Ancienne borne kilométrique de la route nationale n°67. Celle-ci a été déplacée sur un parking (photo: MV, avril 2008).
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Documentation écrite utilisée: Atlas des grandes routes de France (Michelin, 1959), carte Dijon-Mulhouse n°66 (Michelin, 1967), guide Michelin Les belles routes de France de Paris à la Suisse (1954-55), Guide Bleu de la France automobile (Hachette, 1954), Guide Bleu Franche-Comté, Monts Jura (Hachette, 1961), guide Franche-Comté (éd. La Renaissance du livre, 1999), René Gast, La Franche-Comté (éd. Ouest-France, 2008), le Guide du routard Franche-Comté 2010-2011 (Hachette), Les routes du Jura (Hachette, 1930), Maurice Piquard, Jura, Franche-Comté, Belfort (Arthaud, 1973), ville de Gray, Wikipédia.
En sortant de Longeau, on tombe illico sur l'aigle impérial... La mémoire d'un ultime combat en 1814 (photo MV, avril 2010).
Détail d'une ancienne plaque bien rouillée de la R.N.67 à Percey (photo: MV, avril 2010).
Publicités sur une auberge du centre de Champlitte. Bons vins, bonne bière... on se modère sur la route! (photo: MV, avril 2010)
Mention de rues gravées à Champlitte. Notez le manque de place pour le E de la "rue Royale"... (photo: MV, avril 2010)
Villes et villages traversés par la N67 historique (1959), en italique, les anciennes RN principales croisées:
Langres (N19, N74)
Saint-Geosmes
(Vers) Bourg
Longeau-Percey (N74/D674)
Chassigny
Montvaudon
Piémont
Champlitte
Ecuelle
Oyrières
Chargey-lès-Gray
Arc-lès-Gray
Gray (N70)
Cresancey
Venère
Bonboillon
Tromarey
Cult
Marnay
(Vers) Ruffey-le-Château
Recologne
Audeux
Pouilley-les-Vignes
Besançon (N73, N83)
Un lien intéressant. Voici la page de la RN67 sur le site Wikisara (lire)
La nationale 67 faisait, en 1954, partie des itinéraires Paris-la Suisse répertoriés dans le guide-carte Michelin n°303.
Ancienne plaque Michelin très abimée à Marnay (photo: MV, avril 2008).
Borne de limites départementales après Marnay (photo: MV, avril 2008).


Les belles routes de France
R.N.67: ENTREE EN COMTE (II)
La deuxième partie de notre périple sur la RN67 historique nous fait aller de Longeau-Percey (au sud de Langres) jusqu'à Besançon, la fière capitale franc-comtoise. Le ruban de bitume s'allonge, s'ouvrant aux vastes étendues de la Haute-Saône, marquées pourtant, de-ci de-là, par de petites agglomérations au caractère affirmé: Champlitte, Gray, Marnay... On aura encore avancé de 89 kilomètres vers notre but.

Aux limites de la Haute-Marne et de la Haute-Saône (photo: Marc Verney, avril 2010). En cliquant sur l'image vous continuez la promenade sur la route nationale 67 historique!


A Longeau, la RN67 historique quitte vers la gauche la chaussée de Dijon (N74/D674), qui, elle, s'enfuit vers le sud, en direction de Prauthoy. Le carrefour, autrefois situé au coeur du bourg, a été déplacé à quelques mètres des maisons; voilà encore un moderne rond-point qui fait tourner les têtes et les voitures...

R.N.74: DE L'EAU DANS LE VIN...
En 1959, la route nationale 74 relie l'Allemagne à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) en passant notamment par Sarreguemines, Nancy, Langres, Dijon, Beaune... (lire)

Il faut donc suivre la D67 vers Champlitte. Tiens, d'ailleurs, regardez sur la gauche de la route, cette étonnante colonne surmontée d'un aigle impérial... Bien évidemment, il va être ici question de Napoléon Ier!! C'est ici, en effet qu'une unité de la Garde Impériale repousse une colonne autrichienne en 1814. Le monument date de 1845; l'aigle est un peu plus récent: 2006... On entre en Franche-Comté (Haute-Saône) quelques kilomètres après Chassigny. Après Montvaudon, la hameau de Piémont laisse une drôle d'impression: ce devait être un ancien relais, mais tout est plutôt décati...

