Vers Rivarennes, ce vieux panneau touristique "don de la chemise Triplefil" indiquait encore la R.N.151 en 2007 (photo: MV, mai 2007).
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Plaque de cocher à Ingrandes (photo: MV, octobre 2019).
Les plaques de rue conservent parfois plus longtemps le souvenir de la défunte route nationale... Ici, à Ciron (photo: MV, octobre 2019).
Dans la vallée de la Creuse, le cheminement de la R.N.151 historique se fait plus bucolique (photo: MV, octobre 2019).

LIEUX TRAVERSES PAR LA R.N.151 (1959):
Poitiers (N10, N147)
Le Breuil-l'Abbesse
Les Grangeries
Saint-Julien-l'Ars
Chauvigny
Paizay-le-Sec
Saint-Savin
Ingrandes
Le Blanc (N675)
Ruffec
Ciron
Scoury
Chitray
Saint-Gaultier
Lothiers (N20)

SOURCES ET DOCUMENTS: Atlas des grandes routes de France, Michelin (1959); carte n°68 Niort-Châteauroux, Michelin (1953); Bulletin des lois, Imprimerie royale (1847); Documents statistiques sur les routes et ponts, ministère des Travaux publics, Imprimerie nationale (1873); Exode rural et migrations intérieures en France, l'exemple de la Vienne et du Poitou-Charentes, Jean Pitié, éditions Norois (1971); Guide du Routard Berry, Hachette (2011-2012) Guide du Routard Poitou-Charentes, Hachette (2015); Le chemin de fer de Paris à Toulouse, Philippe Duchemin, Annales de géographie (1945); L'Indre: le Bas-Berry de la préhistoire à nos jours, ouvrage collectif, éditions Bordessoules (1990); Procès-Verbaux de l'Assemblée provinciale du Berri, tome troisième, 1786, chez B. Christo, imprimeur du Roi (1787); berryprovince.com; chauvigny.fr; chauvigny-patrimoine.fr; poitiers.fr; ville-leblanc.fr; Remerciements: Wikisara; Wikipédia; Persée; le Géoportail de l’IGN.
A Lothiers-Gare, l'ancien tronçon de bitume avant la réalisation du pont du chemin de fer sur la ligne Paris-Toulouse (photo: MV, oct. 2019).
A VOIR, A FAIRE
Poitiers:
une promenade le long de la Grand-Rue, ancienne voie romaine et axe le plus âgé de la cité (anciennes bâtisses), la rue de la Chaîne et ses vieilles demeures médiévales, la façade de Notre-Dame-la-Grande (milieu du XIIe), le palais de justice, ancien palais des comtes de Poitou, la cathédrale Saint-Pierre, l’église Sainte-Radegonde, le baptistère Saint-Jean, l’église Saint-Hilaire-le-Grand, l’église abbatiale de Saint-Jean-de-Montierneuf. A visiter, le musée Sainte-Croix (histoire régionale et beaux-arts), le parc Blossac, qui domine la vallée du Clain. A côté: le Futuroscope.
Chauvigny: les cinq châteaux de la ville, la collégiale Saint-Pierre, le musée des traditions populaires. Au nord-ouest, le château de Touffou et les restes de l’abbaye de l’Etoile.
Saint-Savin: l’abbaye du village et ses fresques classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Autour de ce bourg, plusieurs jolies églises et chapelles, c’est la «vallée des fresques».
Ingrandes: le château. Le célèbre écrivain-voyageur Henri de Monfreid s’installa dans ce village.
Le Blanc: situé sur un gué, le bourg fut un nœud de voies de communications antiques vers Poitiers, Orléans, Tours, Bourges, Levroux et Limoges. Plusieurs circuits permettent de découvrir la cité. Le château Naillac, écomusée de la Brenne.
Ciron: la lanterne des morts.

