Cette jolie borne de la R.N.71 historique ne se trouve plus sur le chemin Troyes-Dijon, mais à la sortie de Messigny en allant sur Dijon (photo: MV, avril 2016).
Entrée de Polisot. Au niveau de Bar-sur-Seine, on entre dans le domaine des champagnes de l'Aube et notamment du vignoble de la Côte des Bar (photo: MV, juillet 2009).
Sources et documents: Atlas des grandes routes de France, Michelin (1959); carte n°61 Paris-Chaumont, Michelin (1941); carte n°65 Auxerre-Dijon, Michelin (1939, 1949, 1955); Eglise et vie chrétienne dans le diocèse de Troyes du IVe au IXe siècle, Isabelle Crété-Protin, Septentrion (2002); Etudes sur la topographie dijonnaise, Roger Gauchat, recueil d'articles publiés dans les Mémoires de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or (1940-1969); Guide Bleu Bourgogne-Lyonnais, Hachette (1965); Guide classique du voyageur de France et en Belgique, par Richard, ingénieur-géographe, Jean-Marie-Vincent Audin, libraire (1834); Guide de Paris à la Suisse, Michelin n°303 (1954-55); Histoire de la ville et de l'ancien comté de Bar-sur-Seine (volume 1), Lucien Coutant, librairie Doussot (1854); Itinéraire complet de la France (T2), Louette, impr. de Cailleau (1790); La Seine et ses bords, Charles Nodier, publié par M. A. Mure de Pelanne (1836); L’histoire de Châtillon, Gustave Lapérouse, C. Cornillac (1837); Situation des travaux au 31 décembre 1842, administration générale des ponts et chaussées et des mines, imprimerie royale (1843); Tableau statistique du département de l'Aube, par le citoyen Bruslé, imprimerie des Sourds-Muets (An X, 1801); Voies romaines du département de la Côte-d'Or et répertoire archéologique des arrondissements de Dijon et de Beaune, par Paul Foisset et Jules Simonnet, éd. Lamarche (1872); aube-champagne.com; axelkahn.fr; chatillon-mairie.fr; culture.gouv.fr; echodescommunes.fr; hauteville-les-dijon.fr; jschweitzer.fr; mairie-saint-marc-sur-seine.fr; onf.fr; ot-barsurseine.fr; pays-chatillonnais.fr; petit-patrimoine.com; projetbabel.org; Wikipédia, Wikisara. Remerciements: le Géoportail de l’IGN, CartoMundi.
A Vix, juste à côté de Châtillon-sur-Seine, les archéologues ont découvert dans la sépulture d'une princesse celte un fabuleux vase de bronze sans doute sorti d’un atelier corinthien grec d’Italie du Sud vers 525 av. J.-C. Une preuve de la vigueur des échanges commerciaux en Europe dès cette époque. (photo: MV, juillet 2009).

Villes et villages traversés par la R.N.71 (1959):
Troyes
(N19, N60, N77)
Bréviandes
Maisons-Blanches
La Vacherie-Clerey
Saint-Parres-les-V.
Fouchères
Virey
Bar-sur-Seine
Buxeuil
Neuville-sur-Seine
Gyé
Courteron
Mussy-sur-Seine
Gommeville
Charrey
Villers-Patras
Obtrée
Montliot
Châtillon-sur-S. (N65, N80)
Buncey
Chamesson
Nod-sur-Seine
Aisey-sur-Seine
Brémur-et-Vaurois
Saint-Marc-sur-Seine
Meursauge
Laperrière
Courceau
Chanceaux
Saint-Seine-l'Abbaye
Cestres
La Casquette
Val-Suzon
Darois
Talant
Dijon (N5, N70, N74, N396)

Ancien panneau Michelin de la N71 situé à Neuville-sur-Seine (photo: MV, oct. 2006).

