A Sedan, ce panneau Michelin indique la rue qui monte à l'entrée du château dominant la ville (photo: MV, avril 2011).
On remarque de loin les belles plaques de lave émaillée jalonnant les routes des Ardennes (photo: MV, avril 2011).
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Sources et documents: Atlas Grandes routes France (Michelin, 1959); Les belles routes de France de Paris à l'Alsace et à la Lorraine (Michelin, 1953-54); carte Michelin Arras-Mézières n°53 (1969); Atlas historique, Werner Hilgemann, Hermann Kinder (Librairie académique Perrin, 2000); Charleville-Mézières (édition Bonneton, 1991); Commercy, collection Mémoire en images, Jean Cazin et Pierre Briot (éd. Alan Sutton, 2000); Guide Bleu France automobile (Hachette, 1954); Guide du Routard Lorraine (Hachette, 2011); Guide touristique Lorraine-Ardennes (MAAIF, 1961); Histoire de Verdun (sous la direction d'Alain Girardot, Privat, 1982); Le Guide Vert Champagne-Ardenne (Michelin, 2011); Le Petit Futé Champagne-Ardenne (NEU, 2002); Le Petit Futé Lorraine-Vosges (NEU, 2006-2007); Saint-Mihiel, annales de l'Est (journées d'études meusiennes, Nancy, 1974); Wikipédia. Merci à la Bibliothèque publique d'information du centre Georges-Pompidou.
Dans le département des Ardennes, on aime les itinéraires de découverte. De nombreux circuits sont ainsi fléchés. Bravo! (photo: MV, avril 2011)
Villes et villages traversés par la N64 historique (1959), en italique, les anciennes RN principales croisées:
Charleville-Mézières (N51)
Villers-Semeuse
Les Ayvelles
Flize
Dom-le-Mesnil
Donchery
Sedan (N77)
Balan
Bazeilles
Douzy
Mairy
Mouzon
Moulins-St-Hubert
Inor
Martincourt-s-Meuse
Stenay
(N47)
Mouzay
Dun-s-Meuse
Liny-devant-Dun
Sivry-sur-Meuse
Consenvoye
Brabant-s-Meuse
Samogneux
Vacherauville
Bras-s-Meuse
Belleville-s-Meuse
Verdun (N3, N18)
Haudainville
Dieue-s-Meuse
Génicourt-s-Meuse
Ambly-s-Meuse
Troyon
Lacroix-s-Meuse
Rouvrois-s-Meuse
Saint-Mihiel
Sampigny
Vadonville
Lérouville
Commercy (N58)
A Mairy, l'ancienne route royale passait sur la colline. Ce n'est que plus tard que l'on a construit des contournements autour du relief, histoire de préserver les chevaux (photo: MV, avril 2011).
L'imposante borne de limites départementales entre les Ardennes et la Meuse (photo: EF, avril 2011).
Troyon, entre Verdun et St-Mihiel: un café qui n'accueillera plus beaucoup de visiteurs... (photo: MV, avril 2011).
En France, la guerre de 14-18 s'est déroulée en grande partie sur les bords de la Meuse. Cette plaque Michelin est datée 1934 (photo: MV, avril 2011).
Vers Saint-Mihiel... (photo: MV, avril 2011)


Nos belles routes de France
R.N.64: POUR UNE MADELEINE... (I)
Charleville-Mézières-Luxeuil par Verdun, voilà le long trajet (un peu plus de 300 km) de la route nationale 64 de 1959. La voie longe les plus importants champs de bataille de l'histoire de France: Sedan, l'Argonne, Saint-Mihiel, Verdun... Et de toutes les époques... Le 31 août 1944, c'est à Verdun que l'armée Patton franchit la Meuse et se tend irrémédiablement vers le coeur du IIIe Reich; le 1er septembre 1870, c'est à Sedan que Napoléon III est fait prisonnier par les Prussiens... Il n'y a heureusement pas que les batailles: à Commercy, voici les madeleines, tandis qu'à Verdun nous croquerons dans de savoureuses dragées... Première partie: de Charleville-Mézières à Commercy.

La route nationale 64 historique à la sortie de Dom-le-Mesnil (photo: Marc Verney, avril 2011). En cliquant sur l'image vous allez à la deuxième page du trajet (clic!)