Saint-Gaultier:
l’église et les restes des remparts.
AUTRES LIENS: la page Wikipédia de la R.N.151 (lire) ou la page Wikisara de la route de Poitiers à Avallon (lire)

Les belles routes de France
R.N.151: EN CŒUR DE FRANCE (I)
Notre chemin nous amène sur l’une des grandes transversales françaises, l’ancienne R.N.151, qui relie, en 1959, Poitiers à Avallon, sur une longueur de près de 300 kilomètres. La première partie va de Poitiers aux environs d’Argenton-sur-Creuse, puis, avoir remonté quelques kilomètres sur la R.N.20 en direction de Châteauroux, on redémarre de là vers Bourges, Clamecy –après un court interlude sur la R.N.77- Vézelay et Avallon. De là, les projets du XIXe siècle auraient bien voulu la voir filer sur Montbard et rejoindre les grands axes de l’Est de la France pointant sur Sarreguemines… Mais il n’en a rien été, et la R.N.151 d’aujourd’hui, largement départementalisée, offre au conducteur attentif un remarquable panorama de cette France centrale, ici traversée d’ouest en est, et encore largement délaissée par les bruyantes multivoies autoroutières… Qu’y a-t-il de mieux que de repartir en vadrouille sur les chemins à la «rentrée»…? Première partie, de Poitiers à Lothiers, non loin d’Argenton-sur-Creuse.

L'ancienne R.N.151 (D951) à la sortie du village de Ciron, au beau milieu de la jolie vallée de la Creuse (photo: Marc Verney, octobre 2019). En cliquant sur l'image vous retrouverez bientôt la suite de notre promenade. .

Nous voici tout d'abord sur la rue du Faubourg-du-Pont-Neuf, un itinéraire déjà dessiné sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle) publiée par l’IGN. La cité, explique le site poitiers.fr, «est située au carrefour de deux grands axes routiers, la route d’Espagne et la voie de Nantes à Limoges». Pour ce qui est des circulations est-ouest, le promontoire entouré de rivières sur lequel sont juchées les habitations a longtemps constitué un obstacle, continue le site municipal. «En venant de l’est, les voyageurs devaient franchir la rivière le Clain. Mais un détour s’imposait soit par le pont Joubert soit par le pont Saint-Cyprien. Ces deux ponts étroits étaient vétustes et fragilisés par les crues» raconte encore poitiers.fr. Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, l’intendant de la Bourdonnaye de Blossac va proposer d’établir un nouveau pont sur le Clain. Bâti par l’ingénieur Barbier, ce Pont-Neuf est commencé en 1778 et les travaux s’achèveront dix années plus tard. Mais l’histoire ne s’achève pas là… Jusqu’à la Révolution française, le pont s’ouvre, côté ville, sur une impasse! Car un édifice religieux fait barrière… L’expulsion des religieuses de l'abbaye Saint-Croix, au lendemain de la période révolutionnaire, laisse toutefois le champ libre au percement -par tronçons successifs entre 1832 et 1846- d’un lien direct entre le faubourg et le centre-ville de Poitiers. «C’est l’actuelle rue Jean-Jaurès», indique le site poitiers.fr. Plusieurs travaux de réfection ont été menés sur le Pont-Neuf en 1816, 1820 et 1843. Le pont est élargi peu avant la première Guerre mondiale. Il permet alors le passage d’un tramway reliant la place d’Armes au quartier de la Pierre-Levée. Quant à la rue du Faubourg-du-Pont-Neuf, qui s’étire sur près de 1800 mètres, elle est la véritable «colonne vertébrale du quartier». Son dense bâti est constitué «pour l'essentiel de modestes maisons urbaines construites entre la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle». D'anciennes réclames peintes sur les murs des logis «rappellent l'activité commerçante et artisanale du quartier», conclut le site municipal poitiers.fr. Peu après, au niveau d’un carrefour entre les avenues du Recteur-Léon-Pineau et Jacques-Cœur, on laisse filer sur la droite la R.N.147 qui mène à Limoges, ce qui marque le vrai départ de notre R.N.151.

R.N.10: AUX BASQUES DE LA GIRONDE
La route annonce la couleur: rouge piment d'espelette, rouge bordeaux, rouge de touraine... la N10? une route de gastronomes... (lire)

Carte de 1933 montrant les premiers kilomètres de la R.N.151 (Routes à priorité, éditée par le laboratoire de médecine expérimentale pour le corps médical).