A VOIR, A FAIRE

Troyes: la ville est un but de visite à elle toute seule. Tout le centre historique (XVIe siècle) mérite le détour. Nombreuses et bien restaurées maisons à pans de bois. Mais aussi le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, la Maison de l’Outil et de la Pensée ouvrière, le musée d’Art moderne, la Cité du Vitrail, les musées de Vauluisant (art champenois et histoire de la bonneterie), la cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul, la basilique Saint-Urbain, l’église Sainte-Madeleine…
Bar-sur-Seine: maisons à pans de bois, nombreuses promenades alentours, vignoble de champagne. A 12 km à l’est, par la D67, Essoyes, patrie du peintre Renoir.
De Polisot à Courteron: les petits villages vignerons de l’Aube (champagne). Non loin, le village des Riceys (vin rosé).
Mussy-sur-Seine: La collégiale Saint-Pierre, la maison du chanoine, le grenier à sel, la tour du boulevard, le musée de la Résistance.
Châtillon-sur-Seine: Il existe une «route du Crémant» autour de Châtillon. Longue de 120 km, elle relie les villages vignerons des environs qui produisent un bon crémant à base de chardonnay ou de pinot noir (Dans l'Aube voisine, les vignerons bénéficient de l'appellation champagne). Principale curiosité de la cité, le trésor de Vix, découvert dans une sépulture féminine au pied du mont Lassois (un ensemble de bijoux et un magnifique vase grec en provenance d'Italie méridionale -VIe siècle av. JC). A visiter aussi, l'église Saint-Vorles (XIe siècle), le site naturel de la Douix, une importante résurgence vauclusienne qui redonne de la vigueur à la Seine. Et, au sud-est, les 9000 ha de la très belle forêt de Châtillon (promenades).
De Buncey à Saint-Marc-sur-Seine: la vallée de la Seine et ses petits villages (patrimoine industriel et anciennes demeures).
Baigneux-les-Juifs: maisons anciennes. Au sud-ouest, par l’ancienne R.N.454, le château de Bussy-Rabutin. Au nord-est, Etalente, et la jolie source de la Coquille (pique-nique aux beaux jours).
Chanceaux: les sources de la Seine (et celles de l’Ignon, de l’autre côté de l’ancienne R.N.71.
Saint-Seine-l’Abbaye: le vieux village et l’église gothique avec son portail du XVe siècle. A Champagny, l’école-musée du village.
Val-Suzon: les multiples promenades le long du Suzon. Le sentier G.R.2 qui suit la Seine jusqu’à Paris et au-delà y prend sa source…
Dijon: comme Troyes, une étape majeure sur nos balades routières… le Palais des ducs de Bourgogne, dont la tour Philippe-le-Bon, construite entre 1450 et 1455 domine un ensemble de bâtiments qui ne datent pas tous des grands ducs d'Occident mais qui enferment le musée des Beaux-arts, d'une grande richesse; l'hôtel de Voguë, exemple superbe d'un bâtiment Renaissance italienne à Dijon; le Palais des Etats et la place de la Libération (ancienne place Royale); la cathédrale Saint-Bénigne et sa crypte du XIe siècle; l'église Notre-Dame (XIIe siècle), ses gargouilles et son Jacquemart, horloge mécanique datant de 1383 ramené par Philippe le Bon de Courtrai; la rue Verrerie et la rue de la Chouette: quartier médiéval avec maisons à pans de bois (n'oubliez pas de faire un voeu en touchant la chouette!); l'ancien Parlement de Bourgogne; le beau musée Archéologique de Dijon, abrité dans un ancien dortoir d'une abbaye bénédictine et ses salles consacrées à la déesse Sequana (la Seine); on y trouve également une borne milliaire et des pyramidons; la rue Berbisey et tous ses hôtels particuliers; les jardins Darcy et de l'Arquebuse; le parc de la Colombière où l'on peut encore voir les restes de la voie romaine Lyon-Trèves, le puit de Moïse, dernier vestige de la chartreuse de Champmol, la nécropole des ducs de Bourgogne...

Plaque de cocher à Chamesson (photo: MV, oct. 2006).
Ancien panneau Michelin de la N71 (désormais D971 en Côte d'Or)) installé jusqu'en 2006 dans la petite localite d'Aisey-sur-Seine. Il a depuis été déposé (photo: MV, avril 2006).
Plaque Michelin non loin de Saint-Seine-l'Abbaye. La région n'en manque pas (photo: MV, juillet 2009).

Etat des routes de l’Aube au début du XIXe siècle: «Si, dans l'origine on avait fait des encaissements solides et suivant les principes de l'art, les routes entretenues avec soin seraient bonnes. Mais les encaissements n'ont jamais été faits; il en résulte que les matériaux ne trouvant pas, dans le terrain, de résistance, s'enfoncent. (...) le milieu de la route, au lieu de s'élever, est toujours plus bas que les côtés, les eaux alors y séjournent, et contribuent à la dégradation des ouvrages... En vain on les surcharge de matériaux, après deux mois de pluie elles sont impraticables. (...) Il serait donc indispensable de paver tous les fonds qui reçoivent les eaux des collines»... Tableau statistique du département de l'Aube, par le citoyen Bruslé, imprimerie des Sourds-Muets (An X, 1801)

La route n°71, vue par Victor Hugo: «Val-Suzon -charmant et sauvage- rappelle le Jura. Plateau de Langres, grande plaine nue. Saint-Seine, joli bourg entre deux collines vertes. Eglise du quinzième siècle avec abside carrée à rosace, chose rare. Deux lieues plus loin, on traverse un autre village au bas d'une vallée. Ce village s'appelle Coursault. Une assez grande maison délabrée, posée en travers au fond d'un ravin, borde la route. Sous cette maison est percée une chétive arche de pierre qui livre passage à un petit ruisseau. Ce ruisseau, c'est la Seine. Elle prend sa source à un quart de lieue de là dans la colline. A Coursault, elle rencontre son premier pont, cette arche sous cette masure. Les enfants l'enjambent. Un buisson la cache. A peine distingue-t-on, entre deux pentes vertes, dans l'ombre de trois ou quatre peupliers, ce maigre filet d'eau qui aura deux lieues de large à Quilleboeuf».

