Ce panneau Michelin de la nationale 20 n'est plus situé au bord de la route. Il finit ses jours tranquillement dans un dépôt de l'ex-DDE à Etampes (photo: MV, juin 2007).

Quelques mots sur la documentation utilisée: cartographie, Atlas des grandes routes de France (Michelin, 1959), atlas routier et touristique Michelin France 2007, Guide Bleu de la France Automobile (Hachette, 1954), Guide Bleu des environs de Paris (Hachette, 1928) merci également à l'encyclopédie en ligne Wikipédia et à Wikisara, base de donnée des routes et autoroutes nationales.

La N20 vers Montrouge. En décembre 2005, les cartouches rouges RN subsistaient encore. La voie est baptisée D920 depuis (photo: MV, déc. 2005).
Plaque située à la sortie sud de Longjumeau (photo: MV, mai 2007).

Localités et lieux traversés par la N20 (1959):
Paris-porte d'Orléans
Montrouge
Arcueil (D920)
Cachan
Bagneux
Bourg-la-Reine
Sceaux
Antony
Massy
Longjumeau (D217)
Montlhéry
Linas
Arpajon
Etrechy
Etampes
Mondésir
Monnerville
Angerville
Toury
Artenay
Saran
Orléans
Saint-Jean-de-Blanc
Olivet
La Ferté-Saint-Aubin
Lamotte-Beuvron
Nouan-le-Fuzelier
Salbris
Vierzon (D2020)
Massay (D320)
Vatan
Déols
Châteauroux (D920)
Lothiers
Tendu
Argenton-s-Creuse
Celon
Bessines-sur-Gartempe (D220)
Razès
Maison-Rouge
Limoges
Pierre-Buffières (D420)
Magnac-Bourg
Masseret (D920)
Uzerche
Donzenac
Brive-la-Gaillarde
Noailles
Souillac
Lanzac
Payrac
Cahors
Caussade
Réalville
Montauban
Canals
Grisolles
Saint-Alban
Toulouse
Portet-s-Garonne
Pinsaguel
Roques
Vernet
Auterive
Saverdun (D14-D820)
Pamiers (D624)
St-Jean-du-Falga
Varilhes
St-Jean-de-Verges
Foix
Montgaillard (D618)
Mercus-Garrabet
Bompas
Tarascon-s-Ariège
Ussat
Sinsat
Les Cabannes
Ax-les-Thermes
Mérens-les-Vals
L'Hospitalet
Col de Puymorens
Porté-Puymorens
Porta
Carol
Latour-de-Carol
Enveitg
Ur
Bourg-Madame


Ensemble Michelin des années trente situé à la Croix-Briquet, un peu au nord d'Orléans (photo: MV, mai 2007).
Elle est bien camouflée cette plaque Michelin à Artenay!! (photo: MV, mai 2007)
Café de bord de route, à La Loge, au nord de Salbris (Photo: MV, mai 2007).
A l'entrée nord de Limoges, ce bar "à l'ancienne" est bien isolé au milieu des barres d'immeubles (Photo: MV, août 2007).
A Caussade, cette plaque indicatrice de la N20 est plutôt bien conservée (Photo: MV, août 2007).
A Toulouse, la superbe église abbatiale St-Sernin (Photo: MV, août 2007).
Pour sortir de Toulouse: la route d'Espagne (Photo: MV, août 2007).
La N20 dans la plaine de la Garonne (Photo: MV, août 2007).
Le château de Foix (Photo: MV, août 2007).


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Belles routes de France...
RN20 : Au Bourg-Madame, la Reine arrive
à bon port...

Inutile de le nier: ce titre fleure bon le calembour à deux balles... Sur les 864 km du parcours, il se trouve que la route nationale 20 relie deux bourgades aux noms proches: Bourg-la-Reine en région parisienne et Bourg-Madame, tout au fond des Pyrénées, non loin de l'Andorre... Cela a suffi pour faire cavaler mon imagination au rythme des chevaux de poste de l'époque des messagers royaux!
La N20 de 1959 relie Paris à l'Espagne en passant par... Orléans, Limoges, Toulouse... une route belle et longue qui coupe la France en deux du nord au sud. Une sacrée chevauchée... réalisée en deux parties, en mai , puis en août 2007...

La RN20 historique au nord d'Argenton-sur-Creuse. Le panneau Michelin de l'image est daté 1937 (Photo: Marc Verney, mai 2007). Pour retourner sur la page index, cliquez ici.