Nous prenons la direction de Chauvigny. Au nord, à la place du champ de manœuvres de Châlon, il y a les nouveau quartiers de Beaulieu et des Sablons, développés dans la deuxième partie du XXe siècle. Un peu plus loin, sur la route de Chauvigny, voilà le Breuil-l’Abbesse. Durant la guerre de Cent Ans, le 16 septembre 1356, les Anglais, dirigés par le Prince noir, y tombent sur l'arrière-garde de l'armée française, qui marchait sur le chemin de Poitiers à Chauvigny, qu'ils mettent en déroute, prélude d'une défaite catastrophique pour le royaume de France le 19 septembre suivant. Une longue ligne droite nous emmène jusqu’à Saint-Julien-l’Ars. Ici, nous dit l’ouvrage de Jean Pitié, Exode rural et migrations intérieures en France, l'exemple de la Vienne et du Poitou-Charentes, les autorités -dans la Vienne- ont mené «de 1810 à 1838, la réalisation d’un ambitieux programme de routes nouvelles», qui étendit les voies royales de 148 km à 355 km, incluant la chaussée de Poitiers à Avallon. Passé Saint-Julien-l’Ars, notre voie se rapproche rapidement de Chauvigny, qui n’est qu’à moins de dix kilomètres. On remarque, parfaitement tracée sur la carte d’état-major du XIXe siècle (1820-1865) publiée par le Géoportail, le tracé de l’ancienne voie antique de Poitiers à Bourges, qui se détache de la route n°151 au sud de Jardres pour traverser la Vienne à gué au niveau de Saint-Pierre-les-Eglises, traverser la Gartempe au sud de Saint-Savin et rejoindre Ingrandes. Le site chauvigny-patrimoine.fr, qui reprend un article de la Société de recherches archéologiques, artistiques, historiques et scientifiques du pays chauvinois écrit par Pierre Sailhan, en parle longuement: «Des bornes milliaires la jalonnaient; l'une d'elles, qui mentionne le nom de l'empereur Commode (qui régna de 189 à 192 après JC) est actuellement dressée contre le chevet de l'église Saint-Pierre-les-Eglises. (...) Dans les parties qui ne paraissent pas avoir été modifiées par des travaux modernes, la voie a une largeur de 5 à 6 mètres. Elle est généralement bordée de fossés assez profonds». Enfin, le total des huit couches formant le lit de cette voie importante «représente une épaisseur moyenne de 60 à 65 cm, ce qui est considérable et donne une idée du soin que les gallo-romains apportaient à la construction de leurs routes», explique-t-on encore sur le site chauvigny-patrimoine.fr.

CINQ CHATEAUX A LA UNE! Quatrième agglomération du département derrière Poitiers, Châtellerault et Loudun, Chauvigny «doit l'essentiel de sa renommée à son important patrimoine médiéval», écrit Wikipédia. En effet, ce sont pas moins de cinq châteaux qui y forment un ensemble fortifié de premier plan, peu commun en Europe. Ainsi, voilà le château baronnial des XIe et XVIe siècles, le château d'Harcourt des XIIe et XVe siècles, le château de Mauléon du XIIIe siècle, le château de Gouzon des XIe et XIIIe siècles, la Tour de Flin du XIIe siècle, auxquels s'ajoute, dit le site chauvigny.fr, la collégiale Saint-Pierre du XIIe siècle célèbre par le décor de son chevet et ses chapiteaux.

Route de nuit entre Poitiers et Le Blanc (photo: MV, octobre 2019).

Notre route n°151 a, elle aussi, été très bien décrite par la Société de recherches archéologiques, artistiques, historiques et scientifiques du pays chauvinois dans l’article de Pierre Sailhan. Sur chauvigny-patrimoine.fr, on lit qu’au Moyen Age, la disparition du réseau routier romain et le déplacement de l’emplacement de nombreuses villes, eurent pour conséquences la création de nouveaux chemins, bien plus précaires. Ainsi, vers Chauvigny, le chemin de Poitiers à Bourges, abandonnant le gué des Eglises, franchit la Vienne sur un pont, situé à peu de distance de l’ouvrage actuel. Plus tard, au début du XVIIIe siècle, la puissance royale fait tracer une première route de Poitiers à Bourges «dont le tracé nous est connu par la carte de Cassini», signale chauvigny-patrimoine.fr. Pierre Sailhan nous raconte même que cette nouvelle chaussée est parfois réalisée avec soin: «Dans les sections tracées à flanc de coteau, elle est bordée de murs de soutènement construits en pierres sèches. Sa largeur est de 6 mètres dont 3 mètres de chaussée fortement empierrée». Mais, comme souvent, on déplore la lenteur des travaux et une belle chaussée roulante parente du tracé contemporain n’apparaît que sous la Restauration; le tronçon Chauvigny-Saint-Savin est achevé entre 1836 et 1838. On traverse Chauvigny avec la D951a (rue de Poitiers, place du Marché et rue de Bellevue). Outre un pont médiéval, on notait à Chauvigny, pour le passage de la Vienne, l’existence d’un pont suspendu, en service en 1833, qui fut remplacé, après plus de trente ans d’usage, par un pont en maçonnerie initié par décret impérial, le 17 juillet 1867.