Charmantes teintes d'automne vers Saint-Seine-l'Abbaye (photo: MV, oct. 2006).
Anciens panneaux à Val-Suzon (photo: MV, nov. 2011).
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Les belles routes de France
R.N.71: LA SEINE SUR UN PLATEAU
En 1959, la route nationale 71 relie Troyes (Aube) à Dijon (Côte d'Or). Au passage, la voie dessert les localités de Bar-sur-Seine, Châtillon-sur-Seine et Saint-Seine-l'Abbaye... Soit près de 150 kilomètres effectués en majeure partie le long du fleuve Seine. La R.N.71 historique est désormais déclassée en D671 dans l’Aube et en D971 en Côte-d’Or. Cette chaussée, nous signale Wikisara, a fait partie un temps du grand itinéraire n°5, notre chère «route blanche»… En effet, elle s'est embranchée –vers Courceau au lieu-dit Le Guidon- jusqu’au milieu du XIXe siècle sur la route n°5, de Paris à Genève qui arrivait à l’époque par l’ouest (actuelles D19 et D6). Ce tronçon, de Saint-Seine-l’Abbaye à Dijon fut attribué par la suite à la R.N.71 par une ordonnance royale du 15 février 1845 lorsque la R.N.5 emprunta son nouveau tracé via Sombernon et la vallée de l’Ouche... Voici notre promenade le long d'un axe encore riche en ancien patrimoine routier...

La nationale 71 historique au niveau du hameau de Laperrière (photo: Marc Verney, novembre 2011). En cliquant sur l'image vous arrivez à Dijon.

On quitte la ville de Troyes par l’avenue Pierre-Brossolette, la rue du Faubourg-Croncels et le boulevard de Dijon. Ce sont des chaussées qui existent déjà peu ou prou sur la carte de Cassini du XVIIIe siècle publié par le site Géoportail de l’IGN. La route de Paris à Dijon, par Troyes, Bar-sur-Seine, Mussy-l'Evêque et Châtillon est d'ailleurs considérée par le Tableau statistique du département de l'Aube de 1801 comme «achevée et praticable».

R.N.19: PAR ICI L'HELVETIE!
En 1959, il faut parcourir 490 kilomètre pour joindre Paris à Bâle, en Suisse, en passant par Troyes, Chaumont, Langres, Belfort et Saint-Louis, non loin de Mulhouse... (lire)

R.N.60: LES VOIES DE JEANNE...
Entre Orléans et Toul via les belles cités de Sens et Troyes, voici une route qui vit au rythme de la grande histoire de France... Jeanne d'Arc, nous voilà!! (lire)

R.N.77: AUBE SUR LOIRE...
La route nationale Sedan-Nevers traverse une grande partie de l'est de la France. Ardennes, Champagne, Bourgogne... Un trio de régions pour une superbe promenade! (lire)

Erigée dans les temps anciens à cette sortie de la cité champenoise, la porte de Croncels, nous raconte le site Troyes, d'hier à aujourd'hui (jschweitzer.fr) «est la plus ancienne (de la cité, NDLR). Elle est désignée dans une charte, dès 1157, sous le nom de Cronciaulx». Son nom provient du village de Croncels, qui a, depuis, formé le faubourg du même nom. Plus tard, au XIVe siècle, on l’appellera porte du Saint-Esprit (à cause de la proximité d’un hôpital ainsi nommé) puis porte de Bourgogne. Vers l’extérieur, son fossé est baigné par les eaux de la Seine, on y trouve un pont-levis et un ouvrage pour les piétons. Détruite par un incendie au XVIe siècle, elle est rebâtie peu de temps après. Toujours selon le site Troyes, d’hier à aujourd’hui, l’une des fameuses foires de Troyes, la foire du Clos, fondée en 1157, par le comte de Champagne Henri 1er, se tient au faubourg Croncels durant 15 jours en janvier-février de chaque année. Par ailleurs, une bonne partie de l'industrie drapière troyenne se situe jusqu’au XIXe siècle sur le canal des Trévois dans le bourg de Croncels. La chaussée se poursuit en ligne droite jusqu’à Bréviandes. Là, l’avenue du Général-Leclerc «saute» la voie ferrée de Saint-Florentin (mise en service en 1891 et fermée en 1996). On poursuit par la D444 jusqu’au hameau des Maisons-Blanches, dans la commune de Buchères. Là, le 24 août 1944, en représailles à la destruction la veille d'un véhicule allemand par des résistants, des soldats SS massacrent 68 civils, dont plusieurs enfants (monument). Face au château de Villebertin, la route se divise: à droite on part sur Chaource (ancienne R.N.444) et à gauche, voilà la route de Maisons-Blanche qui suit l’ancien itinéraire de la R.N.71 historique. C’est à ce niveau que la voie traverse le tracé du canal de la Haute-Seine, initié en 1862 et dont le chantier s’arrêtera, faute de crédits, en 1881 (projetbabel.org). La partie inachevée entre Troyes et Bar-sur-Seine sera d’ailleurs ironiquement nommée «canal sans eau»... Au niveau de l’actuel péage de l’autoroute A5, on remarque d’ailleurs sur l’actuelle carte topographique de l’IGN (Géoportail) un lieu nommé «ancienne écluse des Marots».