Périphérique parisien: l'anneau majeur
Avant de sortir de Paris, un petit tour sur le boulevard périphérique de la capitale? On y rencontre du béton, du métal et du plastique. Des gens, aussi... (lire)

En 2007, la sortie de Paris est tout sauf charmante.
La RN20, qui ne porte ce nom que jusqu'au périphérique (après c'est D920 désormais) roule des mécaniques entre les buildings flambants neufs et les centres commerciaux des environs proches de la capitale. C'est moche, pratique et terriblement ennuyeux.

Voyons maintenant la description du Guide Bleu des environs de Paris 1928: "La route d'Orléans est la grande artère de la région de la banlieue sud sillonnée par la Bièvre. Cette route est suivie par le tram 88 de la porte d'Orléans à Bourg-la-Reine et Antony et par le tram à vapeur de Paris à Arpajon", "bon pavé jusqu'à Montlhéry" cependant... Pas mieux qu'aujourd'hui, non?

Après la porte d'Orléans, on traverse Montrouge. L'avenue est large, le trafic dense. Très vite, Arcueil s'annonce. On jetera un oeil sur l'aqueduc, qui traverse la vallée de la Bièvre et qui alimente une partie de Paris en eau potable venant de la région de Sens (voir N5). Le Guide Bleu 1928 nous apprend que Ronsard et quelques uns de ses amis venaient ici se détendre et s'amuser "pour l'agréable fraicheur du ruisseau de Bièvre et les fontaines que les Muses aiment naturellement"... Là, le paysage a bien changé!

Au km 5, voilà Bourg-la-Reine, traversée par la nationale dans la Grande-Rue ("entrée en descente, resserrée, dangereuse" nous précise le Guide Bleu 1928). Là, en direction de Paris, un vieux Michelin un peu ébréché oriente les automobilistes vers la porte d'Italie (par le Kremlin-Bicêtre) ou la porte d'Orléans. A la sortie sud de Bourg-la-Reine, un char Sherman de la Deuxième Guerre mondiale rappelle que c'est par là que la division Leclerc (2e DB) est entrée dans Paris en août 1944.

A gauche, le tout début parisien de la RN20, à la porte d'Orléans. A droite, ancienne signalisation Michelin à Bourg-la-Reine (Photos: Marc Verney, déc. 2005 et mai 2007).

La route longe le parc de Sceaux, un domaine créé par Colbert. Nous voici également non loin du lycée Lakanal, bien connu pour sa filière rugby. Pour une route qui nous emmène jusqu'à Toulouse, patrie de l'ovalie, quoi de plus normal!! Voici ensuite le grand carrefour de la Croix-de-Berny. C'est, de nos jours un rond-point situé en terrasse sur le trajet de l'autoroute périphérique A86 (anciennement N186). Antony est traversé sans problème.

Au km 9 à la hauteur de Massy, c'est la bifurcation, à droite, de la route qui mène à Orsay, Limours et Chartres (N188). A Longjumeau, la RN20 traverse la vallée de l'Yvette. La nationale s'enferme dans un petit bourg aux murs gris. A la sortie sud, "commence une longue côte, nous annonce le Guide Bleu 1928, puis, on s'élève sur un plateau dominé (à dr.) par la jolie crête boisée des rochers de Saulx (belle vue)"... Aujourd'hui, c'est la départementale 217, qui traverse le quartier d'immeubles de Bel-Air. La nationale contemporaine tourne autour de Longjumeau.

Le km 25 de la RN20 se situe à Montlhéry. Le bourg est situé sur une colline dominée par une tour construite entre le XIIIe et le XVe siècles. La petite ville aux rues étroites est également bien connue des fous de bagnoles pour son célèbre autodrome bâti vers Linas dans le bois du Fay. Sport encore, on trouve, juste à côté, le village de Marcoussis, où se situe le Centre technique national du rugby, lieu d'entraînement des équipes de France... Encore l'ovale!

Après Arpajon, située au confluent de l'Orge et de la Remarde, la route s'élève jusqu'à 149 m d'altitude (!) -côte de Torfou- pour ensuite redescendre dans la vallée de la Juine. Etrechy passée, la RN20 finit par arriver à Etampes, qui s'étend en longueur sur le côté gauche de la vallée. On y croise la N191. Malgré les sinistres de la guerre en 1940 et 1944, la ville a encore de beaux restes, comme la curieuse tour penchée de l'église St-Martin (XVIe siècle) à la sortie sud de la cité. La N20 (là aussi déviée de nos jours) s'élève vers le plateau de la Beauce qu'elle va parcourir jusqu'à Orléans.

