Sur la route de Lyon (N7), détail d'une ancienne plaque Michelin à Bully (photo: MV, octobre 2007).
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Sources: Histoire des routes lyonnaises, Reverdy G. avec Pezin G. et Rouillet F. (LUGD, Lyon, 1994); Grand Lyon magazine (juin 2007); Grand Lyon, le centre d'échanges de Perrache (Stéphane Audran, mai 2009); Les grands projets d'aménagement routier à Lyon, entre initiative local et relais national (Sébastien Gardon, août 2005); les sites internet Lyon historique et Points d'actu; Wikipédia. Remerciements: le Forum Sara qui conserve dans ses pages de nombreux et précieux documents. Carte utilisée: Atlas routier France (Michelin, 2007).
Vue sur la mairie de Lyon (photo: MV, 1989)
Lyon, à voir, à faire...
La ville fait partie des dix villes européennes où il fait bon vivre (nov. 2008). Et je ne vous cacherai pas que Lyon est une des cités où je rêverai (après de courtes études effectuées dans les années 80) de poser mes valises...
Voilà quelques idées de balade... La place Bellecour tracée en 1714, (310 m sur 200 m) est le coeur de la ville. Au centre, on y trouve la statue équestre de Louis XIV. La vue, à l'ouest sur la colline de Fourvière est un des grands classiques de la visite de la ville. On peut remonter la rue de la République pour rejoindre la place des Terreaux (rénovée par Daniel Buren) en passant par l'opéra (revu par Jean Nouvel à la fin du XXe siècle) et l'hôtel de ville. En grimpant sur la colline de la Croix-Rousse par la montée de la Grande-Côte, la vue sur l'agglomération est tout simplement superbe (notamment depuis la croquignolette place Colbert). Redescente par les traboules (passages sous les immeubles) en direction du Vieux-Lyon (quartiers Saint-Paul, Saint-Jean) soit 427 ha classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Le quartier Renaissance abrite l'un des plus beaux ensembles d'immeubles de cette époque après Venise... tout simplement! C'est par la "ficelle" que l'on va monter à la basilique de Fourvière pour profiter d'un extraordinaire panorama. Enfin, la descente vers les charmants quai de Saône s'impose par la romantique montée du Gourguillon...
Edifices et lieux remarquables: les théâtres gallo-romain de Fourvière, l'amphithéâtre des Trois-Gaules, la basilique de Saint-Martin-d'Ainay, l'église Saint-Nizier, l'hôtel de ville (1646), l'opéra, le palais Saint-Pierre, la Tour rose dans le Vieux-Lyon, la cathédrale Saint-Jean, le parc de la Tête-d'Or...
Gastronomie
Léon Daudet avait coutume de dire que "Lyon était une ville arrosée par trois grands fleuves: le Rhône, la Saône et le beaujolais"... C'est dire si la réputation de la cité ne date pas d'hier! Parmi les spécialités... le gras double, les saucissons, les terrines de volaille et de gibier, les poulardes de Bresse, les quenelles de brochet, les feuilletés aux morilles, la cervelle de canut, le saint-marcellin, les bugnes, la tarte à la praline... miam!!


Les belles routes de France
LYON, UN CARREFOUR FRANCAIS
Voilà une cité qui nous étonnera toujours. Dotée d'un prestigieux passé, Lyon, n'a pourtant été, longtemps, qu'une étape encombrée sur la route du soleil. Et les voyageurs des années cinquante à aujourd'hui de souvent citer la traversée de la ville comme un cauchemar motorisé à peine adouci par le percement des tunnels de la Croix-Rousse puis de Fourvière... L'image est injuste, car Lyon et ses trésors millénaires méritent bien plus qu'un regard, esquissé depuis le bitume d'une autoroute A7 parfumée par les gaz de millions de touristes européens... Attention! Cette page est un "carrefour" virtuel de ce site: en cliquant sur l'image principale vous allez "rouler" sur la R.N.7 en direction du Sud. Mais vous pouvez d'ores et déjà visiter ci-dessous les pages de la R.N.6, de la R.N.83, de la R.N.84 et de la R.N.86.

A la sortie du centre d'échange de Perrache... (photo: Marc Verney, 1989). Attention: en cliquant sur l'image vous suivez le trajet de la N7.

