Cette borne Michelin se situait à Hauterive, à l'intersection des D84 et D91 (photo: MV, juin 2006).
Nous voilà près de Coulanges-sur-Yonne, sur le chemin de Vézelay (photo: MV, mai 2009).
En Bourgogne, de nombreuses bornes sont encore dans un excellent état de conservation, comme ici, vers Corsaint (photo: MV, juin 2006).

Sources et documents: Atlas des grandes routes de France, Michelin (1959), Atlas routier et touristique, France, Michelin (2017), carte n°65 Auxerre-Dijon, Michelin (1955).

Vers Braux. Ces bornes, de couleur crème, sont les plus récentes: elles ont été produites après la Deuxième Guerre mondiale (photo: MV, juillet 2010).

A NOS LECTEURS: les photos, textes et dessins de ce site sont soumis au droit d'auteur. Pour toute autre utilisation, contacter l'auteur. Merci de votre compréhension...


Les routes de France...
AU PAYS DES BORNES MICHELIN...
Entre l'Yonne et la Côte d'Or, il existe une petite région restée riche en ancien patrimoine routier. Les automobilistes pressés sillonnant l'autoroute A6, toute proche, ne peuvent s'apercevoir qu'entre Auxerre et Sombernon se trouve une foultitude de traces d'un passé routier pas si éloigné de nous que ça... L'auteur de ces lignes adore se laisser porter par le fragile bitume des routes de cette mignonne région, et, au gré des virages et des hameaux saupoudrés dans un paysage encore vierge de toute modernité criarde... il y a ces bornes Michelin, datant des années trente et des années cinquante. Suivez le guide!

Borne Michelin à Bouilly (Yonne) non loin de Saint-Florentin. (photo: Marc Verney, juin 2006). En cliquant sur l'image vous revenez à la page principale.


C'est la firme Michelin, connue pour ses pneumatiques et son petit guide qui va se révéler être un véritable "pionnier de la signalisation routière", écrit Philippe de Priester sur son site panneauxenbeton.fr. Dès la fin du premier conflit mondial, Michelin, déjà à l'origine de plaques émaillées d'indications routières, met au point un système de signalisation simple et durable, des bornes en béton sur lesquelles sont fixées des panneaux en lave émaillée donnant les indications nécessaires au voyageur: numéro de la route, noms et distances des localités (michelin.com). C’est en 1928 et après quatre prototypes différents que cette borne prend sa forme définitive, et, en 1931, le système est officiellement approuvé par les autorités françaises. Jusqu'en 1970, la firme Michelin va fabriquer plus de 300 000 bornes et panneaux en béton pour jalonner le réseau hexagonal. Ceux-ci perdront la mention publicitaire "Michelin" après la Deuxième Guerre mondiale.

Vers Fyé, non loin de Chablis. Ces exemplaires, présents en pleine nature, sont les plus rares, car bien souvent déplacés ou détruits par les services départementaux (photo: Marc Verney, juillet 2010).
Borne située sur la départementale 9, entre Semur-en-Auxois et Rouvray. Trônant souvent au milieu de la place du village, la borne Michelin est encore d'une grande aide pour l'automobiliste égaré qui souhaite éviter le recours -brutal- au GPS contemporain (photo: Marc Verney, avril 2009).