Après Troyes, en direction de Dijon, sur l'ancien tracé de la N71, ce vieux panneau Michelin était encore en parfait état il y a huit ans (photo: Marc Verney, juillet 2009).

La route (D671) part en ligne droite en direction de Bar-sur-Seine, longeant le tracé du canal inachevé. Nous voici, lit-on sur la carte de Cassini (XVIIIe) publiée par l’IGN, sur la «grande route de Bourgogne». La Situation des travaux de décembre 1842 signale des travaux à réaliser sur la route n°71 entre le pont de Sarce (vers Virey) et la sortie de Saint-Parres-lès-Vaudes. A Fouchères, la route longe au plus près la Seine. Ici, on signale sur les cartes IGN, un peu au sud du tracé de la R.N.71 (lieu-dit les Grévottes), les traces d’une «voie romaine». Il s’agirait des restes d’une voie d’Autun à Troyes selon l’ouvrage Eglise et vie chrétienne dans le diocèse de Troyes du IVe au IXe siècle. Au niveau de l’actuelle halte de Seine-Champagne, le «canal sans eau» remonte vers le nord, passant sous la route. Il en reste ici la mention de la maison éclusière Morte-Vieille. Et voilà, au sud de l’Enclos de Virey-sous-Bar, le pont de Sarce dont il a été question plus haut. Il nous reste 6 km à parcourir avant d’atteindre Bar-sur-Seine. Installée sur un axe de communication millénaire entre Nord et Sud, la cité, d’abord soumise aux comtes de Bar, passe aux comtes de Champagne, puis dans le domaine royal. Ensuite, nous indique le site ot-barsurseine.fr, «le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, se l’approprie en 1424». Ville fortifiée dès le IXe siècle, Bar-sur-Seine est moult fois convoitée, du XIIIe au XVIe siècle… Son château était considéré comme le plus important de la région. Il a pourtant été détruit par les habitants à la fin du XVIe. Ce siècle, pourtant marqué par les conflits religieux verra la cité se développer (maisons à pan de bois). A la fin du XVIIe siècle, apprend-on dans l'Histoire de la ville et de l'ancien comté de Bar-sur-Seine, «la route de Bar à Dijon était en si mauvais état que les voituriers préféraient passer dans les champs!» Après être entrés dans Bar par le faubourg de Troyes, nous quittons la cité par le faubourg de Châtillon. Le contournement du centre-ville par la R.N.71 historique est visible sur la carte routière de 1958 publiée par CartoMundi. Un peu plus loin, notre chaussée traverse la Seine au hameau de Villeneuve, à côté de Merrey-sur-Arce. Un pont semble y être en place en 1790 (Itinéraire complet de la France). Au confluent de la Seine et de l’Ource se trouvait une vaste papeterie, déjà visible sur la carte de Cassini du XVIIIe siècle publiée par l’IGN.

A Bar-sur-Seine, la route contourne le centre ancien (photo: Marc Verney, octobre 2006).

Au sud de Merrey, l’ancienne chaussée se rapproche de Polisot. C’est «le commencement du vallon de la Seine» signale l’Itinéraire complet de la France de 1790. Nous voici «entre les côtes de roches et de vignes»… Les lieux sont en effet dédiés à Bacchus…et plus particulièrement au champagne qui trouve ici, sur la côte des Bar, l’une de ses terres d’élection. En 1959, notre route met le cap sur Buxeuil, Neuville-sur-Seine, Gyé-sur-Seine et Courteron (D971); nous laissons de côté la moderne déviation qui s’allonge sur la rive gauche du fleuve. Quarante-huit ans plus tôt, le village de Buxeuil, nous dit Wikipédia, vécut la révolte des vignerons qui permit aux vignobles locaux de recevoir l'appellation champagne. On retrouve la D671 peu avant la Gloire-Dieu, un vaste corps de ferme fortifié du XVIe siècle situé sur la rive gauche de la Seine. La route de Troyes à Dijon entre désormais dans Mussy-sur-Seine. Le village, ancienne résidence d’été des évêques de Langres jusqu’en 1791, était fortement défendu: seize tours dominaient d'épais remparts... La raison: Mussy-sur-Seine regroupait sous l'Ancien Régime les sommes recouvrées par la gabelle de 50 paroisses alentours, nous dit aube-champagne.com...

