Lyon par Bellegarde, Nantua, Pont-d'Ain... Du Jura majeur au tonitruant Rhône... faites le plein d'émotions sur bitume!! (lire)

Sur l'Ain à Pont d'Ain (photo: Marc Verney, avril 2011).

On quitte ici la Bresse pour entrer dans la région du Bugey tout en demeurant dans le département de l’Ain. Le village de Coutelieu, traversé en 1959 par la route Bourg-Ambérieu, en a conservé le souvenir en appelant son artère principale, «rue Ancienne 75». Peu avant le lieu-dit la Léchère, la R.N.75 historique laisse partir à gauche, l'ancienne R.N.504 en direction d'Aix-les-Bains au travers de l'impressionnante cluse de l'Albarine, coupant, nous dit le Guide Bleu de la France automobile, «l'extrémité sud du Jura». Ce carrefour a toujours eu une importance certaine. Ainsi, en 1933, nous précise Georges Reverdy dans l'Histoire des routes lyonnaises, le Conseil général de Savoie a-t-il entamé un actif lobbying pour demander la modification du tracé de la route nationale de Paris en Italie par le Mont-Cenis. Il s'agissait de faire virer les automobiles dès Tournus, de les faire emprunter la R.N.75 jusqu'à Ambérieu puis de les emmener vers Belley, Chambéry par le tunnel du Chat (ouvert en 1932). Ce trajet, plus court et qui évitait Lyon, ne sera cependant jamais validé pour la route d'Italie... Mais notre route n°75 nous amène, elle, en 1959 vers Saint-Denis-en-Bugey, localité aujourd’hui traversée par la D5 et la D5c. Surplombée par sa tour fortifiée, la petite cité «se situe à l'extrémité de la trouée montagneuse venant de Culoz et débouchant sur la plaine de l’Ain», annonce le site mairie-saintdenisenbugey.fr. Il y avait là deux voies anciennes qui se croisaient, selon la municipalité: «la "grande chaussée" de Bourgogne au Dauphiné et la voie secondaire entre Savoie et Revermont par Lagnieu». Du coup, le bourg –anciennement appelé Saint-Denis-le-Chousson (comme chaussée)- voyait passer tout un trafic… d'armées, de pèlerins et de marchands qui se dirigent vers le nord, le centre et le sud-ouest de ce qui sera plus tard la France.

DOCUMENTATION EN LIGNE Vous pouvez consulter la page Wikisara de la R.N.75 (lire) mais aussi la page Wikipédia de cette même route nationale historique (lire).

A six kilomètres au sud, voilà le charmant bourg de Lagnieu, contourné depuis les années 90. Au fil des rues étroites, autour de la place, cernée de platanes, on sent très nettement poindre l'influence du Sud... «A Lagnieu, la vallée du Rhône offre la perspective d'un merveilleux paysage. C'est un ensemble de villages en amphithéâtre sur les rivages du fleuve, de ruines féodales sur d'énormes bancs de rochers, de châteaux et villas modernes (...), de montagnes d'un caractère grandiose sur la rive droite, d’immenses bancs de roches  calcaires, carminées par le soleil au midi (...). Il est difficile de rencontrer un paysage plus riche, plus complet, plus vigoureux», écrit Paul Guillermot dans la Monographie historique de l'ancienne province du Bugey en 1852… Curiosité routière quelques kilomètres plus loin: en 1959, la R.N.75 suit la rive droite du Rhône puis traverse le fleuve à la hauteur du village de Sault-Brénaz (D122 puis D52n aujourd’hui). Un tracé abandonné depuis la fin des années 70; à ce moment, la route de Grenoble s'empare du bitume de la départementale 65 pour traverser le Rhône quelques kilomètres au sud de Lagnieu sur un ouvrage inauguré en mai 1953 (remplaçant un pont suspendu détruit en 1940) pour ensuite obliquer en direction de Vertrieu et remonter la rive gauche du fleuve vers Montalieu (D65d). Sur l’ancien tracé, voilà tout d’abord le village de Saint-Sorlin, une petite capitale, siège d’une châtellenie dauphinoise, puis savoyarde en 1355 à la suite d'un échange de territoires entre le royaume de France et le duché de Savoie, explique le site saint-sorlin-en-bugey.info. A 4,5 km de là, on pose nos roues sur la Grand-Rue de Sault-Brénaz. «Le franchissement du Rhône à hauteur de Sault est ancien, mentionne le site patrimoine.auvergnerhonealpes.fr. Si un bac semble exister dès l'Antiquité, les anciennes piles d'un pont en pierre à trois arches (que l'on dit romain avec une chapelle sur l'une des piles) étaient encore visibles, au XVIIIe siècle». L’établissement, vers 1775, d’une route de Lagnieu à Sault donne l’occasion aux ingénieurs de créer un nouvel ouvrage en bois, qui s’appuie sur les anciennes piles. En 1780, continue le site du patrimoine rhônalpin, «on construit une rampe d'accès en pierre de taille de Villebois dans la rue qui conduisait au port». Mais patatra… en 1798, l’ouvrage s’écroule partiellement et l’on remet en service (chanson connue…) le bon vieux bac à traille. Le nouveau pont de pierre prend son service en 1829. «Pour la construction des fondations immergées, on utilisa de la chaux hydraulique, fabriquée dans une usine de Villebois, selon un procédé perfectionné par l'ingénieur Vicat» (venu travailler ici en voisin, NDLR…), précise encore patrimoine.auvergnerhonealpes.fr. Une longueur de 35 mètres du pont de Sault sera détruite en 1940. Mais les réparations, rapides, seront achevées en 1942. Un ponceau prolonge l’ouvrage principal, il enjambait une écluse large de 16 mètres construite en 1888 au niveau de l’île de la Serre. La centrale hydroélectrique de Porcieu-Amblagnieu a été juxtaposée à l'écluse en 1986-1987, raconte enfin le site du patrimoine régional.