RN191: le tour de l'île (de France)...
Entre Epône, sur les bords de la Seine et Corbeil-Essonnes, sur les bords de... la Seine, une jolie route propose le tour du bassin parisien par le sud: la nationale 191 (lire)

A gauche, à la Croix-Briquet. Dans ce hameau, contourné par la N20, on trouve deux ensembles Michelin remarquables indiquant la direction de Paris. A droite, dans le bourg d'Artenay. La petite cité est connue pour avoir sur ses terres le départ de la voie expérimentale de l'aérotrain (Photos: Marc Verney, mai 2007).

Commence une région riche en anciennes signalisations. Il suffit de passer à l'intérieur des villages détournés comme Angerville (km 68), Toury (km 82) ou Artenay (km 96) pour remarquer -en 2007 encore- une déferlante d'anciennes plaques ou panneaux béton Michelin...

Orléans est située sur la rive droite de la Loire. Le centre-ville est délimité par plusieurs larges boulevards établis sur l'emplacement de l'ancienne enceinte fortifiée. La ville, point stratégique, a été bien bombardée en 1940. Dans le prolongement de la rue Royale, la N20 emprunte le long pont George V (355 m) qui enjambe joliment la Loire. Dans le centre, non loin de la place du Martroi, on peut voir la maison de Jeanne d'Arc, où l'héroïne qui "sauva" la France séjourna en avril et mai 1429. De l'autre côté du fleuve, c'est le faubourg de St-Jean-le-Blanc. La route a été entièrement réaménagée suite à la mise en place d'un tramway... dernier chic citadin et bien pratique.

RN60: les voies de Jeanne...
Entre Orléans et Toul via les belles cités de Sens et Troyes, voici une route qui vit au rythme de la grande histoire de France... Jeanne d'Arc, nous voilà!! (lire)

La traversée de la Loire à Orléans, sur le pont George V (Photo: Marc Verney, mai 2007).

A Olivet, un charmant petit bourg, la N20 historique passe le Loiret, une résurgence abondante de la Loire. On peut d'ailleurs y visiter un fort joli parc qui abrite la source du Loiret. Jusqu'à Vierzon, la route nationale 20 va traverser la Sologne, une région de 500 km2, marécageuse jusqu'au XIXe siècle. Au km 151, le Guide Bleu de la France automobile 1954, parle de Lamotte-Beuvron comme "d'un rendez-vous de chasse réputé". Ca n'a pas beaucoup changé: la clientèle aisée se presse encore de nos jours par ici pour tirer le faisan nonchalant, juste sorti de son parc d'élevage...

Les petites maisons de bord de route ont d'ailleurs ce petit rien british dû certainement à leur construction en brique. On pourrait, oui, être dans le Devonshire!! La route, droite, traverse de nombreuses forêts. Au km 171, voilà Salbris. Vingt-trois kilomètres plus loin, c'est Vierzon. Bâtie sur la rive droite du Cher, la cité est, en 1954, nous révèle le Guide Bleu "une ville industrielle (...), forges, tréfileries, machines agricoles, porcelaines et verreries"...

C'est au sud de Vierzon que la nationale 20 est doublée, voire remplacée par l'autoroute gratuite A20. Solution naturellement préférée par les automobilistes, l'A20 a relégué la RN aux oubliettes. D'autant qu'il ne reste rien du passé de la N20 par ici. Si ce n'est quelques murs publicitaires peints sur les murs des fermes présentes sur le bord de l'ancienne chaussée, encore utilisée ici ou là pour le trafic local.

Après de nouvelles et longues lignes droites, dans un paysage quasi vide, voilà Châteauroux (km 251) qui s'annonce. Peu avant, c'est Déols et sa belle et ancienne usine aéronautique, désormais transformée en zone industrielle. Les pistes de l'aérodrome de Châteauroux ont longtemps servi -dans les années cinquante- à l'armée de l'air américaine qui en avait fait l'une des principales bases de l'Otan en France. Ca devait faire bizarre de voir rouler les "belles américaines" de l'époque sur l'étroite chaussée de la RN20...

On recommence à voir, de ci, de là, d'anciennes signalisations Michelin et plaques de cocher. Mais, au sortir de Châteauroux, construite sur la rive gauche de l'Indre, la RN20 est tout aussi rayée du paysage, complètement supplantée par l'omniprésente autoroute A20. L'ancien tracé, qui existe sous le nom de D920, se faufile entre collines et vallons. C'est plutôt pittoresque.