A Mussy-sur-Seine, il reste de nombreuses traces du passé routier du bourg, entouré par une boucle de la Seine. (photo: Marc Verney, juillet 2009).
Voilà une plaque Michelin de la Seine en bon état. Celle-ci se remarque à la sortie sud de Mussy-sur-Seine. Il y a la même à l'entrée nord puisque le gros village est entièrement entouré par une boucle du fleuve. Date de fabrication des plaques: 1961 (photo: Marc Verney, juillet 2009).

En 1959, la R.N.71 passe au travers du village (rue Gambetta) et franchit deux fois la Seine. Aux portes de la Champagne, à quelques encablures de la Bourgogne, Mussy-sur-Seine «a été un enjeu majeur des rivalités de la guerre de Cent Ans, entre les royaumes de France et d’Angleterre, les rois de France et les Bourguignons, les Orléans et les Armagnacs», écrit le chercheur Axel Kahn, originaire de Mussy, sur son site (axelkahn.fr). Plus tard, le bourg développera des activités industrielles qui attireront durant les Trente Glorieuses les travailleurs de toute la région (bois, literie, agroalimentaire, métallurgie fine...). On longe donc peu après la borne de limites départementales entre l’Aube et la Côte-d’Or… Gommeville est le premier village bourguignon traversé par la désormais D971. Et, tout d’un coup, on ne parle plus de champagne… mais de crémant!!!

Peu après Mussy, la route entre en Côte d'Or. C'est la limite de l'appellation "champagne" et l'on voit désormais fleurir sur les panneaux de publicité le mot "crémant" (photo: Marc Verney, juillet 2009).

Environ 2,5 km plus loin, voilà Charrey-sur-Seine, où notre R.N.71 historique traverse le village par la Grand-Rue. Le tracé de la chaussée, identique ici à celui des XVIIIe et XIXe siècles, passe par Villers-Patras, puis Obtrée et Montliot. Après avoir coupé les voies de chemin de fer, on entre dans Châtillon-sur-Seine par l’avenue de la Gare (logique!). Sauf… qu’il n’y a plus de transport de voyageurs (il faut prendre le bus…). Capitale d'une petite région appelée sous l'Ancien Régime «pays de la Montagne», Châtillon est traversée par la jeune Seine qui y développe une belle percée orientée Nord-Sud en direction de Troyes alors que des plaines permettent les échanges Est-Ouest. La voie venant du nord, c'est la route de l'étain qui a emprunté la vallée de la Seine dès l'Antiquité... elle se divisait en deux à la hauteur de Châtillon: par un antique chemin celtique qui se dirigeait vers Bibracte et par la «route des Romiers», un passage vers l'Italie, déjà signalé au XIIIe siècle par un religieux voyageur (et chroniqueur) anglais. Celui-ci prenait la direction de Chanceaux (notre ancienne R.N.71) et menait par la suite aux cols du Jura et des Alpes. Avec l'autorisation de l'évêque de Langres, la cité «se dote à partir de 1168 de deux systèmes de fortifications: une au nord pour le quartier de Chaumont, l'autre au sud pour le quartier du Bourg», indique le site culture.gouv.fr , cité par Wikipédia. On découvre encore que ces deux enceintes, appartenant pour l’une aux Bourguignons (Chaumont), et l’autre (le Bourg) appartenant à l’évêque de Langres vont perdurer pendant tout le Moyen Âge. Ce n'est qu'à partir de 1586, qu'un nouveau quartier, dit de la rue des Ponts, et reliant Bourg à Chaumont, élève ses propres remparts entre les deux bras de la Seine. Le XVIe siècle ouvre la ville à l'industrie sidérurgique (on compte douze forges en 1550). Et plus de 20 000 voitures chargées de minerai circulent sur des chemins encore bien difficiles. Il faut noter qu’un Châtillonnais, le maréchal Marmont, est à l’origine d’une belle aventure sidérurgique à partir de son usine de Sainte-Colombe. Celle-ci, après la fusion avec les hauts-fourneaux de la vallée de la Chiers (voir R.N.18 historique), rejoindra le groupe Usinor en 1979. Deux faits limitent cependant le développement de Châtillon: le projet avorté du canal de la Haute-Seine jusqu'à Troyes et l'échec du projet de passage par le châtillonnais de la ligne ferroviaire Paris-Lyon en 1840... On passe une première fois le fleuve sur le pont de l’Abbaye, bâti en 1763 (Voies romaines du département de la Côte-d'Or). L’entrée dans la ville se faisait, depuis 1767, par l’actuelle rue Courcelles-Prévoires, un nouveau chemin tracé autour d'un projet de porte de ville (la porte de Paris) établi par Pierre-Joseph Antoine, sous-ingénieur des ponts et chaussées de la province de Bourgogne. Aujourd’hui, et depuis le XIXe siècle, la R.N.71 suit la rue de la Libération et aboutit à la place Marmont, décorée par une fontaine achetée à la ville de Dijon en 1878. «Le centre de l’agglomération, incendié en 1940, a été, nous dit en 1965 le Guide Bleu Bourgogne-Lyonnais, reconstruit dans un style très homogène».

