Bien coincée derrière une glissière de sécurité, cette borne fut bien difficile à atteindre... C'est peut-être pour cela qu'elle a été préservée au moins jusqu'en 2007 (photo: MV, avril 2007).
Autre ancien balisage kilométrique situé à Poncin (photo: MV, février 2006).

Villes et villages traversés par la N84 (1959):
Lyon (N6, N7, N83)
Rillieux-la-Pape
Neyron
Miribel
Beynost
Montluel
Meximieux
Villieu-Loyes-Mollon
Mollon
Gévrieux
Châtillon-la-Palud
Villette-sur-Ain
Pont-d'Ain
(N75)
Oussiat
Neuville-sur-Ain
Poncin
Cerdon
Labalme
Ceignes
Maillat
Saint-Martin-du-Frène
Port
La Cluse (N79)
Nantua
Saint-Germain-de-Joux
Bellegarde-sur-Valserine
Léaz
Défilé de l'Ecluse
Collonges
Farges
Saint-Genis-Pouilly
Frontière suisse
Vue de la R.N.84D au sud d'Oyonnax. On remarque l'ancienne chaussée filant droit dans les bois. La route nationale 84 est riche en extensions diverses et variées: N84A entre Meximieux et Ambérieu, N84B entre Collonges et Chancy (Suisse), N84C entre St-Genis et Crassier (Suisse) par Gex et Divonne. N84D entre La Cluse et Oyonnax (photo: MV, octobre 2010).
Gros plan sur l'un des rares panneaux Dunlop en bois existant encore en France. Celui-ci est situé peu après Nantua en direction de Bellegarde (photo: MV, novembre 2012). Une page sur les panneaux en bois (lire).

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RESSOURCES EN LIGNE
-Un site personnel très documenté sur la région et ses voies de communication (lire)
-Wikipédia (lire)
-Wikisara (lire)

Le tunnel du fort de l'Ecluse, réalisé juste avant la Seconde Guerre mondiale (photo: MV, avril 2014).
Un ensemble Michelin très abimé à Collonges (photo: MV, avril 2008).

R.N.84: A VOIR, A FAIRE
Lyon: la place Bellecour tracée en 1714, (310 m sur 200 m) est le coeur de la ville. Au centre, on y trouve la statue équestre de Louis XIV. La vue, à l'ouest sur la colline de Fourvière est un des grands classiques de la visite de la ville. On peut remonter la rue de la République pour rejoindre la place des Terreaux (rénovée par Daniel Buren) en passant par l'opéra (revu par Jean Nouvel à la fin du XXe siècle) et l'hôtel de ville. En grimpant sur la colline de la Croix-Rousse par la montée de la Grande-Côte, la vue sur l'agglomération est tout simplement superbe (notamment depuis la croquignolette place Colbert). Puis c’est la descente par les traboules (passages sous les immeubles) en direction du Vieux-Lyon (quartiers Saint-Paul, Saint-Jean) soit 427 ha classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Le quartier Renaissance abrite l'un des plus beaux ensembles d'immeubles de cette époque après Venise... tout simplement! C'est par la "ficelle" que l'on va monter à la basilique de Fourvière pour profiter d'un extraordinaire panorama. Enfin, la descente vers les charmants quai de Saône s'impose par la romantique montée du Gourguillon... Edifices et lieux remarquables: les théâtres gallo-romain de Fourvière, l'amphithéâtre des Trois-Gaules, la basilique de Saint-Martin-d'Ainay, l'église Saint-Nizier, l'hôtel de ville (1646), l'opéra, le palais Saint-Pierre, la Tour rose dans le Vieux-Lyon, la cathédrale Saint-Jean, le parc de la Tête-d'Or...
Meximieux: la cité médiévale de Pérouges, située à quelques pas, est un des «Plus Beaux Villages de France», elle compte pas moins de 80 monuments historiques.

