Ancienne signalisation à Thiètreville (photo: Marc Verney, mars 2025).
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Panneaux modernes de la D926 (photo: MV, mars 2025).

VILLES ET VILLAGES traversés ou desservis par la R.N.26 (1959):
Valliquerville (N13bis)
Bourville
Fauville-en-Caux
Ypreville
Toussaint
Fécamp (N25)

Travaux sur la D926 (photo: MV, mars 2025).
SOURCES ET DOCUMENTS: Atlas des grandes routes de France, Michelin (1959); carte n°52 Le-Havre-Amiens, Michelin (1936); Annales des Ponts et Chaussées (tome I), Dunod éditeur (1881); Géographie du département de la Seine-Inférieure, J. Bunel, A. Tougard, imprimerie de E. Cagniard (1876); Guide Vert Normandie, Michelin (1957); Histoire des routes de France, du Moyen Age à la Révolution, Georges Reverdy, ENPC (1997); Les églises de l'arrondissement d'Yvetot, par l'abbé Cochet, Didron (1852); commune-de-toussaint.fr; fauvilleencaux.fr; ville-fecamp.fr; Wikipédia; Wikisara; le Géoportail de l'IGN.  
Page de l'encyclopédie des routes Wikisara consacrée à la nationale 26 (lire)
La page de présentation de l'historique et de l'itinéraire de la nationale 26 dans l'encyclopédie en ligne Wikipédia (lire)


Belles routes en France...
R.N.26: FECAMP QU’ON ARRIVE?
Bon, j’en conviens... Peut mieux faire question jeu de mot! La R.N.26 de 1959 (D926) quitte la R.N.13bis aux alentours de Valliquerville, sept kilomètres après Yvetot, pour atteindre la mer à Fécamp après un très court cheminement de vingt-sept kilomètres… Sur cette brève distance, la chaussée ne rencontre que trois localités: Fauville-en-Caux, Ypreville et Toussaint avant de toucher au but, la descente vers le port de Fécamp.

La R.N.26 historique file droit dans le pays de Caux (photo: Marc Verney, mars 2025). En cliquant sur la photo, vous revenez sur la page principale du site.

On laisse la R.N.13bis de 1959 deux kilomètres après Valliquerville pour immédiatement monter vers le nord-ouest et couper la ligne de chemin de fer de Paris au Havre, ouverte le 22 mars 1847. S'il y a là aujourd'hui un pont qui enjambe le macadam, la carte Michelin Le-Havre-Amiens de 1936 montre l'existence d'un passage à niveau sur une portion de la chaussée désormais désaffectée au lieu-dit le Poteau. Dès lors, la «route de Fécamp à Rouen» longe champs et bois en évitant les villages voisins comme Cléville, Bermonville, Ricarville... C'est peu ou prou le même tracé que sur la carte de Cassini (XVIIIe) publiée par l'IGN sur le Géoportail, la chaussée débutant au village de Valliquerville sans qu’il y soit cependant fait mention de la route de Bolbec et du Havre. Dans son Histoire des routes de France, du Moyen Age à la Révolution, Georges Reverdy mentionne comme seulement achevée «à la veille de la Révolution», cette voie de première classe «de Paris au Havre par Vernon, Rouen et Yvetot». Mais nous on met le cap sur Fécamp… Voilà Fauville-en-Caux (Terres-de-Caux désormais). Les lieux semblent avoir été marqués par la présence romaine (IIe-IIIe siècles). Des fouilles archéologiques ont permis d'y relever les structures d'une ferme, avec fosses dépotoirs remplies de débris céramiques, raconte le site municipal fauvilleencaux.fr. En 1716, un violent incendie ravage Fauville et son vieux marché. Puis, en 1769, c'est un tremblement de terre qui frappe les lieux. En 1806, signale Wikipédia, on découvre une amphore romaine lors de la construction d'une auberge au carrefour des routes de Fécamp (n°26) et de Cany (D50). Cassée lors des travaux, la poterie donne son nom à l'auberge, aujourd'hui disparue, et au carrefour, le Pot-Cassé.