A Châtillon-sur-Seine, le fleuve s'enrichit fortement avec la source de la Douix (photo: Marc Verney, octobre 2006).

R.N.80: UN TRAVAIL DE (GALLO) ROMAINS!
Entre Châtillon-sur-Seine et Cluny, la route n°80 rencontre de belles cités de caractère et zigzague au milieu de paysages nobles et sereins marqués par la patine du temps... (lire)

En 1959, la route n°71 achève sa traversée de Châtillon en traversant la place de la Résistance, en franchissant encore une fois la Seine, la place Joffre (où l’on croise aussi la R.N.80 historique) puis en empruntant l’avenue Edouard-Herriot. On passe ici juste à côté de la rue du Congrès. C'est en effet ici en 1814, relate le site municipal, chatillon-mairie.fr, que les coalisés tiennent le congrès où se discuta et s’amorça la fin de l’époque napoléonienne. Le lieu existe encore à quelques pas du monument rappelant le séjour du Général Joffre pendant la bataille de la Marne, un siècle plus tard. Quelle histoire... Auparavant (jusqu’au XVIIe siècle vraisemblablement) l’ancienne route de Dijon sortait de Châtillon par la rue du Bourg-à-Mont pour aller jusque vers la ferme de Bellevue. On trouve actuellement sur ce plateau l’aérodrome de la cité, créé en 1913 et utilisé par l’American Flying Corps en 1918 (Wikipédia). Après 4,5 km, nous entrons dans Buncey où l'on a retrouvé les restes d'une très importante villa romaine. Charles Nodier nous dit, ici, dans l'ouvrage La Seine et ses bords (1836), que le jeune fleuve «baigne Buncey où se distingue la jolie maison de campagne d'un ancien banquier de Châtillon et vient alimenter de ses eaux la magnifique papeterie de M. Humbert. C'est au dessous de cette usine que la Seine se divisant en plusieurs bras et coulant dans un terrain spongieux, laisse en été son lit presque à sec, et finirait par tarir entièrement, si la Douix, au sortir de Châtillon ne venait la rafraîchir et la vivifier». La carte topographique IGN publiée par le Géoportail montre une «route des romains» coupant les méandres de la Seine à flanc de coteau de Buncey jusqu’à Nod-sur-Seine. Cet itinéraire est encore emprunté au XVIIIe et XIXe bien avancé puisque c’est celui que l’on voit sur les cartes de Cassini et d’état-major publiées par l’IGN. Il n’y a, encore à ces époques, que des chemins pour desservir Chamesson et ses industries (carrières, forges, pointeries et tréfileries). Puis la D971 se rend à Nod-sur-Seine. Non seulement on trouvait là aussi des carrières et des forges, mais également une fabrique de céramiques (Wikipédia). Un heureux épisode de la Seconde Guerre mondiale s’y déroule: la jonction, le 12 septembre 1944, entre la 1ère armée française (1ère DFL), débarquée en Provence, et la division Leclerc (2e DB), débarquée en Normandie avec l'opération Overlord. Un petit monument et l’exposition de quelques véhicules militaires d’époque y matérialisent cette rencontre.

Plaque de cocher vers Aisey-sur-Seine (photo: Marc Verney, novembre 2011).

La voie se dirige alors vers Aisey-sur-Seine (appelé autrefois Aisey-le-Duc), distant de seulement deux kilomètres. Au XIVe siècle, le village est le siège d'une seigneurie avec château ducal fortifié. Les maisons du bourg sont alors entourées de murailles percées de trois portes. Le vieux pont à deux arches qui franchit la Seine, construit au XVIIe et amélioré au XIXe siècle, porterait le nom de «pont des Troubles» en mémoire des heurts qui se sont déroulés ici dans les temps anciens entre compagnies anglaises de passage et populations locales (echodescommunes.fr). Aisey-sur-Seine est, avec Châtillon, Ampilly, Chanceaux, Saint-Seine et Val-Suzon, l’un des relais de cette portion de la chaussée Troyes–Dijon. «Cette route traversait ainsi le gros du bourg où les voitures de poste et les diligences pouvaient relayer» (pays-chatillonnais.fr). Plus au sud encore, voilà Bremur-et-Vaurois (un bourg et un hameau). Le site mérite une halte: au confluent de la Seine et du Brevon, église, maisons et château de Rocheprise dominent la petite vallée, perdus dans la végétation luxuriante. A Saint-Marc-sur-Seine, l'ancienne nationale s'éloigne quelque peu des rives de la Seine pour «monter» sur le plateau du Duesmois, prolongement du plateau de Langres. Le village «est mentionné pour la première fois en 992 sous la forme Sanctus Medadus», écrit le site mairie-saint-marc-sur-seine.fr. Ici encore, poursuit le site municipal, «la Seine, qui n'est pourtant qu'une petite rivière, permettait de mouvoir deux moulins et une forge importante située au hameau de Chenecières». De Saint-Marc, l’ancienne chaussée de l’Ancien Régime a très bien pu emprunter le chemin de la Bergerie pour rejoindre en ligne droite le hameau de Toutifaut puis la route de Dijon en contrebas de Meursauge.