Pont-d'Ain: non loin, le musée de l’industrie de la soie, à Jujurieux, sur le site de l'une des plus grandes soieries de France aux XIXe et XXe siècles, qui a employé jusqu'à 2000 personnes... l’abbaye bénédictine d’Ambronay, fondée au temps de Charlemagne. Et toutes les promenades le long de l'Ain.
Poncin: ses maisons à arcades, la maison Bichat, des vestiges des remparts médiévaux de la cité, la tour Bouvent.
Cerdon: joli village vigneron. Une promenade au milieu des vieilles pierres s’impose. Un parfum de Sud au cœur du massif jurassien…
Labalme: les grottes du Cerdon, visitées depuis 1807; on y trouve aussi un parc de loisirs préhistoriques.
Nantua: une balade le long de l’esplanade (sur le lac) permet de constater le côté spectaculaire du site, dominé par les hautes franges de la cluse. A découvrir également, le lac de Sylans et ses anciennes glacières; le voyageur aura aussi beaucoup de plaisir à faire une promenade motorisée (an nord) vers le petit lac Genin, couronné par une belle ceinture de sapins (nombreuses randonnées possibles).
Bellegarde-sur-Valserine: les pertes de la Valserine. La petite rivière se faufile au cœur d’un chaos rocheux dans lequel elle se «perd»… Un sentier (fermé en hiver) permet d’admirer le canyon. Au passage du pont des Oulles, on peut y voir la guérite d’un douanier… puisque ce passage était frontière avec la zone franche ceinturant la Suisse, entre 1815 et 1923! La mise en eau du barrage de Génissiat a provoqué la submersion des pertes du Rhône, une longue fracture d’une soixantaine de mètres de long dans lequel «tombait» le fleuve.
Défilé de l'Ecluse: l’impressionnant fort (visite payante) garde un passage stratégique depuis… Jules César!! A tel point que, jusqu’en 1939, la route nationale passait au cœur des murailles… A ne rater sous aucun prétexte.
Saint-Genis: le Cern est depuis 1954 un laboratoire de recherche international sur la physique des particules. Il dispose d’un immense accélérateur de particules de 27 km de diamètre enfoui sous le sol… Un vrai univers de science-fiction sous le Jura et la plaine de Genève… Des visites sur réservation sont possibles.
Genève: une ville impressionnante à l’histoire millénaire… Idéalement située à un coin du lac Léman, ce n’est pas qu’un paradis pour milliardaires et fonctionnaires des Nations unies… Une visite à pied de la vieille ville s’impose. Voici la promenade de la Treille, sur les anciens remparts, l’hôtel de ville et sa tour Baudet, l’ancien arsenal et ses mosaïques racontant de grandes heures de la ville, puis la maison Tavel, qui est la plus ancienne demeure de Genève (fin XIIIe) qui renferme le musée du Vieux-Genève. Non loin, voilà la cathédrale saint-Pierre et son important site archéologique. Derrière le Palais de justice et l’ancienne place du Bourg-de-Four, voilà le musée d’Art et d’Histoire, les plus visité des musée de la cité. Les touristes intéressés par le fait religieux ne manqueront pas le musée de la Réforme et le mur des Réformateurs située dans le parc des Bastions. Nous conseillons également une promenade le long des quais, depuis les bains des Pâquis, en passant par le port des Mouettes, le pont du Mont-Blanc jusqu’à l’Horloge fleurie, le Jardin anglais et le jet d’eau, situé en face du quai Gustave-Ador. Rive droite, voici le Palais Wilson, qui a abrité la Société des Nations et le palais des Nations, actuel siège européen de l’ONU. Non loin, le Jardin botanique offre 28 ha de verdure au promeneur… Le visiteur à la recherche de dépaysement visitera Carouge, de l’autre côté de l’Arve, ancienne cité sarde, construit par le royaume de Piémont-Sardaigne pour concurrencer Genève.
Lyon-Genève: une réalisation coûteuse. «Il a été fait, de 1841 à 1852, des travaux extraordinaires pour la rectification des routes nationales dans des proportions assez considérables. Sur la route n°84, de Lyon à Genève, les travaux extraordinaires ont dépassé un million: ils se sont élevés entre autres à 300 000 fr. pour la rectification de la côte du Cerdon, 120 000 fr. pour la montée de la Crotte, plus de 200 000 fr. pour celle de Châtillon et entre cette petite ville et Bellegarde, et 200 000 fr. pour la rectification de Bellegarde». Source: Mémorial annuel administratif, statistique et commercial du département de l'Ain pour 1853, impr. Fr. Dufour (1853).
Sources et documents: Atlas des grandes routes de France, Michelin (1959); carte n°74 Lyon-Genève, Michelin (1925, 1933); carte n°91 Environs de Lyon, Michelin (1951); carte n°143 Lons-le-Saunier-Genève, IGN (2008); Annuaire du département de l'Ain, imprimerie de Milliet-Bottier (1844); «Chancy», Dictionnaire historique de la Suisse, (hls-dhs-dss.ch, 11 novembre 2003);  Charix, histoire de la commune, Roger maire, impr. SOLYPAC (2012); Considérations sur l'histoire de la ville et de l'abbaye de Nantua, Joannès-Erhard Valentin-Smith, Imprimerie de A. Vingtrinier (1859); Guide Bleu de la France automobile, Hachette (1954); Guide Bleu Franche-Comté-Monts-Jura, Hachette (1961); Guide Vert Jura, Michelin (1957); Histoire des communes de l’Ain, différents auteurs, éd. Horvath (1985); «La Côtière d'Ain», Richard Sceau, dans la Revue de géographie de Lyon (1981); La France par cantons et par communes. Département de l'Ain, Théodore Ogier, Bourricand frères (1895); «La longue histoire du pont Carnot», Dominique Ernst, le Messager.fr (22 mai 2014); «L’archéogéographie au service d’un diagnostic territorial, le plateau de la Croix-Rousse sur les communes de Lyon et de Caluire-et-Cuire», Mélanie Foucault, Les nouvelles de l'archéologie (2014); «Le Cern, quelle histoire!», Denis Guthleben, lejournal.cnrs.fr (29 septembre 2014); «Le confluent et 1a croisée de Lyon», Amable Audin, dans Les Études rhodaniennes (1947); «Le pont de Neuville sera fermé à la circulation à la fin du mois», Le Progrès (20 août 2015); «Le rôle de la frontière dans le développement économique d'une petite ville: Bellegarde-sur-Valserine de 1871 à 1997», Roger Tardy, Le Globe, revue genevoise de géographie (1997); Les vallées du Bugey: excursions historiques, pittoresques et artistiques dans le Bugey, la Bresse, la Savoie & le pays de Gex (volume 2), Achille Raverat, l'auteur (1867); Mémorial annuel administratif, statistique et commercial du département de l'Ain pour 1853, impr. Fr. Dufour (1853); «Notes historiques sur le Haut-Bugey, après la réunion du Bugey à la France partie III», Emmanuel Vingtrinier, Le Bugey (1923); «Petite histoire du quartier Saint-Clair», sur le site quartierdescapucins.fr, par Blandine Isaac (11 février 2008); Recherches historiques sur le département de l'Ain, Antoine-Charles-Nicolas de La Teyssonnière, imprimerie Bottier, libraire (1838); Richesses touristiques et archéologique du canton de Nantua, département de l'Ain (1991); «Sentier de Saint-Clair: un circuit plein d'histoire et de secrets», Le Progrès (16 août 2015); «Si Bellegarde m'était conté: le quartier de Coupy», par Julien Champclos, La Tribune Républicaine (19 septembre 2010); Statistique générale de la France. Département de l'Ain, Joseph-Aurèle de Bossi, Testu, imprimeur de Sa majesté (1808); Topographie historique du département de l'Ain, Marie-Claude Guigue, Gromier aîné, (1873); Voyages dans les Alpes (tome premier), par Horace-Benedict De Saussure, chez Louis Fauche-Borel, imprimeur du roi (1796); champ.delette.free.fr; chazey-sur-ain.fr; decouvrir-dombes-valdesaone.fr; grotte-cerdon.com; hautbugey-tourisme.com; ladombes.free.fr; lyonhistorique.fr; mairie-farges.fr; montreal-lacluse.fr; nantua.fr; rillieuxlapape.fr; ruesdelyon.net; saint-genis-pouilly.fr; saintmartindufresne.com; ville-laboisse.fr; Wikipédia, Wikisara. Remerciements: la médiathèque de Nantua, la Bibliothèque nationale de France (Gallica), le Géoportail de l’IGN, CartoMundi, l’Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse (ivs.admin.ch).
Incroyable rencontre en randonnée... Ce panneau Michelin de la R.N.84 conservé à Chaux-Neuve par un collectionneur (photo: EF, avril 2017).









Belles routes de France...
R.N.84: L'AIN ET L'AUTRE... RHONE...
Le bourg médiéval de Pérouges, le défilé de l'Ecluse, les pertes de la Valserine, la cluse de Nantua ou bien encore l'impressionante côte de Cerdon, celle qui aura sacrément tourmenté les ingénieurs des XVIIIe et XIXe siècles... la route nationale 84 historique recèle de bien jolies choses au fil de ses virages sinueux. On se situe là aux extrémités du Jura, à portée des Alpes, dans des petits coins de France encore gentiment préservés. La route nationale 84 de 1959 naît à Lyon sur la rive droite du Rhône pour s’achever aux portes de la Suisse, à côté du gros bourg de Saint-Genis-Pouilly. Totalement déclassée sur l'ensemble de son parcours Genève-Lyon depuis 2005, elle est, en outre, débordée par une nouvelle voie rapide dans son périple en plaine de Gex. Au niveau du trafic, c'est la vertigineuse autoroute A40 qui lui donne le coup de grâce dans les dernières décennies du XXe siècle. On n’oubliera cependant pas que ce fut un des plus anciens itinéraires de la région, déjà inscrit sur la célèbre table de Peutinger… Petit regret: la R.N.84 était riche, jusqu’à son déclassement, de nombreux panneaux Michelin. Pour la plupart, ils ont, hélas, disparu et ne sont ici qu’en photo et dans nos mémoires… Bon voyage!

Sur le tracé de l'ancienne route, au pied des Monts-Jura (photo: Marc Verney, avril 2014). En cliquant sur l'image, vous poursuivez vers la Suisse et la R.N.5 historique. Pour retourner sur la page index, cliquez ici.

