On peut bien voir le tracé de la RN469 historique sur l'émail de cette antique table d'orientation située au-dessus d'Arbois, au Tourillon. (photo: EF, novembre 2010).
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Documentation écrite utilisée: Atlas des grandes routes de France (Michelin, 1959), Atlas routier France (Michelin, 2010), carte Michelin Beaune-Evian n°70 (1949 et 1965), Guide Bleu Franche-Comté, Monts Jura (Hachette, 1961), le Guide Bleu Franche-Comté (Hachette, 2006), Le Guide du Routard Franche-Comté (Hachette, 2010-2011), Le Petit Futé Jura (NEU, 2010-2011), Fonck Béatrice, Un grand Arboisien méconnu: Auguste Napoléon Parandier (Pasteur Patrimoine Arboisien), Besson André, Mon pays comtois, éditions France-Empire (1980), Delacrétaz Pierre, Jura, grottes, cascades, lacs, éditions Cabédita (2000). Et, naturellement l'office du tourisme de la ville d'Arbois.
Sur la route des vins du Jura... Photo: Marc Verney, octobre 2008.
Entre Arbois et La Châtelaine, la route nationale 469 historique (D469) se faufile entre de hautes roches (photo: MV, février 2010).


Les belles routes de France
R.N.469: ARBOIS, DE LA BOUTEILLE A LA GROTTE...
Notre promenade nous emmène sur la route qui dessert Arbois. Le trajet sur cette ancienne RN469 en 1959 n'est pas bien long: un peu plus de trente kilomètres entre Mont-sous-Vaudrey et Montrond... Mais les paysages sont à déguster au ralenti, car là se trouve l'une des plus belles curiosités du Jura: la grotte et la reculée des Planches. Sans compter Arbois et ses grands crus. Attention! Sachez apprécier avec modération... Nota: sur des cartes routières de 1949 et 1965, la RN469 se poursuit jusqu'à Chaussin par Le Deschaux, Villers-Robert, soit 17 km de plus.

Le court tunnel de la montée de l'ancienne N469 d'Arbois au belvédère du cirque du Fer-à-Cheval.(photo: Marc Verney, février 2010). En cliquant sur l'image vous continuez la promenade sur la route blanche Paris-Genève!


C'est au rond-point avant Mont-sous-Vaudrey qu'il faut emprunter -un temps- la route de Pontarlier. Il faut ensuite rapidement prendre la direction de Vaudrey et Arbois par la D469. La route, quasiment toute droite, traverse Vaudrey, la forêt de Choiseul, Molamboz, puis Mathenay Sur la gauche, discrète et se cachant derrière des rideaux d'arbres, la rivière Cuisance qui prend sa source dans les replis de la reculée des Planches, au-delà d'Arbois. Le paysage agricole se transforme peu à peu. Voilà, au loin, le Revermont, premier contrefort des monts jurassiens.

Après quelques kilomètres de notre courte N469 historique, voilà déjà Arbois, assurément un des plus jolis sites du Jura. La petite cité, cerclée de vignobles, se blottit à l'orée de la reculée des Planches, dont les roches, au loin, cernent les collines environnantes. Cette belle capitale du vignoble jurassien (première appellation d'origine contrôlée en 1936!) se laisse découvrir à pied, le long des chemins qui suivent la rafraîchissante Cuisance. Son appartenance au réseau des Petites cités comtoises de caractère en fait définitivement une halte sincèrement et fortement recommandée!

A la sortie de Dole (on n'est pas encore sur la D469), cette publicité peinte vante les mérites de la grotte des Planches. Photo: Marc Verney, août 2010.

Un peu d'histoire... Les gens d'ici ont du caractère, tout comme leur petite cité... Fortifiée dès le Moyen-Age, Arbois a dû soutenir plusieurs sièges. La mort du duc de Bourgogne Charles le Téméraire relance les luttes entre les Français et le Saint Empire germanique. Louis XI conquiert le bourg en 1478. En 1595, c'est Henri IV, qui, sous le prétexte de l'appui des Comtois aux ligueurs, fait envahir Arbois par les troupes du maréchal Biron. Celui-ci reniant sa promesse de laisser la vie sauve aux défenseurs de la ville fait pendre le courageux défenseur arboisien, le capitaine Joseph Morel. Plus tard, en 1674, Arbois est encore assiégée par les Français du vicomte d'Aspremont. Mais cette fois, l'assaillant se casse les dents devant la résistance opiniâtre des habitants.