A Montalieu-Vercieu. On note que le panneau indique l'ancien tracé de la R.N.75 par Sault-Brénaz (photo:MV, février 2009).

Une vigoureuse grimpette et des virages rectifiés nous emmènent vers Montalieu-Vercieu (les communes sont fusionnées depuis le XVIIIe siècle) est connue pour être «le pays de la pierre». Ici, on exploite des carrières depuis l'Antiquité. La famille Vicat, à l'origine du ciment artificiel exploite des cimenteries depuis 1853 et ouvre en 1922 à Bouvesse (sud-est de Montalieu), au bord du Rhône, un «four rotatif à voie humide» permettant de confectionner un ciment d'excellente qualité. La Maison de la pierre et du ciment, à Montalieu, retrace l'histoire de ces «pierreux» qui ont durablement modifié les paysages locaux... (ainsi que plus récemment la centrale Superphénix à Creys-Malville aussi... mais c'est une autre histoire!). Ici, point de chaussée Tournus-Grenoble au début du XVIIIe siècle: le tracé en est complètement absent de la carte de Cassini publiée par le Géoportail de l’IGN. Une info importante sur le sujet s’est sans doute glissée dans ce texte issu d’une délibération du Conseil général de l’Isère, du 7 septembre 1828, qui autorise le prélèvement d’un centime additionnel à quatre contributions directes… Cet argent rembourserait sur une période de dix ans un emprunt «de 300.000 francs, montant du contingent mis à la charge du département par l’ordonnance du 11 juin 1828 dans les frais d’achèvement de la route royale n°75»… Wikisara donne ici, les dates de 1835 à 1843, pour le tronçon allant de Montalieu à Morestel. La Situation des travaux donne bien l’année 1842 pour des «travaux terminés et soldés» pour la section de chaussée «entre le chemin de Marlieu et Arandon». Entre Lancin et Arandon, deux virages permettent à la route de passer sur la digue de l’étang (il y avait un moulin au XIXe); on y croisait aussi le petit chemin de fer de Soleymieu-Sablonnières à Montalieu, un embranchement -créé en 1882- appartenant à la compagnie du Chemin de fer de l'Est de Lyon (le trafic est interrompu en 1947).

La traversée de Morestel (photo: Marc Verney, avril 2011).

Et voici Morestel. «Situé sur le revers d'un mamelon qui sert de base à une tour carrée, le bourg n'a de remarquable que sa riante position au milieu des cultures les plus variées. Il est bâti en amphithéâtre, un peu au-dessus d'une plaine marécageuse, où, selon les géologues, le Rhône passait autrefois», détaille la Description topographique, historique et statistique des cantons formant le département de l'Isère. La ville, située au milieu du territoire de la tribu gauloise des Allobroges, fut fortifiée au Moyen Age. Les conflits qui opposèrent les souverains du Dauphiné et de la Savoie durant cette période soumirent la ville à rude épreuve, notamment lors d'un pillage en 1342. Après Morestel, le pays devient plus vallonné, écrit Adolphe Joanne dans l'Itinéraire général de la France: «On laisse à droite Vézéronce et à gauche des prairies coupées en tous sens par des canaux de dessèchement. La route de Morestel aux Abrets ressemble à une allée de jardin anglais; le pays, légèrement accidenté, que l'on traverse, offre presque constamment de ravissants paysages». Peu avant Thuellin, une rectification récente coupe la «montée de la Coche». Après avoir suivi la route de la Chartreuse, voilà la route du Dauphiné… A la Boutière, on remarque la rectification d’un virage (on passe tout droit en 1954…), tout comme au niveau du croisement avec l’autoroute A43, à Mollette (mais celle-ci semble liée à la réalisation de la multivoies, dans les années 70). Au bout d'une forte descente, voilà enfin Les Abrets, terme de cette première étape. La R.N.75 historique (D1075) y croise l'ancienne R.N.6 (D1006) qu'elle avait «quitté» à Tournus et la R.N.92 (D592) de Genève à Valence par Seyssel. Le nom de la petite ville viendrait du latin et désignerait un endroit boisé... Au XIIe siècle l'endroit aurait été offert aux Chevaliers du Christ (les futurs Templiers) qui y bâtiront un hospice en 1263. Nous sommes là à 45 kilomètres de Grenoble.

Marc Verney, Sur ma route, avril 2020

Le carrefour des Abrets. Photo: MV, juillet 2008.
Il ya deux plaques de la route n°75 dans le village de Thuellin. Photo: MV, avril 2011.

R.N.6, LA ROUTE DES ALPES
Chambéry, Modane, l'Italie, suivez le jeu de piste de la N6 historique (1959) jusqu'en haut du col du Mont-Cenis. Ca décoiffe de visiter les belles routes des Alpes... (lire)

R.N.92: AUX CONTOURS DES MONTS
Entre Genève et Valence, cette belle route au parcours atypique visite monts et merveilles avant d'atterrir au pays des cigales... Une course au soleil qui va vous plaire (lire)

Marc Verney, Sur ma route, juin 2011


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