TOURISME
Saint-Florentin: l’église Saint-Florentin est vraiment imposante, juchée sur sa colline, qui domine le vieux centre. A l’intérieur (demander la clé à l’office du tourisme, on vous fait confiance!), on peut admirer un bel ensemble de vitraux du XVIe siècle (dont celui de la Création du monde), un jubé (de 1600) en pierre de belle facture et de nombreuses statues. En 1843, Viollet-le-Duc estimait l’église «irréparable»!! Elle fut pourtant –et –heureusement- restaurée de 1857 à 1862. Au bout de la rue Dilo, la fontaine, réédifiée en 1979 avec les trois dragons du monument d’origine (détruit en 1859). A noter: dans les niches au-dessus de l’édifice, au milieu des saints locaux, une représentation très nature d’Eve... Un petit tour à pied nous emmène au panorama du Prieuré. Là, une promenade publique (qui remplace un ancien couvent) offre une jolie vue sur le vieux Saint-Florentin et la vallée de l’Armançon. Le Musée en Florentinois date de 1877. Au programme, histoire locale, vieux métiers, instruments de musique anciens... Il ne faut pas manquer d’aller voir la belle église abbatiale de Pontigny (11 km au sud de St-Florentin), un des plus beaux exemples du cistercien en France.
Tonnerre: c’est l’un des plus beaux bâtiments bourguignons: l’Hôtel-Dieu, fondé en 1293 par Marguerite de Bourgogne a servi, un siècle plus tard de modèle à son célèbre homologue de Beaune. Les dimensions de l’ancienne salle des malades sont imposantes, elle faisait, à l’origine, 101 m de long, 18 m de large pour une hauteur de 27 m. La spectaculaire charpente, en forme de vaisseau renversé est en chêne. Dans une sacristie latérale de l’ancienne église, située dans le prolongement du bâtiment on peut admirer une belle Mise au tombeau de 1454 due aux ciseaux de deux disciples de Claus Sluter. Au sol, sur le dallage, ne manquez pas de regarder un curieux gnomon (un instrument astronomique) construit en 1783. Le musée Marguerite-de-Bourgogne se situe dans un bâtiment attenant. Il rassemble des objets liés à la vie hospitalière. Non loin de là, voici l’hôtel d’Uzès, beau logis Renaissance (1533) où naquit le chevalier d’Eon (sorte de James Bond des rois de France). Il faut ensuite aller voir la fosse Dionne, une source vauclusienne au débit perpétuel qui fait jaillir des entrailles de la terre une eau d’une dense couleur bleu-vert. Le bassin a été aménagé de 1731 à 1758. L’enceinte, abritée, et réalisée en pierres de taille dures devait abriter la statue d’une jolie nymphe des eaux portant à la main une grappe de raisin. Un projet non réalisé, dommage... En haut de la colline, l’église Saint-Pierre (portail roman du XIIe, tour du XVe) domine la cité. L’édifice a été reconstruit après le grand incendie de 1556. Belle vue sur les vieux toits de Tonnerre. En contrebas, l’église Notre-Dame, triple nef gothique (XIIIe-XVe siècles) était destinée à accueillir les pèlerins en route vers Vézelay. Des bombardements en 1944 l’ont fortement endommagée. A côté, il ne faut pas rater le château de Tanlay (9 km à l’est de Tonnerre), cerné par les douves et un vaste parc date de la Renaissance.
Chablis: le bourg est aussi appelé la "Porte d'or de la Bourgogne". Ce village, dont la renommée remonte au Moyen Age, abrite un vignoble prestigieux et un riche patrimoine. A visiter: les caves, la collégiale Saint-Martin, l'Hôtel-Dieu...
Auxerre: le centre historique est classé comme secteur sauvegardé dans sa quasi-totalité (67 hectares). On y trouve de très nombreuses maisons du Moyen-Age. Il ne faut pas manquer de contempler la belle tour de l'Horloge du XVe siècle située au centre piétonnier du vieil Auxerre. Le musée Saint-Germain, qui se trouve dans une ancienne abbaye, abrite les collections préhistoriques, gallo-romaines et médiévales de la ville d’Auxerre. La construction de la cathédrale Saint-Etienne débuta en 1215 sous l'épiscopat de Guillaume de Seignelay. L'édifice se repose sur un vaste édifice roman dont subsiste toujours aujourd'hui la crypte du XIe siècle. On peut se rendre dans le charmant quartier de la Marine qui perpétue la mémoire des coches d’eau qui quittaient Auxerre pour Paris.

A Vic-s/s-Thil (photo: Marc Verney, octobre 2009).
Vers Clamerey (photo: Marc Verney, juillet 2010).

TOURISME (suite)
Noyers-sur-Serein
: au nord de l'Avallonnais, le village sait surprendre ses visiteurs. De maisons à pans de bois en pilastres sculptés, de hautes glycines en arcades médiévales... cette adorable petite cité, labellisée "Un des plus beaux villages de France", blottie dans un méandre du Serein dévoile ses charmes au gré de ses placettes pittoresques.

Semur-en-Auxois: la vieille ville et la promenade des remparts, puis descendre vers le pont Pinard par une jolie volée d'ecaliers; la tour de l'Orle d'Or, ainsi nommée parce que son sommet était -jadis- entouré d'une bande de métal qui scintillait au soleil; la collégiale Notre-Dame (XIIIe siècle); le musée municipal, installé dans l'ancien couvent des Jacobines. Un petit train fait le tour des remparts et l'office du tourisme propose diverses promenades dans la cité. Juste à côté, on trouve le lac de Pont, promenade dominicale des Semurois dont le barrage a été édifié entre 1878 et 1883 pour l'alimentation du canal de Bourgogne.