On quitte Lyon en suivant «les quais de la rive droite du Rhône, cours d’Herbouville, faubourg Saint-Clair», nous dit le Guide Bleu de la France automobile (1954). Sous l’Ancien Régime, la carte de Cassini publiée par le Géoportail de l’IGN indique ici plutôt une voie par la Croix-Rousse (montée Saint-Sébastien) jusqu’à Caluire. C’était là, qu’au début du XVIIIe siècle, les routes de Villars-les-Dombes et de Genève se séparaient, cette dernière empruntant le chemin de Crépieux encore visible aujourd’hui. Dans l’Antiquité, les échanges se faisaient de la même manière, raconte le blog lyonhistorique.fr de Luc Bolevy, une voie, «dite du Léman», allant en direction du nord, d’environ 4 mètres de large et «dotée de trottoirs en gravier de chaque côté» grimpait la colline de la Croix-Rousse (montée des Carmélites); de là, la voie de Genève laissait le plateau de Caluire pour se diriger vers Miribel. Cet ancien cheminement n’est plus qu’un simple trait noir sur la carte d’état-major du XIXe siècle publiée par l’IGN. La nouvelle chaussée vers la Suisse et le Jura (raccordée aux quais du Rhône en 1807) s’accroche, dès lors, solidement aux rives du fleuve, passant sous le fort de Montessuy, construit, lui, entre 1831 et 1836, et qui domine Saint-Clair. Ce quartier, au départ, nous dit Le Progrès dans un article d’août 2015, n’était qu'une «mince rive où l'on trouvait quelques cabanes et chemins de gravier inondés. (...) Saint-Clair a pris forme au XVIIIe siècle grâce à l'extension de Lyon au Nord. Avec l'apparition de la route de la Bresse et les constructions, les pêcheurs affluent et le commerce s'organise». Un peu plus loin, en suivant la rue principale, on remarque, nous raconte encore Le Progrès, le site historique de la Balme, là où les hommes ont fait des efforts considérables pour stabiliser la colline, tombant à pic vers le Rhône.

STRASBOURG PAR LA R.N.83
Voilà une route qui sillonne l'Est de la France à flanc de collines: Jura, Doubs, Vosges... On n'oubliera pas non plus les vignobles qui s'étalent de part et d'autre du bitume... Une route de gourmet? (lire)

Notre voie s’appelle ici «route de Strasbourg», puisqu’à ce niveau, nous nous trouvons encore sur la R.N.83 historique. Avant la loi du 29 décembre 1967, le bourg de Crépieux-la-Pape, que nous abordons désormais, faisait partie du département de l’Ain. Plus tard, en décembre 1972, c'est même la fusion des communes voisines de Rillieux et Crépieux-la-Pape (département du Rhône) qui s’opère. L’ensemble nouveau prend la dénomination de Rillieux-la-Pape (rillieuxlapape.fr). En 1959, foin de toute ses considérations géographique… la route de l’époque s’éloigne un tantinet du Rhône, ici, divisé en plusieurs bras qui sillonnent la plaine, autour de l’île des Brotteaux. Le puissant fleuve a des caprices redoutables: une crue mémorable, en 1754, modifie son cours et impose de nouveaux travaux d’ingénierie qui vont contribuer à façonner la figure de la rive gauche lyonnaise d’aujourd’hui. Le toponyme «La-Pape» est intéressant à développer: il provient du vieux mot lyonnais poype qui désignait une butte fortifiée. En tous cas, c’est ici que se trouve aujourd’hui le carrefour entre la route de Strasbourg (D483), qui s’engage au nord dans la combe de la Folie, et «notre» route n°84 historique de 1959 (D484 puis D1084) qui débute ici son trajet en direction de Genève. Ce carrefour est mentionné sur la carte d’état-major du XIXe siècle publiée par le Géoportail de l'IGN. Il faut cependant noter que, jusqu’en 1843, la route n°83 ira jusqu’à Meximieux pour remonter ensuite vers Bourg par Chalamont (Wikisara). C’est à la hauteur de Neyron que des travaux d'endiguement et de canalisation du Rhône suite à la grande crue de 1754 allaient être menés. Sur ce qui allait devenir le canal de Miribel «a été créée, nous dit Wikipédia, une digue en éperon à la pointe de Neyron sur Vaux, en Dauphiné pour orienter le fleuve sous le château de la Pape. Elle sera réalisée entre 1755 et 1760». On y trouvait aussi un bac à traille. Le bac fut d'ailleurs -dans la région- l'un des seuls moyens de franchir rapidement le Rhône jusqu'à la construction du pont de Miribel en 1941. La région de la Dombes, dont fait partie Neyron, sera annexée à la France sous Henri IV le 17 janvier 1601 par le traité de Lyon.

Extrait du Nouveau plan de la ville de Lyon, édité par Jacquy (1825). On y remarque notre chaussée au bord du Rhône. Source: Bibliothèque nationale de France. Document signalé dans le domaine public.

De Neyron, il n’y a que quelques hectomètres de chaussée pour atteindre Miribel; nous sommes déjà à 15 km de Lyon. Sur internet, ladombes.free.fr revient sur l'histoire de la cité et nous explique qu'ici, sur l’emplacement de Mire Bellum (littéralement «un beau point de vue»), il y avait, dès le temps des Romains, une suite de fortifications et de constructions protégeant la région lyonnaise. Nous nous trouvons dans la région de la Côtière, rebord du plateau de la Dombes qui forme un ensemble continu jusqu'à Meximieux. À l'époque gallo-romaine, «ce territoire, lit-on sur la page Wikipédia qui lui est consacré, est traversé par une voie romaine qui relie (en longeant le coteau) Lugdunum aux points plus en amont du Rhône, comme Montluel». Un peu plus loin, le territoire de la commune de Saint-Maurice-de-Beynost s’industrialise à la fin des années 1920. On y produira longtemps de la soie artificielle. Voici que l’on longe le village de la Boisse. Le site ville-laboisse.fr dit que, selon de vieux registres, «une voie romaine partant de Lyon et se dirigeant vers Genève, passait par la Boisse sur la côte (actuellement le chemin Henri IV)». Par la suite, la R.N.84 historique de 1959 se rend à Montluel. Après avoir été «française, dauphinoise, puis savoyarde, la ville est définitivement annexée par la France en 1601», nous dit le site ladombes.free.fr. En raison d'un commerce florissant (grain, chanvre, pressoir d'huile, filature de coton, teinturerie...), raconte encore ce site, on y souligne au XVIIIe siècle les «embarras» de la circulation... De Montluel à Meximieux, les chaussées du XVIIIe, du XIXe et du XXe siècle se confondent (Géoportail). La voie longe le camp militaire de La Valbonne, fondé en 1872.

