Ultime plaque Michelin de la nationale 82 située dans la petite station thermale de Montrond-les-Bains (photo: MV, octobre 2008).

Villes et villages traversés par la N82 (1959):
L'Hôpital-sur-Rhins
Vendranges
Neulise
Balbigny
Epercieux-Saint-Paul
Feurs
Montrond-les-Bains
Cuzieu
Veauche
La Fouillouse
Saint-Priest-en-Jarez
Saint-Étienne
Planfoy
Saint-Genest-Malifaux
Col de la République
La Versanne
Bourg-Argental
Saint-Marcel-les-Annonay
Boulieu-les-Annonay
Davézieux
Saint-Cyr
Saint-Etienne-de-Valoux
Andance


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Bleue comme l'azur...
La route bleue a connu son heure de gloire dans les années d'avant-Deuxième Guerre mondiale. Et les congés payés de 1936 ne font qu'amplifier le phénomène. Plusieurs organismes, tels que le Touring club de France (TCF), l'automobile club du Forez et le Comité de la route bleue s'entendent dès le début des années trente afin de proposer des itinéraires touristiques au voyageur soucieux d'éviter Lyon et ses embouteillages sur la route du Sud.
Des panneaux spécifiques sont posés depuis Paris, des dépliants sont édités... Les efforts de promotion dureront même jusqu'en 1972, date à laquelle sort le dépliant portant le slogan "Entre Paris et Méditerranée, prenez le vert sur la route bleue"... Mais là, l'appel de l'autoroute et de ses stupéfiantes moyennes était le plus fort... En 2008, la route bleue n'est désormais plus qu'une -charmante- départementale parmi tant d'autres...

Borne de limites départementales entre la Loire et l'Ardèche, au sud de Bourg-Argental (photo: MV, octobre 2008).
Les sources de cette page:
La carte Michelin n°73 de 1961 Clermont-Ferrand-Lyon; toujours mon indispensable Atlas des grandes routes, France (Michelin 1959); l'Atlas routier 2007 (Michelin); le Guide Bleu de la France automobile 1954 (Hachette), le magazine Route Nostalgie n°11 (oct.-déc. 2005); la mairie de Saint-Etienne, Wikipédia, Wikisara.









Belles routes de France...

A Neulise, un soir d'automne. (photo: Marc Verney, octobre 2008). Pour retourner sur la page index, cliquez ici.

La route (auj. D1082) commence peu après la petite bourgade de L'Hôpital-sur-Rhins par une forte grimpette qui nous emmène à Vendranges. La RN7 est laissée sur la gauche. Au sommet du plateau qui domine les gorges de la Loire -7,8 km à notre droite- voilà Neulise où il est fait état d'un relais de poste au XVIIIe siècle. La chaussée redescend doucement vers Balbigny; on y retrouve le cours du fleuve. A noter l'intéressante escapade vers le château de la Roche par la départementale 56. Les impressionnantes lignes droites se succèdent jusqu'à Feurs, une petite cité qui tire son origine de la dénomination romaine de Forum Segusiavorum, un lieu d'échange du peuple antique les Ségusiaves. C'est également une ville à la croisée des chemins, puisque la RN82 de 1959 y croise la RN89 historique Lyon-Bordeaux. A noter que Feurs a directement donné son nom à la province du Forez.

A Montrond-les-Bains (photo: MV, octobre 2008).

A l'horizon d'ailleurs, les monts du Forez et la station de ski de Pierre-sur-Haute (1634 m), non loin de la fantastique route du col du Béal, qui nous a emmené, en avril 2007 vers Issoire et la N9. L'automobiliste qui suit la route bleue, n'aura, lui, toujours pas un seul virage à faire jusqu'à Montrond-les-Bains. La petite station thermale, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Saint-Etienne, n'a pas grand chose à raconter, si ce n'est les impressionnantes plaques Michelin (1933), bien conservées par la municipalité, au carrefour des N82 et N496 (Lozanne-La Bourboule). Les bourgs se succèdent sur la chaussée de Saint-Etienne: Cuzieu, Veauche, La Fouillouse, Saint-Priest-en-Jarez. Ici où là, des traces de la route historique, comme cet ancien restaurant "la Route Bleue", à la sortie sud de La Fouillouse.