La photo emblématique du parcours a été réalisée là, un peu au sud de Tendu, vers Argenton-sur-Creuse (km 281). Oh... la jolie petite cité, blottie sur les bords de la Creuse, traversée par le pont Neuf (ancienne RN20) et, en amont, le pont Vieux! La région est vraiment très jolie. On peut aller jusqu'au bourg de St-Marcel (vestiges d'une cité romaine), longer les bords de la Creuse ou bien aller jusqu'à Gargilesse, superbe village installé sur un "pic" rocheux. Il reste par ici encore de nombreuses traces du passé automobile...

A gauche, la sortie nord de Châteauroux. De l'autre côté de l'Indre, on trouve le bourg de Déols. Le panneau Michelin "Indre" date de 1948. A droite, le passage de la Creuse, à Argenton, sur le pont Neuf (Photos: Marc Verney, mai 2007).

"Au sortir d'Argenton, nous dit le Guide Bleu 1954, la N20 achève de traverser la plaine, coupée de ruisseaux, du Berry, puis aborde les premiers ressauts granitiques et schisteux du Massif Central, dépassant 300 m d'altitude". Au km 328, la RN20 rencontre à La Croisière la route de Guéret à Bellac et Angoulême (N142; en 2007, N145). On roule ici désormais sur la départementale 220. "Le paysage, nous annonce le Guide Bleu 1954, prend un caractère limousin de plus en plus marqué". En 2007, il y a plein de vaches. Ce doit être cela!!!

Puis la route effleure les monts d'Ambazac et descend vers Limoges. Au km 374, voilà la capitale du Limousin, bâtie sur la rive droite de la Vienne. La cité possède deux centres, l'un le Bourg, construit autour de la cathédrale a été bâti sur une colline pour résister aux invasions barbares, l'autre, la Ville, se constitue autour de l'abbaye de St-Martial, disparue depuis. A côté, un bâtiment se distingue: la gare, une extraordinaire construction Art déco qui surplombe les voies du chemin de fer PO (Paris-Orléans), nom de la compagnie privée qui desservait la région au début du XXe siècle.

On sort de Limoges en passant le pont Neuf. La nationale 20 reprend de l'altitude. De Limoges à Beau-Soleil, limite sud du département de la Haute-Vienne, la route double parfaitement l'autoroute A20 sous le nom de D420. Même sous le crachin étonnant de ce mois d'août 2007, les paysages, bucoliques à souhait, sont chargés de douceur et d'une tranquille beauté...

A gauche, à la sortie sud de Limoges, cet imposant ensemble Michelin de la RN20 historique. A droite, sur le chemin de St-Jacques-de-Compostelle dans le petit village typique de Collonges-la-Rouge (Photos: Marc Verney, août 2007).

En arrivant dans le département de la Corrèze (417 km de Paris), changement d'appellation pour la N20 historique: nous roulons désormais sur la D920 qui nous conduit jusqu'à Uzerche, "une des villes les plus curieuses du Limousin" nous appâte le Guide Bleu cuvée 54. En effet, après être passés sous un court tunnel, nous voyons une cité ancienne s'étager sur une colline...

Brive-la-Gaillarde (j'aime bien ce nom) est atteinte rapidement. C'est déjà une ville du sud avec ses boulevards encadrés de larges platanes qui encerclent le centre historique. Sous le crachin qui insiste, les banlieues commerciales sont nettement moins jolies. Nous nous précipitons, à quelques kilomètres de là vers le bourg de Collonges, "un des plus beaux villages de France" bâti entièrement de grès rouge. C'est plein de touristes et d'échoppes vendant des cartes postales... mais cela vaut le coup: les coquillages vus sur certaines façades sont les premières signalisations routières du monde... elles indiquaient aux pèlerins le chemin de St-Jacques-de-Compostelle.

A Souillac, la N20 coupe la vallée de la Dordogne. C'est la partie la plus touristique du voyage. Toute l'Europe des vacanciers est ici, coincée dans un embouteillage qui rappelle les grandes heures de la N7. Autre explication: l'A20 parallèle devient payante... A la hauteur de Payrac, la route passe non loin du site de Rocamadour.

Et voilà Cahors, la capitale du Quercy, bâtie dans une boucle du Lot. En 1959, la route nationale 20 emprunte le boulevard Gambetta, qui traverse la cité du nord au sud. On doit y faire halte pour jeter un oeil intéressé au fabuleux pont Valentré, chef d'oeuvre fortifié du XIVe siècle, surmonté de trois tours. Après avoir traversé le plateau du Bas-Quercy, la route serpente vers l'Aveyron à travers une jolie campagne.

A gauche, le beau pont Valentré à Cahors. A droite, sur une portion oubliée de la N20 peu avant d'entrer dans le département du Tarn-et-Garonne (Photos: Marc Verney, août 2007).