Les coups de gueule des Arboisiens sont restés célèbres: ainsi, le 13 avril 1834, l'arrivée d'une diligence en provenance de Lyon sème l'émoi. Les voyageurs annoncent que les canuts viennent de se révolter à Lyon. Aussitôt, l'insurrection est décidée et de nombreux habitants se rendent à l'hôtel de ville pour s'emparer des fusils qui y sont gardés. Dans le feu de l'action, la République est même proclamée! Alerté par le représentant du gouvernement, le sous-préfet de Poligny s'avance deux jours plus tard au-devant des insurgés et demande: "Quels sont vos chefs?". C'est alors que tous les mutins lui répondirent d'une seule voix en patois: "Nos san tous tchiefs" (Nous sommes tous chefs). Quelques jours plus tard, la tension redescend et les habitants rentrent dans leurs foyers. Le journal local peut alors oser ce titre mémorable: "Arbois, Paris et Lyon sont tranquilles!".

Arbois, vue générale depuis l'Ermitage, un joli point de vue accessible à pied depuis le centre-ville en une vingtaine de minutes. Photo: Marc Verney, octobre 2008.

Pasteur, une vie arboisienne! Natif de Dole, Louis Pasteur a passé une grande partie de sa jeunesse à Arbois, dans une ancienne tannerie achetée en 1827 par son père. Pasteur fréquente alors l'école primaire de la cité, puis le collège jusqu'en 1839. Le grand homme reviendra par la suite et chaque année jusqu'à son décès en 1895 dans sa ville d'Arbois. C'est là qu'il travailla sur la fermentation du raisin et où il mit au point le procédé que l'on appelle la "pasteurisation".

Vins et merveilles
L'arbois était, dit-on le vin favori d'Henri IV... Aujourd'hui, le vignoble d'Arbois couvre 850 ha de coteaux composés de graviers calcaires et de terres d'argile de l'ère secondaire. Cinq cépages y sont cultivés: le pinot noir, le chardonnay mais surtout trois cépages typiquement jurassiens, le poulsard, le trousseau et le savagnin. Tout ceci amène une production très variée: des rouges, des rosés, des blancs, le vin jaune et vin de paille, du crémant, du macvin... C'est à Arbois que se déroule chaque année l'une des grandes fêtes des vins jurassiens: la fête du "Biou", le premier dimanche de septembre. Réunis en procession, les vignerons portent, en procession, jusqu'à l'église une gigantesque grappe de raisin. Portée par quatre hommes précédés de musiciens, l'ensemble, confectionné à l'aide de centaines de petites grappes de vrai raisin, est suspendu dans la nef de l'église Saint-Just. On peut aller dans le petit village voisin de Pupillin, "capitale" du cépage poulsard (ou ploussard), car, "à Arbois le renom, à Pupillin le bon"... A ne pas manquer: le château Pécauld et le musée de la Vigne et du Vin, vers la rue des Fossés (tél. 03-84-66-40-45). Belle maison forte d'origine médiévale, on y trouve toutes les explications sur les vins du Jura (ouvert de 10hà 12h et de 14h à 18h entre mars et octobre; de 14h à 18h de novembre à février, fermé le mardi sauf en juillet et août). Un sentier en boucle de 2,5 km permet de découvrir le vignoble de manière ludique.

A VOIR, A FAIRE

L'église romane Saint-Just, édifiée aux XIIe et XIIIe siècles; à voir, son beau clocher (1530) en pierres rousses d'une soixantaine de mètres qui domine les toits de la ville; la maison de Pasteur, 83, rue de Courcelles (tél. 03-84-66-11-72, visites guidées de 45 minutes entre 9h45 et 18h15 de juin à septembre, de 14h15 à 17h15 en avril-mai et début octobre); le musée Sarret-de-Grozon, Grande-Rue (tél. 03-84-66-55-55, ouvert tous les jours en juillet et août de 15h à 18h30 sauf le mardi, ouvert en septembre jusqu'à la mi-octobre les samedis et dimanches de 15h à 18h30), on peut voir dans ce bel hôtel particulier du XVIIe siècle des collections de porcelaines et d'argenteries exceptionnelles ainsi que des pastels exécutés par Louis Pasteur; la place de la Liberté, bordée de maison à arcades du XVIIIe siècle et véritable coeur d'Arbois avec de nombreuses échoppes de vignerons; la tour Gloriette (XVIe siècle) et le pont Saint-Just (jolie vue sur la Cuisance), le site du château Bontemps (XVIe siècle), ancien logis des ducs de Bourgogne...
Office du tourisme d'Arbois, rue de l'Hôtel-de-Ville (tél. 03-84-66-55-50, ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h et tous les jours du lundi de Pâques au 15 septembre). Une promenade fléchée fait le tour d'Arbois (jolies vues sur les anciennes maisons).