Le site Sur ma route fait aboutir à Lyon deux des nationales historiques desservant les monts du Jura: l'axe N83, qui mène à Strabourg et la nationale 84, une bien belle chaussée, qui desservait Bellegarde et Genève. Mais Lyon, irriguée depuis la capitale française par les célèbres N6 et N7 a constamment été un des carrefours majeurs de cette partie de l'Europe...

Quelques mots d'histoire. Les premières traces de présence humaine dans la région remontent à 40 000 ans. Mais c'est en 43 av. JC que le proconsul Munatius Plancus choisit d'installer sa nouvelle colonie, Lugdunum, sur la colline de Fourvière. Les colons, citoyens romains, sont originaires de Vienne. A cette époque cohabitent deux cités: Lugdunum, sur la rive droite de la Saône et Condate, installée sur la rive gauche, un peu en amont du confluent Saône-Rhône. Vers 19 av. JC, Auguste procède à d'importants travaux urbains qui améliorent l'accès des habitants aux quatre grandes voies qui irriguent la Gaule: vers Boulogne (fameuse voie Agrippa), vers Cologne, la "Narbonnaise" le long de la vallée du Rhône, et vers Saintes par le Massif-Central. Il est intéressant de savoir que c’est précisément à Lyon que l'on faisait la transition entre milles romains et lieues gauloises. Ainsi, le site internet Lyon historique nous indique que la ville est mentionnée de cette manière: Lugdunum caput Galliarum usque hic leugas ("Lyon, capitale des Gaules; jusque là (on mesure) en lieues").

A gauche, vue générale du quartier de la Part-Dieu depuis Fourvière. La tour est communément appelée "crayon" par les Lyonnais. A droite, une curiosité de la Croix-Rousse: le Gros-Caillou. Photos: Marc Verney, 1989.

Après bien des péripéties liées à la chute de l'Empire romain, Lyon connaît un nouvel âge d'or à partir du XVIe siècle grâce à l'installation de banquiers florentins et la tenue de quatre grandes foires annuelles. La ville est ainsi une place bancaire de tout premier plan en Europe... une position enviée qu'elle tiendra plus ou moins jusqu'au XIXe siècle après l'intermède douloureux de la Révolution française qui vit, en 1793, la cité perdre son nom pour cause de soutien à la cause girondine. Entretemps, la ville se sera développée grâce à l'impulsion donnée par Jean-Antoine Morand (assèchement des marais environnants et construction d'un pont sur le Rhône) et Antoine-Michel Perrache (extension de la presqu'île vers le sud, achevée en 1839).

Le Lyon moderne commence à se dessiner comme souvent dans l'Hexagone au milieu du XIXe siècle, avec l'arrivée du chemin de fer. La gare de Perrache, construite à partir de 1855 par l'architecte Alexis Cendrier, va permettre de relier Lyon à Paris ou à Saint-Etienne... La ville contemporaine s'affirme sous le mandat d'Edouard Herriot avec de grands projets d'urbanisme menés notamment par Tony Garnier (aménagement des Brotteaux, Grande-Halle, stade de Gerland...). C'est sous l'égide du maire suivant, Louis Pradel, que Lyon, pour le meilleur ou le pire, va s'ouvrir à l'automobile: tunnel de Fourvière, aménagements autoroutiers divers, centre d'échanges de Perrache... Voici maintenant ci-après de courtes évocations des principaux ouvrages d'art de la ville.

A gauche, la basilique de Fourvière, vue depuis le bas de la "colline qui prie". A droite, au parc de la Tête-d'Or. Photos: Marc Verney, 1989.

Le premier périph' de France? Contournant Lyon par l'est, le boulevard Laurent-Bonnevay (du nom de son initiateur, qui fut président socialiste du conseil général du Rhône jusqu'en 1957) relie Gerland à Villeurbanne. La première chaussée (une large plate-forme de 46 m) est construite entre 1928 et 1934 sur l'implantation des anciennes fortifications de la cité. Peu emprunté au début, il est amélioré peu à peu et transformé en autoroute urbaine dans les années soixante et soixante-dix. Le boulevard est désormais prolongé au nord par un tunnel payant (inauguré en 1999) permettant aux automobilistes de rejoindre l'autoroute A6.