Ce sont les Romains, ces grands constructeurs, qui ont d'abord construit une cité appelée Castrice (Castricum) sur une colline blottie dans une boucle de la Meuse, non loin de l'emplacement actuel de Charleville-Mézières. Castrice se trouve alors sur la voie romaine reliant Reims (Durocortorum) à Cologne (Colonia Agrippinensium). Cette importante voie arrivait de Fagnon et traversait la Meuse à Warcq. Castricum est cependant détruite au moment des invasions barbares, au Ve siècle.

Mézières, fondée au Xe siècle, petit bourg actif profite de sa situation sur la Meuse: les marchandises en provenance des pays du nord y sont débarquées puis acheminées jusqu'au XVIe siècle par la route, en Champagne, Bourgogne, Italie... D'un autre côté, cette "voie mosane" est, au XIIIe siècle, la grande voie de transport des vins de Bourgogne qui remontent vers le nord. La cité sera néanmoins ensuite dépassée par Charleville, ville nouvelle créée de toutes pièces au XVIIe siècle par Charles de Gonzague. Charleville, un peu comme les bastides du sud-ouest de la France, est réalisée en suivant un plan géométrique autour d'une vaste place centrale. Charles, un homme avisé, fait venir les habitants en créant une sorte de droit d'asile qui profite notamment aux croyants de religions alors persécutées, juifs, protestants.

Au tout début, les terrains sont distribués gratuitement, privilèges et franchises favorisent le commerce... et le tour est joué, Charleville la commerçante devance Mézières l'austère. La ville nouvelle se spécialise dans la production d'armes et la clouterie. Les deux communes sont réunies en 1966 et forment aujourd'hui la première agglomération des Ardennes.

A VOIR, A FAIRE

Il est agréable d'arpenter la place Ducale, dont certains bâtiments ne sont pas sans rappeler la place des Vosges à Paris; à un angle de la place, le musée de l'Ardenne, expose, sur 3000 m2 l'histoire ancienne de la région. Au bord de la Meuse, le musée Rimbaud (le poète est natif de la ville) est installé dans l'ancien moulin ducal. Enfin, à Mézières, à l'intérieur des remparts, voilà la basilique Notre-Dame d'Espérance (reconstruite après 1950 après avoir été bombardée en 1815, 1870, 1914, 1940 et 1944...).

On quitte Charleville-Mézières par la départementale 764 en direction de Flize. En cet endroit, la route nationale 64 historique rencontre la chaussée en provenance de Boulzicourt. C'est la D864 (ancienne N64A), aménagée au milieu du XIXe siècle pour favoriser le trafic entre Reims et Sedan sans passer par Charleville-Mézières. En ces campagnes, les bourgs et villages s'allongent, interminables, le long du bitume. Antan, certains de ces villages-rue répondaient à une organisation stricte de la vie paysanne: les jardins, vergers et champs derrière l'habitat principal et "l'usoir" ou "parge" devant la maison; celui-ci servait de zone d'entrepôt pour le bois de chauffage, le fumier, mais aussi pour les véhicules et outils du paysan. En ce qui concerne le fumier, euh... heureusement, une disposition datant de 1980 interdit désormais son dépôt devant les maisons...! on racontait cependant au début du XXe siècle que le fermier le plus riche était celui qui avait le plus grand tas de fumier gisant devant sa ferme...

Gros plan sur la plaque de lave émaillée de Dom-le-Mesnil. On note sa provenance (affichée en plus gros en dessous du cliché): St-Martin-lès-Riom dans le Puy-de-Dôme. Les Ardennais ont le goût des choses qui durent. Photo: Marc Verney, avril 2011.

Plus loin, voilà Dom-le-Mesnil et sa pierre, qui a servi à bâtir Charleville. La route, large et facile, franchit le canal des Ardennes avant d'entrer dans la ville de Sedan. où la RN64 historique croise l'ancienne N77 Bouillon (frontière belge)-Nevers qui était, pour nombre de Wallons et d'Ardennais des années soixante, LA "route du soleil" menant vers le Midi de la France... Sedan... Comment ne pas évoquer cette malédiction française qui a été de perdre par deux fois une guerre contre les Allemands à cet endroit précis... Bon, on ne va pas raconter toute l'histoire -tumultueuse- de la ville!