On parcourt 13 km pour atteindre Meximieux. En 1072, raconte ladombes.free.fr, on y trouvait déjà «un château fort, ceint de murailles, de fossés larges et profonds». Car le rôle de Maximiacus a toujours été de servir de carrefour entre la région Lyonnaise et les marches de l'Est, explique encore ce site. D'ici, nous dit effectivement Amable Audin dans son article «Le confluent et la croisée de Lyon», «la voie antique des plateaux helvètes se dirigeait sur Ambérieu, la cluse de l'Albarine, le pas de l'Ecluse, enfin sur Genève et les provinces helvétiques». D’ici, on mettait aussi le cap sur Bourg-en-Bresse par Chalamont. La carte de Cassini publiée par le Géoportail de l’IGN nous donne une indication précieuse: durant une grande partie du XVIIIe siècle, la route de Genève met, de la même manière que le chemin antique, le cap sur Ambérieu en franchissant l’Ain au pont de Chazey (gué, puis pont en bois en 1760, pont suspendu en 1829, pont en béton en 1957 d’après le site chazey-sur-ain.fr), puis, après avoir contourné Ambérieu, met le cap sur Ambronay et Saint-Jean-le-Vieux pour rejoindre Poncin par la rive gauche de l’Ain. Sur la carte d’état-majot du XIXe, ce trajet n’est plus «que» la route de Belley; au XXe siècle, nos cartes Michelin des années cinquante nous mentionnent la R.N.84A, désormais une simple extension vers Ambérieu-en-Bugey. Côté rive droite, Cassini mentionne néanmoins aussi une chaussée vers Châtillon-la-Palud. C’est notre voie de Genève de 1959, aujourd’hui connue sous le n°984.

Tracé de la route nationale 84 en 1933. (source: Carte des voies à grande circulation, éditée par le Laboratoire de médecine expérimentale).

Pour sortir de Meximieux en «collant» à l’ancien tracé, il faudrait suivre la rue Laplantaz et rejoindre la rue des Maisons-Neuve pour aller vers la route de Villieu. La R.N.84 historique longe ici la zone de la Côtière d'Ain, autre rebord du plateau de la Dombes, qui s'étend jusqu'à l'agglomération de Pont-d'Ain. De gros villages y attestent l'importance passée da la culture de la vigne dans la région, nous dit Richard Sceau dans un article publié en 1981 par la Revue de géographie de Lyon. Ces vins, sans grande qualité, trouvaient cependant un débouché facile au début du XIXe siècle «dans les relais de poste ou auberges qui jalonnent la route, très fréquentée, unissant Lyon à Genève par la rive droite de l’Ain», insiste encore l’auteur de l’article «La Côtière d'Ain». Mais, dès l'entre-deux-guerres, la région change de vocation pour devenir -surtout- une banlieue résidentielle de Lyon.

La Statistique générale de la France pour le département de l'Ain (1808) par Joseph-Aurèle de Bossi nous donne un éclairage précieux sur les changements d'itinéraires de la route de Genève au fil du temps. Passant donc par le pont de Chazey «sur un pont de bois», la vieille chaussée se dirigeait vers «Belley, Seyssel, Frangi et Carrouge». «Les entraves que mettoit dans le commerce la nécessité de passer sur un territoire étranger (la Savoie, NDLR), engagèrent le gouvernement à faire ouvrir une nouvelle route par Nantua et le fort l'Ecluse. Laquelle avoit l'avantage d'aboutir à Versoix et au lac de Genève, sans sortir du territoire françois». On remonta ainsi la rive gauche de l'Ain pour accéder aux «gorges de Cerdon» et au Haut-Bugey. Mais la Bresse se sentit délaissée par ce parcours... La Statistique générale de la France mentionne ainsi que l'on «construisit un nouveau pont en pierre», placé «contre toutes les convenances à Neuville au lieu de l'être à Pont-d'Ain».

La table d'orientation de 1971 située sur le Revermont (586 m), au-dessus de Cuiseaux, mentionne la R.N.84, de Poncin à Charix. (photo: Marc Verney, juillet 2008).

Plus loin dans ce texte, l'ouvrage de Joseph-Aurèle de Bossi insiste sur la fragilité du pont en bois de Chazey, où le passage «est souvent interrompu par les réparations fréquentes qu'exigent les ouvrages en bois exposés à toutes les intempéries de l'air»... Finalement, l'auteur ne voit que des avantages à la nouvelle route suivant la Côtière de Bresse jusqu'au pont de Neuville: «A l'avantage d'avoir une communication assurée à jamais, se réunissoient ceux d'ouvrir un débouché à cette partie de la Bresse si fertile en vins et en chanvre, de procurer aux voyageurs un abri contre les vents du Nord-Ouest, de lui offrir des asyles fréquens dans les nombreux villages dont cette côtière est couverte»... La Statistique en conclut «que dès que la route fut roulante, les postes qui étoient établies tant sur la rive gauche de l'Ain, pour le service de Lyon à Genève, que sur la route de Meximieux à Bourg, par Chalamont, pour le service de Lyon à Strasbourg, furent abandonnées, et que le service de ces deux routes s'est fait depuis par la Côtière de Bresse, malgré les difficultés et les dangers que présente la rapidité des côtes de Loyes et de Molon».

Ces côtes «rapides» (on dirait raides aujourd’hui) seront beaucoup discutées par les ingénieurs. Je n’ai pas la date de la réalisation de la déviation... Mais en 1891, sur la carte au 1:200 000 publiée par CartoMundi, on trouve un contournement routier jusqu’à Mollon. Ce qui n’est apparemment pas encore le cas en 1843, puisqu’une autre série de cartes au 1:80 000 publiée par le même site montre encore une chaussée passant par Loyes (rue Royale dans ce village). L’ancienne voie porte ici le n° 108. Mollon, Gevrieux (croisement avec la R.N.504 historique) sont vite traversés et l’on entre dans Châtillon-la-Palud par la route de Gevrieux. Lyon est déjà à 58 km. Les villages de Bublanne, Villette, Priay et Varambon se succèdent le long de la Côtière. On passe non loin du quartier des Carronnières. S’y trouvaient d’anciennes fabriques de tuiles et de briques, ces dernières aux proportions si généreuses qu'elles servaient dans l'architecture fortifiée de la région (decouvrir-dombes-valdesaone.fr). Pour finir, notre voie traverse le Suran et aborde Pont-d’Ain par l’ouest en y croisant la R.N.75 en provenance de Bourg-en-Bresse. «A l’époque où la bourgade appartenait au duché de Savoie (du XIIIe au XVIe siècle), raconte le site pontdain.fr, le pont érigé sur l’Ain (route de Bourg, NDLR), alors en bois et à proximité du château, était à la fois un verrou stratégique et une source de revenus». Ce pont routier sera finalement bâti en pierre en 1886-87. Mais auparavant, il aura fallu franchir l’Ain avec un bac jusqu’au XIXe après la disparition de l’ouvrage en bois, trop souvent abîmé par le crues, ou par un pont suspendu à partir de 1832.