De là, notre voie se dirige vers Ampilly-le-Haut (hameau des Quatre-Routes). C’est là que se trouvait le relais de chevaux de l’axe Troyes-Dijon. Environ quatre kilomètres plus loin, la D971 passe au large de Baigneux-les-Juifs. On apprend dans Wikipédia que «le village porte le nom de Bagnos, sans doute issu du latin balneolum, "petit bain". Ce nom est complété au XIIIe siècle après l'installation d'une communauté juive, définitivement chassée par les ducs de Bourgogne au XVe siècle». On traverse ensuite le village de Laperrière. Encore plus au sud, c’est peu avant le village de Courceau -au lieu-dit Le Guidon (ou Poteau)- que la chaussée de Troyes s’embranche, jusqu’au milieu du XIXe siècle sur la route de Paris à Genève qui arrivait à l’époque par l’ouest (actuelles D19 et D6). Ce tronçon, de Chanceaux à Dijon fut attribué à la R.N.71 par une ordonnance royale du 15 février 1845 lorsque la R.N.5 fut dirigée sur Vitteaux et Sombernon. La carte d’état-major du XIXe siècle publiée sur le Géoportail de l’IGN montre bien les boucles réalisées au large des Peutes Côtes et qui adoucissent l’ancien tracé, plus direct. C’est en tous cas ici que notre R.N.71 historique enjambe la –très- jeune Seine pour la dernière fois…

A la hauteur des sources de la Seine, l'ex-N71 se trouve sur la ligne de partage des eaux nord-sud (photo: Marc Verney, juillet 2009).
Le site des sources de la Seine (photo: Marc Verney, juillet 2009).

Après Chanceaux, la voie longe Champigny et entame sa descente en deux virages appuyés vers Saint-Seine-l’Abbaye. Cela n’a pas toujours été le cas: la carte topographique de l’IGN publiée par le Géoportail montre une «rue de la Vieille-Montée» se dirigeant tout droit vers le lieu-dit de la Maladière. Les chevaux ont dû apprécier ce raidillon… Un dépliant publié par l’office du tourisme indique que les tracés de la chaussée royale ont été réalisés «en 1774 par l’ingénieur Guillemot (…). Le relais se trouvait 14, rue Basse». La nouvelle voirie, qui correspond à l’actuelle D971 datant, elle, du XIXe siècle. Dans le même document, on lit que le monastère de Saint-Seine est fondé au VIe siècle par le moine Sigo et que le village commence à se construire dès le VIIe autour des bâtiments religieux. Malgré le passage ravageur des Sarrasins et des Normands, l’abbaye prospère jusqu’au XIIIe siècle. Plus tard, en 1577, le bourg est fortifié et des portes le fermaient vers Chanceaux, Dijon et Lamargelle. Il n’en reste plus rien aujourd’hui. Côté Dijon, la montée se faisait, avant le XIXe, par la rue Haute, qui rejoignait ensuite le hameau de Cestres.

La jolie vue sur le village de Saint-Seine-l'Abbaye depuis la route de Troyes (photo: Marc Verney, oct. 2006).
Anciens panneaux routiers de la R.N.71 à Saint-Seine-l'Abbaye (photo: Marc Verney, avril 2006).

Puis la chaussée prenait ensuite la direction du lieu-dit de la Casquette avant d’entamer une nouvelle descente vers Val-Suzon. Dès le XVIIe siècle, les lieux sont marqués par l’activité routière: un relais est installé au village sur l’itinéraire de Paris à Dijon. Le relais de poste y sera en activité de 1615 jusqu’en 1742, puis de 1777 au milieu du XIXe siècle. C'est l'époque des Turgotines, des diligences rapides tirées par plusieurs chevaux, qui assurent alors la liaison avec Paris en presque trois jours... Pour le Guide classique du voyageur de France et en Belgique, voilà un «village dans un site romantique arrosé par le Suzon, qui abonde en truites excellentes. Le vallon décrit une foule de courbes extrêmement gracieuses. Les masses de verdure qu'il offre pendant près d'une lieue sont charmantes; il n'y a rien de plus joli en Suisse!» Et le guide continue avec cette étonnante proposition: «On peut, en attendant que la diligence ait relayé, gravir la montagne en prenant à gauche un chemin assez difficile, fertile en points de vue charmants. On retrouve la diligence en haut de la montagne»... Entre 1903 et 1933, un «tacot» (petit train) reliera le Val-Suzon à Dijon. Il servira aux Dijonnais en quête de verdure et d'eau fraîche... D'ailleurs les eaux du Suzon sont un enjeu capital pour l'agglomération dijonnaise. L'ingénieur Darcy réalise en 1840 une conduite de 12 km de long, et, en 1847, l’eau courante arrive à tous les étages des immeubles de la ville! Pour sortir du Val-Suzon, on emprunte aujourd’hui les lacets de la chaussée du XIXe siècle alors qu’il existe, au bout du village de Val-Suzon Haut, une «rue de la Vieille-Route» qui permet de nos jours une grimpée pédestre plus courte mais bien plus éprouvante. Dès lors, nous ne nous trouvons plus qu’à une quinzaine de kilomètres de Dijon, terme de notre voyage.