Il faut cependant savoir que, puissamment fortifiée dès le XVe siècle, la cité, devenue haut lieu du calvinisme, fut surnommée un temps "la petite Genève"... Le promeneur des anciennes routes ne peut rater le château, construit à l'origine par les ducs de La Marck. C'est aujourd'hui, le plus grand édifice fortifié d'Europe resté encore debout (il n'a été rendu à la "vie civile" qu'en 1962). Ultimes petit rappel historique: 1er septembre 1870, Napoléon III y capitule devant les armées prussiennes, en 1914, la ville est occupée sans coup férir par les troupes allemandes, tout comme en mai 1940, où de durs combats ne ralentissent que peu les blindés du général Guderian qui y percent le front, franchissent la Meuse (à Floing, 5 km à l'ouest de Sedan) et y amorcent la victorieuse campagne de France. Plus récemment, il faut noter que Sedan est la ville de naissance de Yannick Noah, l'un des Français parmi les plus appréciés.

RN77: Aube sur Loire...
La route nationale Sedan-Nevers traverse une grande partie de l'est de la France. Ardennes, Champagne, Bourgogne... Un trio de régions pour une superbe promenade! (lire)

Mais c'est l'industrie textile qui a longtemps fait vivre la région. Le guide Michelin de la région nous fournit cette info qui pourra intéresser l'amateur d'anciennes autos: certains constructeurs automobiles américains accolaient le terme "Sedan" au nom de leurs modèles. Il s'agissait-là d'un argument de vente: ces véhicules disposaient de sièges recouverts de toile de Sedan, censée être d'une grande solidité... C'est, en tous cas, dans cette cité que la RN64 traverse la Meuse pour s'implanter rive droite du fleuve.

A VOIR, A FAIRE

L'imposant château-fort surplombe la ville de ses vertigineuses murailles de pierre. Il pouvait héberger jusqu'à 4000 soldats. Différents circuits de visite permettent d'en apprécier l'ampleur.

Les plaques de lave restent bien fixées aux murs, même refaits. Un petit patrimoine routier qui ne va pas disparaître du jour au lendemain. Un exemple à suivre. Photo: Marc Verney, avril 2011.

La nationale 64 quitte Sedan par Balan et prend la direction de Bazeilles. Sur cet ancien tracé, nombreuses sont les anciennes plaques émaillées de la RN64. Bazeilles aura connu l'un des épisodes les plus intenses de la guerre de 1870: quelques centaines de fusiliers-marins français luttant jusqu'à l'épuisement de leurs munitions contre les soldats bavarois... Un jour plus tard, Sedan tombait. Et le IIIe Empire avec...

Plan rapproché sur la plaque de lave de Volvic de Bazeilles. Photo: Marc Verney, avril 2011.

Après un peu plus de quatre kilomètres effectués en quasi ligne droite, la N64, arrivée à Douzy, s'oriente à 90° en direction du sud et franchit la rivière Chiers. Un petit musée de l'aviation se trouve sur l'aérodrome adjacent. La chaussée retrouve la Meuse à la hauteur d'Amblimont. Au loin, se dessinent déjà les premières maisons de Mouzon. Ce petit bourg a été une des frontières du royaume de France jusqu'en 1659. Ultime trace des fortifications érigées au fil du temps: la porte de Bourgogne et son petit musée d'histoire locale. A la sortie de la cité, la route coupe une boucle de la Meuse, escalade une colline, tourne brusquement sur la gauche, au coeur d'un bois.

C'est là, à la hauteur du site gallo-romain du Favier que la RN64 de 1959 entre dans le département de la Meuse. Voilà, en bas de la côte, le village de Moulins-Saint-Hubert. Puis on "récupère" la Meuse à Inor avant d'entrer dans Stenay... ville de résidence du bon roi Dagobert II, petit-fils du premier! C'est aujourd'hui pour un étonnant musée de la Bière situé dans un magasins à vivres de 1610 que l'on vient à Stenay. Puis, "Traversant la ville, nous dit le Guide Bleu de 1954, on reprend au sud la R.N.64 qui longe le canal de l'Est de l'autre côté duquel la Meuse s'étale parmi les prairies". Après Mouzay, la chaussée entre dans Dun-sur-Meuse, cité détruite par le premier conflit mondial (ses ruines ne furent libérée qu'en novembre 1918 par les soldats américains). La bourgade est connue pour être le lieu de naissance du sculpteur Jean-Robert Ipousteguy qui s'est fait un nom dans les années soixante avec une oeuvre de marbre et de bronze hors de toute école.