R.N.75: LA "GRIMPEE" DES ALPES
C'était, dans les années soixante, la route des Parisiens se précipitant dès les premières neiges à l'assaut des stations de ski des Alpes... (lire)

«Le château de la petite cité, explique encore pontdain.fr, a joué un rôle de première importance dans le conflit entre le Dauphiné et la Savoie par sa position stratégique en étant une véritable tête de pont entre la Savoie et la Bresse». Ce fut un lieu apprécié par la cour de Savoie: «C’est ainsi que naquit à Pont d’Ain, en 1476, Louise de Savoie et quatre ans plus tard, son frère Philibert le Beau. Ces deux personnages devaient occuper une place importante dans l’histoire de France» lit-on encore sur le site municipal. Mais la route nationale 84 historique de 1984 n’a cure de ces péripéties. Elle traverse tout droit la ville par la rue du 1er-Septembre-1944, la rue Bernard-Gangloff et la rue Louise-de-Savoie. Il n’y a que cinq kilomètres jusqu’à Neuville-sur-Ain, où se trouve le pont permettant de traverser l’Ain puis de s’orienter en direction de Poncin. Cet ouvrage, dont la construction a débuté en 1770, indiquent les Recherches historiques sur le département de l'Ain, a été achevé sept ans plus tard. Il permet donc à la route Lyon-Genève de s’affranchir du passage par la rive gauche de l’Ain. «Comme c’était un projet d’intérêt national, mais coûteux, écrit le journal Le Progrès du 20 août 2015, le roi Louis XV ordonna de construire ce pont avec la participation des provinces de Bresse et du Bugey sous la direction d’un ingénieur des Ponts et chaussées: Nicolas Aubry». Celui-ci réalise un pont à deux arches qui nécessitera l'établissement un remblai de 55 m de long. Des équipages de tombereaux seront réquisitionnés dans toute la région pour manipuler les tonnes de terre nécessaires, indique encore le journal...

Ancien Michelin préservé sur le pont de Neuville. (photo: Marc Verney, mars 2015).
Le pont de Neuville a été bâti entre 1770 et 1777 (photo: Marc Verney,mars 2015).

A 3 km de là se trouve le petit bourg médiéval de Poncin, possession des Thoire et Villars, qui développèrent l’endroit. Le cœur du village ne se trouve pas directement sur la route (D1084), découvre-t-on sur les différentes cartes historiques proposées par le Géoportail de l’IGN. L'ouverture de la grande chaussée royale, construite de 1743 à 1763, entièrement ouverte à la circulation après l'achèvement du pont de Neuville, «qui ne coûta pas moins d'un million de livres», écrit Emmanuel Vingtrinier dans les «Notes historiques sur le Haut-Bugey», apportait au bourg de Poncin «un nouvel élément de richesse. C'est alors que fut bâtie l'immense remise, où, chaque jour, venaient s'engouffrer la grande diligence, traînée par six chevaux, postillon en tête... (...) La circulation fut intense pendant les dernières années de la Monarchie». Dès lors, la route de Genève s’enfonce entre les hauteurs, de plus en plus escarpées, longeant la petite rivière Veyron. Cerdon, porte de la montagne, n’est qu’à un peu plus de quatre kilomètres. Le charmant village vigneron (on y produit un rosé pétillant vif et gouleyant) apparaît vers le milieu du XIIe siècle. Les sires de Thoire-Villars semblent avoir été les fondateurs de la cure, est-il dit dans la Topographie historique du département de l'Ain. L’industrie du vin y est mentionnée dès 1207, voit-on dans l’Histoire des communes de l’Ain, qui précise «que la plupart des seigneurs des environs» y possédait un vignoble… Cet ouvrage explique encore que le village fut «prospère» grâce au roulage et aux activités qui y sont liées dès le percement de la route royale, qui grimpe de manière importante vers le Moulin-Chabaud (commune de Ceignes) en se faufilant entre les rochers de Saint-Alban et le promontoire de Carmier. C’est le tracé de l’actuelle route départementale 11, où «rue de la Grand’Côte», utilisée dans les années précédant la Révolution.

Ces deux panneaux Michelin se trouvent au niveau de l'intersection vers Cerdon. Notez la "marque" du déclassement 2006: un panonceau jaune qui s'agrippe -un peu maladroitement- au vieux béton avec du fil de fer. Ces signalisations de ciment ont été enlevées depuis (photo: Marc Verney, avril 2007).
Dans le virage, l’imposant mémorial des maquis de l’Ain et du Haut-Jura, inauguré le 24 juin 1956 par le Général de Gaulle, marque les esprits (photo: MV, avril 2011).

Devant les difficultés des équipages à gravir cette redoutable montagne, les ingénieurs du XIXe siècle cherchent à améliorer le tracé. C’est, apprend-on dans le livre Les vallées du Bugey: excursions historiques, pittoresques et artistiques, chose faite entre 1848 et 1852 avec une route qui évite Cerdon depuis le Pont-de-Préau: «A un kilomètre en avant du bourg, la nouvelle route quitte l'ancienne, s'engageant sur les flancs pelés des montagnes du Châtel et de l'Advocat, elle les gravit par une pente très douce, mais très longue, au milieu de rochers dénudés et de précipices effrayants. L'art des ingénieurs s'est vu aux prises avec une nature rebelle; pour la vaincre, il a fallu des ponts, des corniches, des demi-voûtes, des murs de soutènement, partout des parapets, partout enfin des travaux gigantesques, mais qui font de cette nouvelle route une oeuvre vraiment remarquable». Des travaux, qui se sont élevés, nous indique le Mémorial annuel administratif, statistique et commercial du département de l'Ain pour 1853, à une somme de 300 000 francs pour cette rectification hardie. Pourtant, à lire encore l'ouvrage Les vallées du Bugey: excursions historiques, pittoresques et artistiques, on constate que les voituriers de l'époque semblent encore préférer l'ancienne montée, moins longue et moins sujette que la nouvelle aux ravinements, aux avalanches et chutes de pierres... Et puis, en raison de son exposition au nord, la nouvelle voie «ressent davantage aussi la rigueur de l'hiver; les neiges l'encombrent plus longtemps, et le verglas, presque permanent, devient un obstacle sérieux à la circulation»... En 1959, c’est néanmoins la nouvelle chaussée du XIXe siècle qui supporte le trafic de la R.N.84 historique. Dans le très sec virage du Pont de l’Enfer se trouve aujourd’hui l’imposant mémorial des maquis de l’Ain et du Haut-Jura, inauguré le 24 juin 1956 par le Général de Gaulle à la mémoire des 700 morts tombés dans la région face aux Allemands. Plus haut, dans le village de Labalme, se trouvent les grottes du Cerdon, où l’on trouve des habitats préhistoriques. L’endroit, nous dit le site grotte-cerdon.com, servait à l’affinage du fromage bleu de Gex de 1933 à 1959. Il accueille depuis le grand public.

A Maillat, ces deux beaux exemplaires de panneau Michelin trônaient en plein centre du bourg lorsque j'ai pris ces images, durant l'hiver 2006 (photos: Marc Verney, février 2006).