Voici maintenant Champlitte, beau bourg de pierre blanche, perché en balcon sur la vallée du Salon. C'était une étape importante lorsque cet itinéraire reliait la Lombardie (nord de l'Italie) aux foires champenoises. Aujourd'hui, le bourg semble un peu assoupi... mais une petite balade autour de son château et dans ses minuscules ruelles s'impose avant de relancer les mécaniques vers le Jura!! Une étrange histoire: entre 1833 et 1880, des centaines d'habitants de Champlitte émigrent vers le Mexique. Un départ provoqué par le recul brutal de la production de vin chanitois, de plus en plus concurrencé par les productions du sud de la France.

Le château de Champlitte. Photo: Marc Verney, avril 2010.

A VOIR, A FAIRE

Le château Renaissance (construit de 1570 à 1577), oeuvre de la puissante famille des Vergy; l'un d'eux, François de Vergy est d'ailleurs gouverneur de la Comté. Incendié en 1751, il ne subsiste de cet édifice que la façade. Le restant date du XVIIIe. Le musée départemental, dans le château, mérite aussi le détour; fondé en 1957 par un passionné de la ville, Albert Demard, il évoque avec brio la vie locale. Pas mal aussi, le musée des Arts et des Techniques, rue des Lavières. Chaque année, en janvier, Champlitte fête son vignoble renaissant: 30 ha de vignes sont replantés en pinot noir et gris, en chardonnay et gamay.

Après le village d'Ecuelle, le bourg d'Oyrières recèle deux jolis lavoirs situés le long de la route principale. Puis, après Chargey-lès-Gray (le bourg est dévié par une magnifique route de contournement) la RN67 historique descend lentement en direction de la vallée de la Saône. Peu avant Gray, voilà Arc, un faubourg industrieux et quelque peu interminable qui s'étale de part et d'autre de la chaussée.

Gray s'installe de part et d'autre de la Saône. Son histoire est mouvementée, rythmée par les conflits. Si la ville et ses remparts sont détruits par Louis XI en 1479, le siècle suivant est un véritable âge d'or pour la ville, grâce notamment au dynamisme du commerce fluvial. Plus tard, l'annexion de la Franche-Comté au royaume de France est un mauvais coup pour Gray. Cependant, peut-on lire sur le site de la ville, l'essor économique reprend aux XVIIIe et XIXe siècles avec "l'aménagement des quais de Saône, l'organisation du centre ferroviaire, le développement des quartiers du bas de la ville avec la construction de chais, d'entrepôts à grain et de moulins".

Un peu en amont de Gray, cette vieille plaque très rouillée de la R.N.67 se trouve sur une maison de Percey. Photo: Marc Verney, avril 2010.

A VOIR, A FAIRE

Chef d'oeuvre de la Renaissance, l'hôtel de ville et sa façade: érigée de 1567 à 1572, longue d’environ 37 m, elle comporte deux travées rythmées par des colonnes corinthiennes et composites superposées en marbre rouge de Sampans (Jura), au milieu de celle-ci, le blason de la cité; la basilique Notre-Dame, à l'architecture mixte, bourguignonne et comtoise. Là aussi, la chaire est en pierre de Sampans; le musée Baron-Martin, installé dans le château de Gray, ancienne propriété des ducs de Bourgogne. On peut se procurer à l'office du tourime un petit dépliant bien instructif sur les promenades à faire au coeur de la vieille ville (vieilles maisons, hôtel-Dieu, hôtels particuliers).

Au sortir de Gray (également traversée par l'ancienne N70 et d'où jaillissent les N474 et 475 historiques), il faut suivre la direction de Besançon. Là encore, après Cresancey et Venère, le tracé de 1959 a été profondément modifié par de nombreuses rectifications, à Bonboillon, Cult ou Marnay. Cette dernière petite cité, installée aux portes du Doubs, a gardé quelques charmants souvenirs de son riche passé. C'est que son pont sur l'Ognon avait une forte valeur stratégique. Tout comme Champlitte, Marnay était situé sur la route de commerce entre l'Italie et la Champagne. Du coup, le passage a été fortifié très tôt et surveillé par un château. Celui-ci fut même reconstruit pour l'usage du chambellan de Charles Quint.

A la sortie de Marnay, en direction de Besançon. Photo: Marc Verney, avril 2008.

Nous voilà donc dans le Doubs. Le village de Recologne est, lui aussi contourné par une route moderne qui file juste après en direction de l'autoroute A 36 La Comtoise. Il ne faut pas "se laisser avoir", la RN67 historique, désormais nommée D70 entre dans le village de Audeux et arrive dans Besançon après avoir passé Pouilley-les-Vignes.