La plaque de cocher de Moulins-Saint-Hubert porte la mention "route impériale". Photo: Marc Verney, avril 2011.

La route longe encore un peu la Meuse, saute une crête avent de redescendre vers Sivry-sur-Meuse. On approche rapidement des lieux ayant vécu les combats de la grande bataille de Verdun en 1916... C'est en effet à Brabant-sur-Meuse, le 21 février de cette année, que se trouvaient les avant-postes français. Autour de la route, chaque village, chaque colline a droit à son monument, à son cimetière militaire, français, allemand, américain... L'émotion étreint le voyageur. Après Samogneux, la route remonte sur une petite côte que les Allemands, nous précise le Guide Bleu, "enlevèrent le 25 février et qui ne sera reprise qu'en août 1917"...

Après Samogneux, la RN64 historique entre de plain pied dans l'histoire de la bataille de Verdun. Photo: Marc Verney, avril 2011.

Encore un peu plus loin, voilà Vacherauville, au pied de la côte du Poivre, point extrême atteint par l'avancée allemande sur Verdun le 26 février. La ville n'est qu'à 8,5 km!! Les entrées sur Verdun, capitale mondiale de la Paix, des Libertés et des Droits de l'homme se font -hélas- avec l'habituel cortège de rond-points et de zones commerciales aux couleurs criardes...

L'avance allemande en 1915 a été stoppée ici à Vacherauville. Photo: EF, avril 2011.

Verdun a, depuis toujours joué un rôle important dans l'histoire des communications: L'Itinéraire d'Antonin, un ouvrage de la fin du IIIe siècle cite Verdun (Virodunum) situé sur la route de Reims (Durocortorum) à Metz (Divodurum). Difficile aujourd'hui de se dire que la Grande Histoire du monde s'y est jouée... Et pourtant, à l'approche de la tour Chaussée (1380), un des symboles de la ville, on se remet à regarder passer la valse des siècles: dès 843, c'est là que fut signé l'important traité qui divisa en trois l'immense empire carolingien... L'Europe ne s'en est pas encore remise! Du IXe au XVIe siècle, Verdun est convoitée tant par les rois de France que par les souverains germaniques, dont le très influent Charles Quint...

RN3: rejouer les taxis sur la Marne
La route nationale 3 relie Paris à l'Allemagne en passant par Verdun et Metz. Que des terres de batailles et de conquêtes! (lire)
RN18: un triangle de feu...
Une longueur de 71 kilomètres, pas un de plus... Mais un concentré d'histoires dans le Triangle de feu, entre Verdun et Longwy! voilà la RN18. (lire)

La cité, dirigée par les évêques du duché de Lorraine est finalement occupée par les Français en 1552. Vauban y oeuvra, fortifiant Verdun en entourant les maisons d'une impressionnante ceinture de remparts. Après la guerre perdue de 1870, la ville ne se trouve plus qu'à une cinquantaine de kilomètres de frontière allemande en raison de l'annexion de l'Alsace et de la Moselle. Entre 1874 et 1914, les Français fortifient donc à tour de bras la région: forts de Douaumont, Vaux, Souville... Les combats de 1916 atteindront une violence inouïe. Et le fracas des armes ne cessera pas jusqu'au mois d'août 1917. Sur les dix mois les plus intenses de la bataille, les combats auront fait plus de 300 000 morts de deux côtés.

Le chantier de reconstruction de la ville durera jusqu'en 1940 (et la ville sera à nouveau durement touchée durant la Deuxième Guerre mondiale!!). A Verdun, on rencontre la R.N.3 Paris-Allemagne et la R.N.18 vers Etain. Un mot sur la "voie sacrée". Cette route de 55 km, qui reliait Bar-le-Duc à Verdun était empruntée, jour et nuit, entre février 1916 et janvier 1917 par 9000 camions qui apportaient au front le ravitaillement et les renforts. Le premier triomphe du moteur à essence et du pneumatique!