La voie passe en contrebas du village de Ceignes pour s’enfoncer dans la combe du même nom vers Maillat. Puis fait un virage assez prononcé sur la droite, sous le Mont (684 m), vers le lieu-dit au nom évocateur «Tire-Cul» (ici, au XIXe, la courbe était encore bien plus forte). L’ancienne entrée de Maillat se faisait par la rue des Courbes. La «route de Lyon» y passe sur l’Oignin. Puis voilà la rue du Clou qui mène à Saint-Martin-du-Frêne. c’est là, que vers 760, les abbés de Nantua fondent un prieuré rural, raconte le site saintmartindufresne.com. Au XIIIe siècle, les sires de Thoire disputent aux prieurs de Nantua la suzeraineté du lieu. Le traité de paix est signé en 1248. En 1536, le village se déclare fidèle à François 1er. A la fin du XIXe siècle, Saint-Martin-du- Frêne est une paroisse grosse productrice de chanvre, elle le vend à l’état brut. Le village jouait un rôle de carrefour ferroviaire assez important au début du XXe siècle. Des «tacots» à vapeur, puis électriques, utilisant la chaussée des routes, nous dit le site municipal, rejoignent Ambérieu, Brénod, Hauteville, Nantua... Comme un peu partout en France, concurrencées par l'autocar, ces lignes ferment au début des années cinquante. On sort du village par le quartier du Monthoux si l’on veut rester fidèle à la chaussée du XIXe… Notre voie longe la montagne de Chamoise jusqu’au village de Port, situé aux abords du lac de Nantua, d’origine glaciaire. Le nom du lieu apparaît au XIIe siècle, nous apprend l’Histoire des communes de l’Ain. Au XVIe, nous dit encore cet ouvrage, «le village est traversé par le Grand Chemin de Lyon à Genève qui franchit les deux émissaires du lac sur deux petits ponts de pierre». Ces terrains, autrefois fort marécageux, sont aujourd’hui bien bâtis et une vaste zone commerciale y prend même ses aises… De l’autre côté, voilà la Cluse, village-carrefour situé dans la commune de Montréal. La route de Lyon à Genève y croise la R.N.79 historique en provenance de Bourg-en-Bresse et qui s’y achève. Au nord, la R.N.84D mène à Oyonnax (la carte d’état-major du XIXe siècle montre remarquablement bien l’ancienne chaussée qui part dans cette direction, aujourd’hui la rue de Senoche). Dès 1846, le travail de la soie y occupe près de 100 métiers. Puis, au XXe siècle, se sont les industries plastiques qui prennent le relais (montreal-lacluse.fr).

R.N.79: DU CHAROLAIS AU JURA
En 1959, la route nationale 79 nous conduit de Nevers à La Cluse sur la commune de Montréal-la-Cluse dans le département de l’Ain (monts du Jura). Des paysages plein la vue!(lire)

On longe le lac par une chaussée (D1084) dominée par l’imposant plateau de Don. L'ouvrage Voyages dans les Alpes parle ici en 1796 d'un «chemin ferré». L’étendue d’eau, telle que l’on peut la voir aujourd’hui, date de grands travaux réalisés au milieu du XIXe siècle, et qui ont eu pour but d’abaisser le niveau des eaux de plus d’un mètre, permettant l’assèchement de nombreux terrains alentours. Au bout de la voie, le bourg de «Nantua, écrit La France par cantons et par communes. Département de l'Ain, est situé dans une position très pittoresque, dans une gorge profonde. Il est entouré de montagnes dont le sol aride et la pente escarpée n'admettent d'autre végétation que celle des ronces et des buis vers les bases, des pins et des sapins vers les cimes». La route de la Cluse longe, côté lac, l’Esplanade, agréable parc au bord de l’eau, créé après les travaux d’assèchement du XIXe. Dans la ville, la rue du Docteur-Mercier supporte le trafic vers Genève alors que la rue de l’Hôtel-de-Ville se charge de celui vers Bourg et Lyon. Le nom de la ville pourrait provenir, nous dit le site nantua.fr, «du celtique nantos, qui signifie vallée» auquel s'accole un suffixe gallo-romain acos, indiquant un lieu. Nantua serait donc la «localité de la vallée»... Au temps antiques, nous étions en terre séquane. La légende (mais ce n’est que la légende) raconte qu’au VIIe siècle, l’évêque Amand, qui avait prêché dans le sud de la France, y fonda son monastère en pardonnant aux quatre hommes venus pour le tuer, s’enflamme le site montagnes-du-jura.fr… La réalité, c’est que l’on ne sait pas bien! Son ancienneté est néanmoins avérée, raconte Joannès-Erhard Valentin-Smith dans l’ouvrage Considérations sur l'histoire de la ville et de l'abbaye de Nantua, c’est même «probablement la première établie dans le département de l’Ain». Et Joannès-Erhard Valentin-Smith de citer «la charte donnée, le 10 août 758, par Pépin-le-Bref à l’abbaye de Nantua». Par la suite, du Moyen Age à la Renaissance environ, les religieux de Nantua eurent de nombreuses querelles avec leur puissants voisins, les sires de Thoire et Villars… Comme toute la région, Nantua est rattachée à la France en 1601. «Au temps des diligences», écrit le Guide Vert Jura, la cité «connaît une grande animation: c’est le relais entre Bourg et Genève». Pour La France par cantons et par communes. Département de l'Ain (1895), «le pays, en général peu productif, est vivifié par la route de Lyon à Genève et surtout par l'industrie. Nantua donne de l'activité à tous ses environs: les métiers de soieries, les fabriques de peignes, de souliers, les fruitières nombreuses, le sciage des bois de sapin en lattes et en planches, l'exploitation des nombreuses carrières de pierres à bâtir occupent beaucoup de bras et y procurent du numéraire». La sortie de la ville se fait par la rue Paul-Painlevé. Un panneau municipal d’information touristique mentionne qu’entre «l’extrême fin de la rue Mercier et la dérivation du Merloz, se trouvait, jusqu’au début du XXe siècle, un petit étang appelé lac Vissel. Avant 1744, date à laquelle on nivelle le terrain pour construire la route Bourg-Genève, il s’agissait d’un véritable lac».

Selon cet ancien panneau Dunlop, il reste 61,7 km à faire jusqu'à Genève (photo: MV, novembre 2012).

On prend dès lors la direction du village des Neyrolles. Une courte montée nous emmène sur les bords du lac de Sylans, né de l’effondrement de la falaise dominant la cluse. On ne connaît pas la date de la catastrophe mais elle est mentionnée dans un document papal de 1187. Du coup, l’eau, filtrée par ce barrage naturel est d’une grande pureté et est captée à la source de la Doye pour sa consommation en bouteille. L’ancienne chaussée, qui passait légèrement à droite de la voie ferrée est délaissée au profit d’un tracé situé à gauche des rails (Géoportail). Au-dessus de l’amoncellement de terre et de rochers, on voit le lac, et, tout de suite sur la droite, les bâtiments en ruine de la glacière. Ce fut l’une des plus grandes exploitation de glace naturelle en France. En 1864, écrit le site hautbugey-tourisme.com, le propriétaire d'un café de Nantua, Joachim Moinat, a «l'idée d'utiliser la glace du lac de Sylans pour rafraîchir les boissons de ses clients». En 1885, l'extraction artisanale laisse la place à une utilisation plus industrielle du site avec les Glacières de Paris qui deviennent propriétaires du froid Sylans... Et, durant l'été 1894, ce sont ainsi 50 wagons chargés de glace qui quittent chaque jour les vastes entrepôts de stockage pour livrer Paris, Lyon, Genève, Marseille (on estime qu’un chargement de 10 tonnes de glace au départ n’en perd que deux durant le voyage)... L'activité chutera puis s’arrêtera avec le XXe siècle et l'apparition du froid artificiel. La R.N.84 historique longe la rive nord du lac jusqu’au Moulin-de-Charix. Dans ce coin, on apprend que, selon les Richesses touristiques et archéologique du canton de Nantua, la voie romaine se trouve sur un chemin forestier au niveau du hameau des Battoirs et que, «dès 1568, la piste pour cavaliers, élargie, est le passage des diligences entre Lyon et Genève». La route du XVIIIe est, elle, bien tracée à partir de 1744, comme nous l’avons appris à Nantua. L’ouvrage Charix, histoire de la commune, nous dit que, «au XIIe siècle, la route se parsème de nombreux hôpitaux, destinés à servir de refuges aux voyageurs et pèlerins».