Le tunnel de la Croix-Rousse et l'axe nord-sud. Inauguré le 9 avril 1952 après plus de treize ans de travaux, le tunnel de la Croix-Rousse (qui relie Vaise au quartier des Brotteaux) doit, pour le maire de l'époque, Edouard Herriot, "maintenir la renommée de plaque tournante des communications nationales et internationales, de faciliter la circulation est-ouest de Lyon et de compléter l'axe nord-sud". Long de 1752 m, le tunnel de la Croix-Rousse aurait pu être un canal souterrain entre Saône et Rhône!! En effet, dès 1833, Annet Bigaud dépose sur le bureau du préfet du Rhône un projet de liaison entre le fleuve et la rivière qui traversent Lyon... Et dans les endroits les plus sûrs de cette galerie, il y aurait eu des réservoirs d'eau potable, des glacières, et même des entrepôts de vin! Afin de relier le tunnel aux grands itinéraires Paris-Côte-d'Azur, un axe nord-sud est inauguré partiellement en 1958. Celui-ci, long de huit km emprunte les quais du Rhône côté presqu'île pour rejoindre le tracé de l'A7 au pont de la Mulatière. "Avec ses chaussées séparées, nous dit le Guide Bleu Bourgogne-Lyonnais 1965, ses promenades, ses passages à plusieurs niveaux ou trémies (celle du pont De-Lattre est unique en Europe) l'axe nord-sud est une remarquable réalisation destinée à assurer la traversée rapide et aisée de la ville"...

Entrée du tunnel de la Croix-Rousse (côté Rhône). Un gros chantier de réhabilitation a doté ce tunnel d'une galerie pour les piétons et pour les transports en commun. Photo: Marc Verney, avril 2008.

Le tunnel de Fourvière. Le tunnel autoroutier, en chantier depuis août 1967, sera inauguré le 8 décembre 1971. Largement financé par l'Etat, il sera également soutenu par le maire de Lyon, Louis Pradel, qui, redoutant le sort des habitants de Montélimar, ayant perdu de nombreux visiteurs en raison de l'autoroute de contournement (ventes de nougat en chute libre de 90%!!!), voulait faire en sorte que les touristes puissent profiter de leur passage à Lyon pour "acheter du saucisson et boire un coup"... Il faut se rappeler que l'époque était au "tout automobile" et que le président de l'époque, un certain Georges Pompidou, voulait "adapter" la ville à l'auto... Après l'abandon du contournement ouest de Lyon, Le projet initial, proposé par les ingénieurs se voulait ambitieux avec trois tubes de deux voies (le tube central pouvant indifféremment servir dans un sens ou dans l'autre en fonction des besoins). Dans le prolongement du tunnel, le centre d'échange de Perrache (voitures, bus, train et métro), élaboré par l'architecte René Gagès, verra le jour en 1976. Réalisant la jonction définitive entre l'A6 et l'A7, le lieu bouleversera totalement cette partie de la cité et suscitera de nombreux commentaires, souvent négatifs. A commencer par ceux des automobilistes de la fin du XXe siècle, qui, à chaque transhumance estivale, trouvent le temps bien long "sous Fourvière"...

Marc Verney, Sur ma route,septembre 2010


Continuer le voyage. Voici les liens vers les routes qui partent de Lyon...

R.N.6: LA ROUTE DES ALPES
Au sortir de Lyon, la route s'oriente plein est avec pour horizon, la fantastique chaîne des Alpes. Il faut 112 km de bitume pour rejoindre Chambéry... (lire)

R.N.7: VERS LA GRANDE BLEUE
Troisième partie de notre balade vers l'azur: la vallée du Rhône. Après Lyon, finie la grisaille du Nord. Balayé par le capricieux mistral, le sillon rhodanien nous précipite au pays des cigales (lire)

STRASBOURG PAR LA R.N.83
Voilà une route qui sillonne l'Est de la France à flanc de collines: Jura, Doubs, Vosges... On n'oubliera pas non plus les vignobles qui s'étalent de part et d'autre du bitume... Une route de gourmet? (lire)

R.N.84: GENEVE ET LE JURA
Suivez la route nationale 84, la route Genève-Lyon par Bellegarde, Nantua, Pont-d'Ain... Du Jura majeur au tonitruant Rhône... faites le plein d'émotions sur bitume!! (lire)

LE SUD PAR LA R.N.86
Il n'y a pas que la R.N.7 pour nous emmener au pays des cigales! Sur la rive droite du Rhône, la route n°86 part à la découverte de belles cités ensoleillées... (lire)
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