La ville de Besançon est une étape majeure de notre promenade. Capitale régionale, c'est une cité à l'histoire millénaire, dont le centre ancien est enserré dans une somptueuse boucle du Doubs que César admirait et disait "tracée au cordeau".

Un brève histoire... Vesontio, la capitale des Séquanes, fut une magnifique ville gallo-romaine, mais hélas, pillée et détruite plusieurs fois entre le IVe et le Xe siècle. La renaissance arrive avec Hugues de Salins, qui, en 1031, nommé évêque de Besançon, relève la cité de ses cendres. Dès le XIIe siècle, les Bisontins cherchent à obtenir plus d'autonomie: la ville libre impériale ne dépend que de très loin du Saint Empire.

Le XVIe siècle est une époque glorieuse pour Besançon. Grâce à la famille Granvelle, très influente auprès de Charles-Quint puis de Philippe II, la ville connaît la prospérité. En 1649, l'Espagne prend possession de Besançon. Mais Louis XIV s'en empare en 1668, puis rend la cité aux Espagnols avec le curieux traité d'Aix-la-Chapelle... pour finalement la conquérir à nouveau en 1674 après un siège de 27 jours. La ville des bords du Doubs devient capitale franc-comtoise et ravit à Dole le Parlement en 1676 et l'université en 1691. En 1793, plusieurs dizaines de compagnons suisses fuyant des persécutions politiques, s'installent à Besançon: c'est le début de l'industrie horlogère dans la cité; une tâche qui emploiera jusqu'à 9000 ouvriers en 1950.

Fortifiée par Vauban, Besançon résiste aux colonnes autrichiennes en 1814-15. En septembre 1944, les Allemands, en se retirant, font sauter les ponts sur le Doubs. En terme de communications, Besançon a longtemps été un peu à l'écart des chemins modernes, comme le train: ainsi, jusqu'en en 1856, pour rejoindre Paris, les Bisontins doivent aller à Dijon en diligence. Là, nous indique l'ouvrage Jura, Franche-Comté, Belfort de Maurice Piquard (Arthaud), "la diligence était hissée sur une plate-forme et ses occupants y reprenant place, le train s'ébranlait enfin en direction de Paris".

A VOIR, A FAIRE

On conseille au voyageur une halte de deux jours au minimum pour correctement appréhender l'essentiel de Besançon. Dans l'axe du pont de Battant (aux origines romaines), voilà la Grande-Rue, l'ancienne voie romaine qui traversait Vesontio et ses hôtels particuliers (XVIe, XVIIe siècles); le palais Granvelle, imposante façade Renaissance (XVIe siècle), il abrite aussi le musée du Temps; la cathédrale Saint-Jean et le quartier alentours; la Porte Noire, un arc de triomphe datant du IIe siècle, un des derniers vestiges visibles de l'époque gallo-romaine; le musée des Beaux-Arts et d'Archéologie, une des plus anciennes collections publiques de tableaux en France; la Citadelle et le musée Comtois.

Il reste à parcourir 59 km pour atteindre Pontarlier. La RN67 historique s'extrait de Besançon (où elle croise N73 et N83) par le Faubourg-Rivotte, au pied de la Citadelle. La route longe le Doubs puis escalade les collines en direction de Morre (lacets et court tunnel -la percée du Trou au Loup) pour prendre la direction d'Ornans.

L'organisation contemporaine du lieu (2011) est totalement différente de celle de 1959: la route principale est désormais numérotée N57 et file vers Pontarlier par Mamirolle, Etalans, Nods. L'automobiliste qui veut conserver le trajet original de la N67 doit obliquer vers Ornans (D67). (à suivre)

STRASBOURG, LYON, PAR LA R.N.83
La N67 croise la N83 à Besançon. Voilà une route qui sillonne l'Est de la France à flanc de collines: Jura, Doubs, Vosges... Une route de vacances? (voir)

R.N.73: DE BALE A MOULINS
La route nationale 73 de 1959 relie Bâle en Suisse à Moulins dans l'Allier. C'est l'une des plus singulières transversales qui soient. Mais pas des moins bucoliques... (lire)

Marc Verney, Sur ma route, janvier 2011

Continuer la promenade sur la R.N.67 en direction d'Ornans et de Pontarlier (clic!)
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