Au Moulin-de-Charix (photo: MV, novembre 2012).

Une dizaine de kilomètres plus loin, au niveau du village de Saint-Germain-de-Joux, les cartes publiées par l’IGN nous montrent que, dès après le hameau de la Voûte, la chaussée du XIXe siècle s’accroche au flanc de la montagne pour traverser le lieu-dit Bellelive. A la sortie de Saint-Germain en direction de Bellegarde, le plan de 1863 publié par Ghislain Lancel sur le site champ.delette.free.fr montre un ancien passage de la route royale traversant le Combet par le chemin des Marmites. Plus loin, l’ancienne chaussée de la R.N.84 franchit le Tacon par la route de la Semine. Jusqu’à Châtillon-en-Michaille (de-Michaille jusqu’en 1973) d’ailleurs, les différents tracés se chevauchent sans toujours se superposer. Ainsi, à l’entrée du village de Châtillon, la route rectiligne du XVIIIe est bien visible, c’est la rue Louis-Astier. Ici, comme jusqu’à Bellegarde, d’importantes rectifications de chaussées auront notamment lieu entre 1841 et 1852. La petite cité, jadis chef-lieu régional, est mentionnée pour la première fois au commencement du XIIe siècle, signale la Topographie historique du département de l'Ain. En 1669, un relais de la poste aux chevaux ouvre à Châtillon-en-Michaille. On sort du bourg par la rue Aimé-Bonneville (D1084). Jusqu’à Bellegarde-sur-Valserine, l’oeil exercé remarque sur la carte topographique de l’IGN publiée sur le Géoportail le tracé rectiligne de la route de la Plaine, puis de l’avenue du Stade. La encore, il s’agit de la chaussée du XVIIIe siècle. A Bellegarde, le défilé de Fort-l'Ecluse, passage creusé par le Rhône entre le Grand Crêt d'Eau et la montagne de la Vuache est la principale voie d'accès au sud du lac Léman. La ville, de création récente, tire parti de sa situation au bord du puissant fleuve Rhône: vers 1871, plusieurs projets industriels d’ampleur s’y développent afin de profiter de cette «houille blanche». A la fin du XIXe, la cité est même l’une des premières à disposer d’un éclairage municipal électrique… Julien Champclos, dans un article de La Tribune Républicaine revient sur l’histoire de la localité, et, en tout premier lieu sur le pont traversant la Valserine, essentiel pour la communication avec la région lémanique. Grâce au traité de Lyon en 1601, toute la région devient française et le Royaume décide d'y développer les routes. Roger de Bellegarde devient le nouveau gouverneur, il fait construire un premier pont sur la Valserine, rapidement suivi par un deuxième, plus solide. La première maison voit le jour en 1747, alors que la chaussée de Lyon à Genève est déjà ouverte depuis plusieurs années. Puis, «avant la Révolution», dit Jean Robin, un ancien élu municipal dans cet article, on trouve, aux abords du pont, «un relais de poste, des auberges, des ateliers de maréchaux-ferrants, de charretiers, les bureaux de l'administration royale de l'ancien régime, un poste de douane»... Une ville est née!

La R.N.84 historique au niveau des pertes de la Valserine (photo: MV, avril 2014).
Sur le pont de Coupy, à Bellegarde. (photo: MV, mars 2015).

On passe donc la Valserine sur le pont de Coupy, du nom du quartier situé sur la rive opposée. De 1815 à 1933, on y réinstalle un poste de douane, car Bellegarde se trouve  positionnée en limite de zone franche en raison du traité de Paris du 20 novembre marquant la fin de l'Empire. L’ouvrage sera restauré en 1859, mais sautera en 1940 pour être reconstruit en 1947. L’ancienne route de Genève, jusqu’au XIXe siècle, se trouve être ici la D16, qui rejoint Vanchy avant de retrouver le tracé actuel à Grésin (Géoportail). La rectification entre Bellegarde et Vanchy était «à l'étude» en 1844, nous signale l'Annuaire du département de l'Ain. Ce qui est -en 2017- la départementale 1206 surplombe ici l’impressionnant sillon du Rhône, tout juste sorti de la plaine lémanique. Le défilé de l'Ecluse et son fort accroché à la paroi, avec le Rhône grondant en contrebas est un autre temps fort du trajet. «De tout temps ce passage a eu une importance considérable, écrit le Guide Bleu Franche-Comté-Monts-Jura. César l’a décrit avec beaucoup d’exactitude dans ses Commentaires. Fondé par les sires de Gex, puis propriété de la maison de Savoie, il est cédé à la France en 1601». Un fort est construit sous Louis XIV, détruit en 1815 à la fin des guerres napoléoniennes puis reconstruit jusqu’en 1841. La route Lyon-Genève a directement traversé le fort du XVIIIe siècle jusqu’en 1939; c’est cette année qu’a été inauguré un tunnel routier de 250 m de long, creusé en deux ans dans le flanc de la montagne. Juste après ce passage spectaculaire, la route n°84 prend la direction de Collonges. Ici, les différents croisements avec la route n°206 n’existaient tout simplement pas jusqu’au XIXe siècle car il n’y avait pas de passage sur le Rhône pour rejoindre Valleiry, Viry et Saint-Julien-en-Genevois. Le pont Carnot, fait d'une arche unique en pierre de taille, d'une longueur de 40 mètres (le Messager.fr), a été inauguré en 1874, établissant un lien entre l’Ain et la Haute-Savoie, nouvellement rattachée à la France.

L'impressionnant fort du défilé de l'Ecluse garde un passage stratégique depuis l'aube des temps... Avant le tunnel, la route passait par la porte que l'on voit sur la photo (photo: EF, avril 2014).
A Collonges. Un tel ensemble Michelin est désormais rarissime en France (photo: MV, avril 2014).