On entre maintenant dans Saint-Etienne. L'industrieuse cité s'est développée avec les premiers chemins de fer d'Europe continentale. En effet, l'ingénieur Beaunier obtient fin février 1823 la concession d'une voie ferrée reliant Saint-Étienne à Andrézieux. Elle sera mise en service le 30 juin 1827. Il y aura ensuite les lignes de Saint-Étienne à Lyon (1830-1832) et d'Andrézieux à Roanne (1832-1833). Autre originalité stéphanoise: le tramway. Saint-Etienne est l'une des trois villes françaises à avoir conservé le sien sans interruption depuis sa première mise en service en 1885. Enfin, les citoyens stéphanois peuvent avoir la fierté de se dire que la Révolution française a complètement modifié l'axe historique de leur ville. Initialement orientée Est-Ouest sur la route de Lyon au Puy-en-Velay, la ville change d'axe majeur grâce à l'achat de terrains appartenant au clergé. Ce nouveau plan oriente donc la ville Nord-Sud suivant la route Paris-Annonay, créant une nouvelle voie qui, lentement, va s’unir pour former la Grand Rue, celle suivie par la N82 historique.

R.N.88, AUTAN EN EMPORTE LE VAN
La longue route historique de Lyon à Toulouse sillonne le Massif Central. A côté de la 4 voies, de jolis lacets charment le voyageur! (Lire)

A La Fouillouse, au nord de Saint-Etienne, on retrouve une plaque de cocher de la N82 mais aussi les panonceaux annonçant un restaurant au nom bien choisi (photos: Marc Verney, octobre 2008).

La sortie de Saint-Etienne est rapide. Dès les premiers hectomètres de verdure, la route s'élève rapidement (7% sur 10 km) en direction de Planfoy. Les virages s'enchaînent: on entre dans le joli massif du Mont-Pilat, qui se dresse entre Saint-Etienne et la vallée du Rhône (1432 m au crêt de la Perdrix). L'axe est là, normalement interdit aux poids-lourds. Le col de la République ou col du Grand-Bois franchit ces montagnes à une altitude de 1161 m. Il se situe sur la commune de Saint-Genest-Malifaux. L'endroit a une histoire: c'est, en 1903, le premier passage de plus de mille mètres franchi par le Tour de France cycliste. Le nom République (porté par une localité voisine) viendrait d'une une secte religieuse, la "République de Jésus-Christ" qui a tenté d'y fonder en 1794, un petit Etat. C’est un certain Philibert Réocreux, ingénieur des Ponts et Chaussées qui fut chargé de la construction de cette voie, terminée en 1830.

Au col de la République, ou du Grand-Bois (photo: Marc Verney, octobre 2008).

La route passe ensuite aux Trois-Croix, un nom qui désigne en fait les trois embranchements successifs de chemins que l'on y rencontre. L'arrivée sur Bourg-Argental est rapide. De l'autre côté du Mont-Pilat on sent déjà l'appel du Sud... Imperceptiblement, voilà la végétation et le style des habitations qui évoluent. D'ailleurs, peu de kilomètres après Bourg-Argental, c'est l'Ardèche. La route s'y appelle aujourd'hui (2008) D820. Saint-Marcel-les-Annonay et Boulieu-les-Annonay ont déjà l'allure de ces bastides méridionales...

Malgré cette dernière borne, située à la limite des départements Loire et Ardèche, la RN82 est désormais quasiment totalement déclassée sur tout son parcours historique. On parcourt ainsi en 2008 la D1082 dans la Loire, la D820, D182 et D82 dans l'Ardèche (photo: Marc Verney, octobre 2008).

En 1959, la RN82 évite Annonay. Nous filerons donc par Davezieux (D82) et Saint-Cyr (D182). La vallée du Rhône et ses terrains fertiles s'annonce. Encore quelques virages en descente assez prononcée et nous sommes à Andance, terme de la N82 de 1959. La route bleue y croise la N86 historique en provenance de Lyon. La traversée du Rhône peut se faire ici, ou plus au sud à Saint-Vallier. Dans les deux cas, l'automobiliste rejoint la N7.

Marc Verney, Sur ma route, octobre 2008

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