STRASBOURG-LYON, PAR LA R.N.83
La N469 croise la N83 à Arbois. Voilà une route qui sillonne l'Est de la France à flanc de collines: Jura, Doubs, Vosges... Une route de vacances? (voir)

A voir, à faire, un peu plus loin...

A 4,5 km au sud-est d'Arbois se trouve le petit village des Planches, dominé par sa vertigineuse reculée aux falaises hautes de 245 m. Au pied des roches, se trouve une grotte d'un grand intérêt car elle possède une rivière souterraine encore en activité. Composé de deux galeries, le site a une longueur de 1670 m. Les phénomènes d'érosion tels que les marmites de géant y sont particulièrement visibles. Là, se trouve la grande source de la Cuisance. Un peu plus au sud encore, la petite source de la Cuisance jaillit au pied du cirque du Fer-à-Cheval. La rivière bondit en de multiples cascades qui forment un ensemble d'une grande beauté.
La grotte des Planches, Les Planches-près-Arbois (tél. 03-84-66-13-74); ouvert de 10hà 17h du 1er mars au 30 juin, du 1er octobre au 11 novembre, de 9h à 18h du 1er juillet au 30 septembre (restauration agréable et produits locaux sur place).

On quitte Arbois par la route de Champagnole
(D469). La montée vers le premier plateau jurassien a longtemps opposé les villes de Poligny, Arbois et Salins, qui voulaient chacune drainer l'important trafic qui existait entre plaine et montagne. En mars 1835, le conseil municipal d'Arbois, qui sent que Poligny lui dame le pion avec la nationale 5, émit le voeu de classer en route nationale la chaussée qui partait de Mont-sous-Vaudrey et qui, passant à Arbois, montait à Andelot par Mesnay. Cette future route nationale devait, plus haut, rejoindre la Suisse par Censeau, Bonneval et les Hôpitaux-Neufs. Mais la démarche échoua et -très vite- les malles-postes, pourtant établies en 1835, ne circulèrent plus entre Mont-sous-Vaudrey et Jougne.

Les ultimes traces de la RN469 sont aussi sur ces panneaux forestiers. Photo: Marc Verney, novembre 2010.
Au début de la route forestière de Lachaussée, vers Chilly-s-Salins. Photo: Marc Verney, novembre 2010.

Au milieu du XIXe siècle, ce sont les projets de chemin de fer qui ralentirent tous les chantiers routiers dans cette partie du Jura. On estimait alors -à tort- que les trains allaient annihiler toute circulation sur les routes et chemins... C'est un ingénieur du nom d'Auguste Napoléon Parandier qui fut cependant dès 1832 à l'origine du projet de route le long de la côte des Ferrières reliant Arbois à Champagnole. Les travaux débutent en 1843 et se terminent cinq ans plus tard. Le résultat est surprenant: vers le sommet, la route tutoie le bord de la reculée, s'infiltre entre de hautes parois rocheuses dignes des plus vertigineuses corniches du Vercors... Il y a même un court tunnel juste avant d'aborder le belvédère du cirque du Fer-à-Cheval (vue remarquable). La départementale 469 file désormais sur le premier plateau. Après avoir traversé sans histoire la forêt des Moidons, elle retrouvera le trajet de la route blanche peu avant Montrond.

A VOIR, A FAIRE

Entre Arbois et Champagnole, se trouve la grotte des Moidons. Découverte récemment (1966), cette cavité renferme de belles stalagmites et stalactites bien mises en valeur par un spectacle son et lumière. Durée de la visite: 45 minutes.
Grotte des Moidons, route d'Arbois, Molain (tél. 03-84-51-74-94); visites guidées quotidiennes entre 9h30 et 17h30 en juillet et août; en juin et début septembre: matin et après-midi uniquement; site fermé du 30 septembre au 1er avril.

Un panneau de route forestière bien ancien. A noter: dans le Jura, une vie est un chemin antique. Photo: Marc Verney,novembre 2010.

Marc Verney, Sur ma route, janvier 2011


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