Très belle plaque émaillée à Saint-Savin (photo: MV, octobre 2019).

Il faut faire dix-huit kilomètres, par Paizay-le-Sec, pour atteindre Saint-Savin, où l’on doit encore franchir une importante rivière, la Gartempe. La descente (D11g aujourd’hui) vers ce cours d’eau est atténuée par une rectification ordonnée le 29 mars 1847 qui aboutira également à la réalisation d’un nouveau pont (1852 selon Wikisara). On remarque d’ailleurs, non loin de celui-ci, le vieux pont médiéval (XIIIe siècle), de cent mètres de long, prolongé par la Grand-Rue qui traverse la partie ancienne du bourg. Là, non loin de la rue des Bans, se trouve un ancien relais de poste du XVIIe siècle (Wikipédia). L’abbatiale de Saint-Savin, surnommée la «Sixtine romane», possède de très nombreuses et très belles peintures murales des XIe et XIIe siècles. La R.N.151 historique va, dès lors, entrer dans le département de l’Indre. A neuf kilomètres de Saint-Savin, voici Ingrandes, où l’on doit encore passer une rivière, l’Anglin. Cette petite localité est attestée pour la première fois au IVe siècle. Elle s’appelle alors Fines («frontière» en latin), car le lieu «marquait la frontière entre le territoire des Pictons et celui des Bituriges, devenue ultérieurement limite entre l'évêché de Poitiers et celui de Bourges, puis entre le Poitou et le Berry», dit Wikipédia. En 1841, lit-on dans les Documents statistiques sur les routes et ponts, un pont suspendu y «a remplacé un bac». Mais il a été reconstruit un peu plus de quarante ans plus tard puisque son tablier «est tombé durant une épreuve réglementaire», indique un document budgétaire officiel de 1885. A neuf kilomètres de là, se trouve le petit bourg du Blanc. Ici, on notera que la voie antique de Poitiers à Bourges est toujours parfaitement visible sur les différentes cartes du Géoportail. On la remarque un peu au nord-ouest de la chaussée actuelle, rejoignant Le Blanc par la rue des Bazinelles se prolongeant jusque vers l’ancien gué sur la Creuse par la rue de l’Ancienne-voie-romaine. Car il nous faut franchir une nouvelle rivière! Et la petite cité, actuellement à cheval sur la Creuse, a pleinement profité, au fil des âges, de son emplacement privilégié sur un passage de la rivière. Cependant, indique le site municipal ville-leblanc.fr, on n'a pas traversé les flots qu'en se mouillant les pieds... Au Moyen Age, il y avait un pont qui reliait les deux côtés de la Creuse. Mais patatras, il «est emporté par une crue en 1530. Pendant trois cents ans, le passage de la Creuse se fait par bac. Le pont ne fut reconstruit qu'au début du XIXe siècle, entraînant de grands travaux d'urbanisme qui donnèrent au Blanc son aspect actuel».

R.N.675: LA FRANCE DES DOUCES COLLINES
Voilà une de ces routes qui font encore le charme de notre pays… petits bourgs croquignolets, échappées vertes, auberges de campagne… (lire)

Plaque de cocher au Blanc (photo: MV, octobre 2019).
Ancienne publicité dans la rue de Poitiers au Blanc (photo: MV, octobre 2019).