A Caussade, on entre dans la plaine. Le bitume, plat et rectiligne, file vers Montauban. Située au bord du Tarn, la ville a du caractère, avec ses monuments de brique et sa façade, en terrasse, au-dessus de la rivière. Au km 681, nous voici à Toulouse, grande capitale du Sud-Ouest. La "ville rose", construite en briques est un important centre industriel et touristique. La cité, nous raconte le Guide Bleu 1954, "se trouve située sur la grande dépression qui réunit l'Atlantique à la Méditerranée et sépare le Massif Central des Pyrénées". En d'autres termes, on appelerait cela un carrefour stratégique. Les fans de ballon ovale n'oublieront pas de me préciser que c'est la ville "du" Stade, LE club du beau jeu à XV. La place du Capitole est le point de départ de toutes les promenades dans un centre-ville devenu au XXIe siècle majoritairement piétonnier. A voir, donc: le Capitole (la mairie), l'église St-Sernin, les vieux quartiers autour de la place Esquirol, la cathédrale Saint-Etienne... On peut facilement passer une semaine à Toulouse sans en avoir vraiment fait le tour...

Pour sortir de Toulouse par la N20 historique, il faut emprunter la route d'Espagne (actuellement D120). Décor habituel et déprimant (y compris sous le soleil, revenu) des banlieues commerciales: mêmes enseignes que partout, mêmes hangars discount de tôle ondulée, mêmes pubs criardes... On suit la large vallée de la Garonne jusqu'à Pinsaguel (traversée du fleuve), puis c'est la remontée vers les sources de l'Ariège, rivière que la RN20 va suivre de bout en bout.

Rien à dire sur les bourgs d'Auterive, Saverdun (D820)... Bon, on passe non loin de Cintegabelle, autrefois "capitale" du jospinisme (c'est quoi ça déjà?)... A Pamiers, la ville la plus importante du département de l'Ariège, on "sent" l'approche de la montagne. C'est là aussi où la route actuelle devient une quatre-voies qui contourne systématiquement villes et villages jusqu'à Tarascon.

Après Pamiers, la N20 historique passe donc par St-Jean-du-Falga, Varilhes... et porte le n° D624. On arrive à Foix (km 773), dominée par un imposant rocher sur lequel est juché le château aux tours surplombant les ruelles de la cité. La RN20 reste sur la rive droite de l'Ariège et remonte vers Tarascon par Mercus et Bompas (D618).

Il ne reste hélas là aucune ancienne signalisation de la N20 d'antan. Dans un site rocheux plutôt chouette, la petite cité de Tarascon interpelle l'automobiliste avant l'escalade des Pyrénées. Au rond-point, on prend la direction d'Ussat-les-Bains et de Ax-les-Thermes. Vingt-six kilomètres plous haut, voilà Ax, fourmillante de monde et dont la publicité pour ses pistes de ski nous avait tant étonné... si loin en aval, à Argenton-sur-Creuse...

C'est ici que j'ai dû stopper ma visite de la route nationale 20 historique. Elle se poursuit, cependant. Modernisée par l'ajout de files supplémentaires de dépassement. Heureusement, car la circulation est intense. Poursuivons, cependant le voyage en lisant le Guide Bleu 1954 de la France automobile... "Au sortir d'Ax-les-Thermes la route continue de remonter la vallée de l'Ariège qui forme le beau défilé rocheux du Berduquet".

La N20 à Tarascon-sur-Ariège (Photo: Marc Verney, août 2007).

A Mérens (1055 m d'altitude), "le paysage devient de plus en plus sauvage (...), lacets et cascade de Bézines". A 1436 m d'altitude, la chaussée atteint L'Hospitalet, centre d'ascensions et de sports d'hiver. "La route s'élève en lacets, dominant l'entrée du tunnel -ferroviaire- de Puymorens, long de 5355 m". Le col de Puymorens (1915 m) est "ouvert dans de grands pâturages sur la ligne de faîte Océan-Méditerranée".

La descente du col se fait "par des lacets taillés dans les rochers". Voilà la vallée d'altitude du Carol. La RN20 vit ses derniers instants: Porta, Carol, Latour-de-Carol, Ur... et enfin Bourg-Madame, où l'on croise la route de Perpignan, la N116. Nous voilà à 864 km de Notre-Dame de Paris.

Marc Verney (septembre 2007)

RN20: mille bornes... ou presque !
Injustement méconnues, oubliées dès qu'on les a passées... Trafiquées, repeintes, perdues dans les broussailles ou bien encore volées... les bornes sont les vedettes de la page qui suit... (lire)