A VOIR, A FAIRE

La citadelle souterraine, initiée par Vauban puis percée de multiples galeries souterraines au XIXe siècle (musée); Le monument de la Victoire et son escalier de 73 marches; la tour Chaussée, ancienne porte d'entrée de la cité; la cathédrale Notre-Dame dans la ville haute, ainsi que le Palais épiscopal (achevé en 1770) qui abrite le Centre mondial de la Paix, des Libertés et des Droits de l'homme. Autour de Verdun, la départementale 913 fait le tour des principales zones de combat. On ne quitte pas Verdun sans avoir goûté les dragées... une invention de la ville au XIIIe siècle!
A Haudainville, juste après Verdun, juste en dessous de la plaque de cocher traditionnelle, une autre ancienne plaque mentionne "chevaux de secours". Est-ce pour surmonter la grimpette qui s'annonce? Photo: Marc Verney, avril 2011.

La route prend maintenant la direction de Saint-Mihiel en longeant la Meuse. Là encore, les villages gardent le souvenir de la Grande Guerre. Les cimetières militaires se succèdent à Haudainville, Dieue-sur-Meuse, Génicourt-sur-Meuse, Ambly-sur-Meuse, Troyon... Surplombée par les Dames de la Meuse, sept roches colossales qui dominent le paysage, la route nationale 64 historique entre dans Saint-Mihiel, une petite cité née de l'édification en 815 d'une abbaye bénédictine. Au XIIIe siècle, la ville connaît même une activité florissante alors que Verdun, tout proche pourtant, s'étiole. Au trafic nord-sud de la voie mosane répond désormais le trafic est-ouest correspondant aux grandes foires champenoises.

Beaucoup plus tard, Saint-Mihiel devient une importante ville de garnison, au point, qu'à la fin du XIXe siècle, un journal local écrit même que l'on voit à Saint-Mihiel "le spectacle unique en France d'une ville comprenant plus de militaires que de civils"... Cela n'empêchera pas la cité d'être prise par les Allemands le 25 septembre 1914 et d'attendre quatre ans pour être libérée. Aux XVIe et XVIIe siècles, Saint-Mihiel héberge une brillante école de sculpture qui essaimera dans toute la Lorraine. Pour continuer à suivre la R.N.64, "On passe Saint-Mihiel tout droit", nous indique le Guide Bleu de la France automobile 1954, puis "on passe au pied du fort du Camp-des-Romains en ruine depuis septembre 1914. La route traverse la Meuse et remonte la rive gauche à côté du canal". Là, dans le bourg de Sampigny, se trouve le musée Raymond-Poincaré installé dans l'ancienne résidence d'été de celui qui fut président de la République de 1913 à 1920.

Après Vadonville et Lérouville, voici Commercy, terme de notre première étape. Commercy est une petite ville tranquille jusqu'au jour où Stanislas, le beau-père de Louis XV devient duc de Lorraine... Jetant son dévolu sur Commercy, Stanislas, un bon vivant, fait agrandir le château qu'il aménage en résidence de luxe. Jusqu'à la ville, où il imprime sa marque en faisant réaliser le Fer-à-Cheval, une vaste place qui jouxte son château. Longtemps, l'un des seuls accès à Commercy fut la route de Vignot (auj. D958). Plus tard, au début du XIXe, pour améliorer la traversée de la ville lors de la création de la route Sedan-Neufchâteau, on fait des travaux de terrassement qui déplacent le cours d'un ruisseau, le Rupt.

Comment quitter Commercy sans goûter les madeleines? Photo: Marc Verney, avril 2011.

Et les madeleines? Inventée par une jeune soubrette prénommée Madeleine pour le bon plaisir du duc Stanislas, of course! Amusant: on trouvait dans la ville, au début du XXe siècle, un restaurant antialcooliques, L'Etoile bleue... Au sortir de Commercy, la R.N.64 laisse, pour une vingtaine de km, le parcours de la Meuse qui réalise de vastes méandres paresseux (non loin, il y a Euville et ses carrières de pierre qui ont servi à réaliser la place Stanislas de Nancy et le pont Alexandre III à Paris)...

RN4: aller rejoindre les cigognes
La N4 file plein est vers Strasbourg... Terres de Champagne, de Lorraine et d'Alsace, nous voilà! D'ailleurs, voilà encore un bout de macadam qui va nous rappeler des pans entiers d'histoire de France... (lire)

On finit par dépasser Void où l'on croise la route de Paris à Strasbourg par Nancy (N4) et où l'on monte au travers de la forêt en direction de Vaucouleurs. Sur ce trajet, on laisse, sur la gauche, dans un vallon boisé, les ruines romantiques du château de Gombervaux (XIVe siècle)...

Marc Verney, Sur ma route, mai 2011


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