Saulieu: haut-lieu de la R.N.6 historique la petite ville se laisse littéralement déguster au fil de ses voies… Les anciennes et prestigieuses adresses fleurissent à tous les coins de rue… Quelques unes semblent cependant bien défraîchies de nos jours! Saulieu fête la R.N.6 chaque année en mai. Des passionnés des routes anciennes y sont à l'oeuvre: ne pas manquer la publicité Caltex restaurée à l'entrée du bourg et toutes les anciennes bornes disposées autour de l'office du tourisme…

En route vers Verrey-sous-Salmaise (photo: Marc Verney, juillet 2010).

TOURISME (Suite et fin)
Buffon: incontournables, les forges de Buffon. Le lieu se situe un peu avant le village lorsque l’on arrive de Tonnerre. On passe le canal sur un joli pont et l’on se retrouve face aux grilles des forges (parking) créées par le naturaliste à partir d’avril 1768. Pourquoi un tel projet? Buffon, qui est un homme curieux, vient de réaliser des expériences sur la chaleur, et particulièrement sur l’action du feu par rapport au fer. Il veut optimiser les ressources bourguignonnes en minerai, qu’il juge de mauvais qualité. Les travaux de construction dureront trois ans et coûteront fort cher.
Montbard: principale attraction, le parc Buffon et ses jardins en terrasses (14 à l’origine!), situé sur la butte qui domine la cité. D’accès libre, on peut y visiter la tour de l’Aubespin, qui permit à Buffon de réaliser des expériences sur les vents, la tour Saint-Louis, où se trouvait l’une des bibliothèques du naturaliste et, enfin, le cabinet de travail où Georges-Louis Leclerc rédigea une grande partie de son Histoire naturelle (36 volumes, une oeuvre inachevée). Un musée se trouve dans la maison natale de Buffon en contrebas. Du vieux pont sur la Brenne, il y a une jolie vue sur les vieilles demeures du centre. Non loin, voilà l’abbaye cistercienne de Fontenay inscrite au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1981 et fondée par saint Bernard en 1118.
Vitteaux: la maison Belime et son toit de lave (XIIIe siècle), les halles du XIIIe, en haut du bourg, la tour de guet, située sur l’ancienne tour de la prison du château offre une sympathique vue sur les environs, et notamment l‘éperon de Myard, un ancien habitat fortifié du néolithique.
Sombernon: dans les environs proches, la promenade autour des nombreux lacs réservoir (Panthier, Cercey...) du canal de Bourgogne nous amène immanquablement au chic château de Commarin. Le village de Commarin est aussi la patrie natale d’Henri Vincenot, écrivain vibrant de passion pour l’Auxois. A 6 kilomètres au sud, voilà le site du bourg médiéval de Châteauneuf-en-Auxois et son château-fort du XIIe, une halte réputée sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle. Enfin, une visite à la voûte (le tunnel) du canal de Bourgogne vers Pouilly-en-Auxois ravira les amateurs d’architecture industrielle du XIXe siècle.

Entre Vitteaux et Sombernon, sur l'ancienne route royale, aujourdhui D119 (photo: Marc Verney, février 2005).
Ornées de la mention "borne Michelin" ces panneaux émaillés sur pied de béton sont les plus anciens (photo: Marc Verney, avril 2009).

D'AUTRES PROMENADES

AUXERRE-SAULIEU
Du côté d’Auxerre, la N6 historique entre dans la partie vallonnée de l’Yonne. Les reliefs, tailladés par de charmants cours d’eau, se courbent sous le regard. Une certaine douceur de vivre! (lire)

MEURSAULT-SAULIEU-AVALLON
Voilà un coin qui nous plait bien! Du paysage bucolique a n'en plus finir et des petites routes qui tournicotent sans arrêt. Des virages et des vieux panneaux entre Beaune et Saulieu (lire)

R.N.70: AU GRAY DE LA SAONE!
AEntre Bourgogne et Franche-Comté, la route n°70 traverse Dijon, capitale des grands duc d'Occident. Un voyage dans l'histoire. (lire)

Marc Verney, Sur ma route, octobre 2018
Retour à la page principale (clic)