Ancienne publicité pour les huiles Renault à Val-Suzon (photo: Marc Verney, octobre 2006).
Après le Val-Suzon, retour sur le plateau pour une lente descente vers Dijon, capitale de la Bourgogne. La borne N71 était encore là, en 2006. Au fond, les collines du mont Afrique et la vallée de l'Ouche, où passe l'ancienne nationale 5, la route blanche (photo: Marc Verney, oct. 2006).

Au loin, à gauche, se trouve le village d’Etaules. La route passe au pied de la butte Corniot avant d’arriver à Darois, où l’on trouve un petit aérodrome. Celui-ci, bâti en 1957, jouxte le site du constructeur français d'avions monomoteurs, Robin Aircrafts, qui produit le célèbre DR400. A droite, la départementale 104 mène à Prenois, où se trouve un circuit automobile, inauguré en 1972, et qui a accueilli des Grand Prix de F1 jusqu’en 1984. D’ici, et jusqu’aux portes de Dijon, les chaussées du XVIIIe, XIXe et XXe siècles se confondent quasiment (Géoportail). La route longe le fort d’Hauteville (à gauche); achevé en 1880, l’ouvrage faisait partie du système Séré de Rivières couvrant les frontières de l’est de la France. Jamais modernisé, ce fort a surtout servi de prison, d’entrepôt ou de lieu d’entraînement (hauteville-les-dijon.fr). A la hauteur de la ferme de Changey, notre route passe non loin d’un lieu-dit appelé les Novales. Il s’agit-là d’un terme qui définit une terre nouvellement défrichée et mise en culture. En novembre 1870 et janvier 1871, les environs sont témoins de violents combats qui opposent l’armée prussienne aux volontaires étrangers de Garibaldi et aux mobiles français. Le général polonais Jozef Bossak-Hauké participe à ces combats; il meurt le 21 janvier 1871 devant Hauteville-les-Dijon (monument). L’actuelle départementale 971 se faufile entre les collines de Fontaine et de Talant. La région est aujourd’hui fortement urbanisée… Le tout récent contournement nord de Dijon (la LINO) trace ici son sillon jusqu’à Plombières-lès-Dijon… Roger Gauchat, qui a longuement étudié les faubourgs dijonnais estime que «cette route était la plus déserte de la banlieue et n’était bordée (au XVIIIe siècle, NDLR) d’aucune propriété close». Après le carrefour avec les boulevards des Clomiers et François-Pompon, c’est aujourd’hui, l’avenue Victor-Hugo qui mène nos roues au cœur de Dijon. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce n’était qu’un chemin, plusieurs fois redressé. L’urbanisation ne viendra qu’au milieu du XIXe siècle. La rampe qui descendait vers la place Darcy (porte Guillaume) fut plusieurs fois adoucie jusqu’au croisement avec les rues de Fontaine et de Talant (carrefour de la Charmotte). «Ce n’est qu’en 1717, nous raconte encore Roger Gauchat, que cette route fut redressée et élargie de 40 pieds (13m). Le dessus de la montée fut abaissé de 1,30 m». La chaussée longe dès lors le square Darcy (à gauche de la route se trouvait un cimetière), qui recèle depuis 1838 un vaste réservoir d’eau potable en provenance des sources du Suzon. Et voilà, au bout de l’avenue, la place Darcy et la porte Guillaume, une des plus anciennes entrées de la cité, où aboutissaient les routes de Paris et de Troyes.

Marc Verney, Sur ma route, février 2017

Schéma réalisé par les services des ponts et chaussées en 1869. Celui-ci montre des exemples de bornes kilométriques liées à la route n°71 (source: archives départementales de la Côte-d'Or).
On voit clairement le tracé de la route n°71 sur la table d'orientation juchée tout en haut de la tour Philippe-le-Bon (46 m de hauteur). Photo: MV, octobre 2005.

Note: en cliquant sur le panneau "arrière" vous revenez à page principale du site, en cliquant sur "avant" vous entrez dans Dijon pour suivre le trajet de la "route blanche" Paris-Genève.