Entre Collonges et Saint-Genis, la route se fait parallèle au lac Léman et aux plus hauts sommets du Jura alors que se dessinent au loin les cimes blanches de la chaîne des Alpes... Par beau temps, c'est magique. Pour suivre la chaussée historique, il ne faut pas emprunter du tout la moderne chaussée à quatre voies D884 mais la rue du Fort (D984). Le village de Collonges «s'est construit le long de la Vie de l'Etraz», nous explique le site ain-tourisme.com, une voie antique qui remonte au pied des monts du Jura jusqu'à Orbe (Suisse). On prend la direction de Farges par la Grand-Rue. Auparavant, sur la droite, on laisse filer la «route nationale annexe n°84B» qui prend la direction de Pougny, franchit le Rhône, arrive au village suisse de Chancy et rejoint Genève par Onex et Plainpalais. Le Dictionnaire historique de la Suisse indique que les lieux étaient «un point de passage important sur la route de Genève à Lyon par le Fort-l'Ecluse» car c'est ici qu'on accédait grâce à un pont de bois, du XVe au XVIe siècle, à la rive droite du Rhône. Le vieux pont est détruit en 1589, remplacé par un bac jusqu'en 1858. «C’était le point de passage le plus aisé», lisons-nous dans un article publié sur le site internet de l’Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse (IVS). «Utilisé pendant tout le Moyen Age par les marchands se rendant à Lyon, dit encore l’IVS, il semble bien qu’après le rattachement du pays de Gex à la France, le cheminement entre Genève et Lyon se modifie peu à peu». Et, au XVIIIe siècle, le trafic se détourne du bac de Chancy pour emprunter la route n°84 historique que nous connaissons.

Sur la route de Lyon, à Logras (photo: MV, avril 2014).

Sur cet itinéraire, la chaussée, rectiligne, longe les hameaux d’Ecorans et d’Airans avant d’entrer dans Farges. Ce trajet d’origine antique est donc cité dès 1665-1666 dans les propos de l’intendant Bouchu (mentionné par l’IVS) comme «le grand chemin de Lyon en Allemagne et à Genève». Il a rapidement supplanté un autre tracé difficile, «coupé par de nombreux ruisseaux qui dévalent du Jura» (IVS), par Farges, Challex, Russin, Peney, Vernier. D'après le site municipal mairie-farges.fr, le village de Farges, dont le nom est connu en 1337, pourrait devoir son origine «à un établissement de transformation du minerai de fer». Dans ce village, la place Barack-Obama doit être l'une des premières ainsi nommée en France (Wikipédia)... Les documents de l’IVS sont, encore ici, précieux pour dater les ultimes kilomètres de la route Lyon-Genève: le projet de cette chaussée «suit de près» la mise en place de la corvée royale en 1738. Il consiste en l’établissement de trois alignements «rigoureux», entre l’Ecluse et Farges, Farges et Saint-Genis, puis vers Genève entre Saint-Genis et le Bouchet par Meyrin (la frontière avec la Suisse étant franchie en 2017 au niveau du bois Tollot). l’Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse donne les dates de mises en service: «En 1755, la route neuve, sans être totalement achevée, est mise en circulation». Et, en 1760, elle est réalisée jusqu’à la frontière du territoire genevois au Bouchet. C’est par l’avenue du Mont-Blanc puis par la rue de Lyon que la route n°84 entre dans la dernière localité française traversée, Saint-Genis-Pouilly. La ville tire son origine de la colonie romaine de Nyon, à lire le site saint-genis-pouilly.fr: «La région de Saint-Genis fait partie de cette colonie et une riche famille y est installée». Plus tard, après la domination franque, les établissement religieux s’y établissent en nombre; les moines assainissent les marais et cultivent les sols ainsi disponibles. Le Pays de Gex est intégré au comté de Genève en 1032, puis cédé à la Savoie en 1355. Mais, près de deux siècles plus tard, les Bernois, alliés avec Genève contre le duc de Savoie, envahissent la région qu’ils occupent jusqu’en 1564 avant de le restituer à la Savoie... Henri IV mettra tout le monde d'accord en annexant Gex (et donc Saint-Genis) à la France au début du XVIIe siècle... Le décollage économique intervient au XIXe siècle: une fruitière à comté s’installe en 1810. Les marais sont complètement drainés en 1817. La diamanterie Donnet est, de 1874 à 1929, de loin, la première industrie du village. Non loin, depuis les années cinquante, un incroyable projet scientifique se développe sous les pieds des Jurassiens et des Genevois… Le Cern, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire voit le jour le 29 septembre 1954 et construit ses premiers bâtiments sur le site de Meyrin. Et, en 1957, raconte l'historien Denis Guthleben sur un blog du CNRS, c'est le démarrage du premier accélérateur du centre, le Synchrocyclotron... Et il s’agit encore aujourd’hui du plus grand centre de physique des particules au monde, qui a notamment permis la découverte d’un nouvel «élément», le «boson de Higgs» en 2013. Mais l'acte le plus révolutionnaire initié par le Cern... c'est l'internet!!! Dès 1989, Tim Berners-Lee, rejoint par Robert Cailliau, conçoivent et développent un système d'information hypertexte pour faciliter les échanges entre scientifiques, le World Wide Web... On connaît la suite: le site Sur ma route... Et que vive la science au bénéfice de l’humanité!

Marc Verney, Sur ma route, mars 2017
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R.N.84C: en avant vers la «route blanche»! L’atlas Michelin des routes de France 1959 montre une R.N.84C entre St-Genis et Crassier (Suisse) par Gex et Divonne. Au carrefour de la rue de Genève, on quitte la ville de Saint-Genis par la rue de Gex puis celle de la Faucille. Vu sur le Géoportail de l’IGN, le tracé jusqu’à Gex est quasi rectiligne, à l’image des autres projets du XVIIIe siècle dans la région... Sauf à Chevry (il faut bien une exception!), où la «route de Prost» zigzague un tantinet entre les bourgs –Dessus et –Dessous… Gex est atteint au bout de onze kilomètres. Là, lit-on dans La France par cantons et par communes (département de l’Ain), on trouve «peu de restes d’antiquités». Il y aurait eu un poste militaire, poursuit l’ouvrage, «ce qui rendrait ce fait probable, ce sont les vestiges d’une voie romaine, connue encore dans le pays sous le nom de Vi de l’Estroz», une route qui suivait le piémont jurassien. Au XIIe siècle, voit-on sur le site de la ville, «une seigneurie nouvelle est créée: Gex en est la capitale. De ces temps féodaux la postérité a retenu le nom de Léonette, dame de Gex, emblème de l’indépendance gessienne.» Un siècle plus tard, nous dit l’Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse (IVS), on y trouve une «une ville neuve, entourée de remparts, dotée d'importantes franchises, établie au carrefour des routes menant de Genève en Franche-Comté et de Lyon en Pays de Vaud et à Berne». Après Gex, la situation est quand même un peu plus compliquée. La carte du XVIIIe publiée par l’IGN ne montre aucun chemin vers Divonne, alors que pour la carte d’état-major du XVIIIe, la voie vers la petite cité thermale, c’est la départementale 15H puis la fameuse «Vie de l’Etraz» jusqu’à la croix de Saint-Gix. Là, on rejoint la D984C qui passe juste à côté des sources de la Divonne. Celle-ci a été déviée de Vesancy après les années cinquante (en 1957, sur un plan publié par CartoMundi, on passe encore dans le village). A Divonne, les Romains avaient bien compris l’importance de l’endroit… un aqueduc amenait l’eau des sources jusqu’à Nyon, leur colonie établie par César vers 45 avant JC. On quitte Divonne, qui est une station thermale depuis 1849, par la rue de Lausanne. Il reste 3 km jusqu’au village-frontière de Crassier, terme de la R.N.84C historique.
R.N.5: LA "ROUTE BLANCHE"
Entre Gex et Saint-Gingolph, la route nationale 5 historique contourne le beau Léman bleu... (lire)