Pour sortir du Blanc, après avoir traversé le pont sur la Creuse, on emprunte le boulevard Mangin-de-Beauvais, puis l’avenue de la République. Dès lors, on va longer la Creuse jusqu’à Saint-Gaultier. La chaussée moderne n’est pas la seule à le faire: la carte d’état-major du XIXe siècle publiée sur le Géoportail de l’IGN montre clairement que la voie antique Poitiers-Bourges surplombe la vallée de la Creuse (un peu au nord de la R.N.151) au moins jusqu’aux abords du village de Ciron. Pour ce qui est de la route royale, il semble, nous dit Pierre Sailhan sur le site chauvigny-patrimoine.fr, que la généralité de Bourges avait pris de l’avance sur les ouvriers du Poitou: «Une feuille de la carte de Cassini, datant de la fin du XVIe siècle, qui est exposée au musée de Chauvigny, montre en effet les parties de la route alors terminées en Berry: un premier tronçon commençant avant Saint-Savin, et atteignant Scoury, par Le Blanc; un deuxième tronçon un peu plus à l'est, qui, cependant, ne rejoignait pas la route de Paris à Toulouse». Etait-ce une nouvelle chaussée? Ou l’amélioration de la voie antique? Erreur de date? De fait, la carte de Cassini du XVIIIe ne montre rien du tout sur le tronçon allant du Blanc à Lothiers (R.N.20). Pour Wikisara, la section Ciron-Scoury porte la date de 1834 et la portion de Saint-Gaultier à Lothiers celle de 1835… Pour compliquer les choses, j’ai trouvé des informations dans les Procès-Verbaux de l'Assemblée provinciale du Berri datant de 1787. On y lit que l’on a «exécuté 375 toises et 3 pieds de chemin neuf et on a réparé ou perfectionné 3624 toises et 1 pied au-delà du Blanc du côté de Poitiers; de sorte qu'il ne reste plus qu'environ 300 toises à faire pour terminer entièrement et mettre à l'entretien toute la partie du Blanc à Saint-Savin, qui contient quatre lieues de longueur. (...) En deçà du Blanc du côté de Saint-Gaultier, on a adjugé l'ouverture de 3500 toises  et l'entière construction de 3159 toises 2 pieds entre Le Blanc et Saint-Georges-de-Ciron». Après quelques kilomètres bucoliques, voici Saint-Gaultier, où l’ancienne route nationale passait au cœur du village, suivant l’actuelle D134. «La ville doit son nom, dit berryprovince.com, à Gaultier, abbé de Lesterps qui y fonda un prieuré. L’église date de la fin du XIe siècle». La bourgade était fortifiée: des vestiges des remparts restent d’ailleurs visibles dans les jardins bordant la Creuse et plusieurs témoignages de son histoire subsistent encore en différents lieux de la ville.

Ancien panneau d'indications touristiques à Ciron. On note la mention "don de la Société générale" (photo: MV, octobre 2019).
Peu avant Saint-Gaultier (photo: MV, octobre 2019).

De Saint-Gaultier, on rejoint Lothiers, où se trouvait jadis un des relais de poste de la grande route de Paris à Toulouse qui fut longtemps dans la région, la «seule route solide et viable en toutes saisons», explique l'ouvrage L'Indre: le Bas-Berry de la préhistoire à nos jours. Le tronçon jusqu’à Lothiers, long d’une quinzaine de kilomètres, est, nous raconte Wikisara, daté de 1835, et est presque rectiligne. On n’y croise aucun village; ces brandes (sorte de lande de déforestation très ancienne), «désertiques, redoutables aux voyageurs en automne et en hiver, rendent les échanges très difficiles», signale encore l'ouvrage L'Indre: le Bas-Berry de la préhistoire à nos jours. Peu avant Lothiers, voici la gare, où l’on passe la ligne de Paris à Toulouse, achevée ici en 1856. Du village de Lothiers, il faut faire une quinzaine de kilomètres sur la R.N.20 avant d’atteindre Châteauroux et la deuxième partie de la R.N.151 qui file vers Issoudun et Bourges. (à suivre)

Vers Lothiers (photo: MV, octobre 2019).

Marc Verney, Sur ma route, août 2021

R.N.20: LIMOUSINES EN PYRENEES...
La N20 de 1959 relie Paris à l'Espagne en passant par... Orléans, Limoges, Toulouse... une route qui coupe la France en deux du nord au sud. Une sacrée chevauchée... (lire)

R.N.151: EN COEUR DE FRANCE (II)
La deuxième partie de la N151 de 1959 part de Châteauroux et se dirige en direction de Vézelay en Bourgogne en sautant la Loire. Historique! (lire)

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