R.N.13bis: BELLE MISE EN SEINE
La R.N.13bis est la "route d'en bas", celle qui atteint Rouen par la rive gauche de la Seine, puis se rend au Havre par Yvetot et Bolbec... (lire)

De belles lignes toutes droites dans le pays de Caux (photo: Marc Verney, mars 2025).

On continue en direction d'Ypreville. La route n°26 (D926) passe au large du petit village de Bennetot, calé sur un plateau, où se trouvait «une foire très fréquentée», indique la Géographie du département de la Seine-Inférieure (1876). C’est aussi à ce niveau que la R.N.26 sera «écrêtée» en 1862, mentionne Wikisara. Juste après, Ypreville, lit-on dans l'ouvrage Les églises de l'arrondissement d'Yvetot (1852), est «un relais de poste placé sur la route nationale n°26 à un myriamètre (dix mille mètres, ou deux lieues) environ de la ville de Fécamp». Toujours en ligne droite, notre ancienne chaussée nationale longe le château du Grand-Daubeuf, attribué à l’architecte François Mansart (1629), puis s’infléchit légèrement au milieu des champs à la hauteur des ruines d’une «folie» dissimulée dans un bosquet, une ancienne tour construite pour servir de relais de chasse dépendant du château de Franqueville (détruit en 1961). Toussaint est le dernier village traversé avant notre arrivée à Fécamp. Jusqu’en 1790, la commune s’appelait Notre-Dame-de-Toussaint. Le passé historique de la localité recèle des richesses insoupçonnées, signale le site communal commune-de-toussaint.fr, puisque, «dans le bois du Canada se trouvent les vestiges d’un camp romain, l’oppidum d’Orenge. Les Romains s’y installèrent lors de la conquête de la Gaule en –50. De là ils dominaient la vallée entre les deux rivières de la Ganzeville et de la Valmont. Avant eux vivaient en ces lieux une tribu gauloise, les Calètes, originaires de Belgique». La côte du Canada, qui précède l’entrée dans les faubourgs de Fécamp, a été rectifiée vers 1873, dit Wikisara. Un travail bien justifié en raison de sa dangerosité «à la descente» sur l’actuel chemin du Nid-de-Verdier, expliquent en 1881, les Annales des Ponts et Chaussées, qui saluent le chantier en indiquant que le nouveau tracé de la rue de Rouen «reçoit la plus grande partie des voitures chargées, montantes et descendantes».

A la sortie d'Ypreville (photo: Marc Verney, mars 2025).

C'est maintenant la rue Gustave-Couturier qui emmène les voyageurs jusqu'au centre de Fécamp. Le port puise ses origines dans un petit village de pêcheurs installé aux abords d’une «zone marécageuse», explique le site ville-fecamp.fr. Mais c’est le fait religieux qui va largement faire connaître la ville. Il y a d’abord, au VIIe siècle, une abbaye de moniales qui disparaît deux siècles plus tard du fait des raids vikings. Un siècle plus tard, raconte encore le site municipal de Fécamp, «ces conquérants devenus ducs de Normandie font de la ville une de leurs capitales. Ils bâtissent un palais doté d’une large enceinte et, afin de prouver leur conversion au christianisme, fondent l’abbaye de la Sainte-Trinité». Richard II fait même venir en Normandie l’abbé de Saint-Bénigne de Dijon, Guillaume de Volpiano, qui y applique la réforme venue de Cluny. En 1067, le duc Guillaume Le Conquérant y célèbre sa victoire de Hastings; mais il délaisse la cité pour s’établir à Caen, devenue la nouvelle capitale du duché. La pêche en haute mer représente un autre morceau de bravoure de l'histoire fécampoise du XIXe au milieu du XXe siècle. Entre 1901 et 1905, on va compter jusqu'à 69 trois-mâts immatriculés à Fécamp, les célèbres terre-neuvas. En 1955, écrit le Guide Vert Normandie, «Fécamp représente 44% de la production française de morue salée»…

Arrivée à Fécamp (photo: Marc Verney, mars 2025).

R.N.25: DE MANCHE EN FLANDRES (I)
Première partie de notre voyage entre Le Havre et Lille. Du port du Havre on retrouve la côte d'Albâtre. Voilà Fécamp, Dieppe. Puis on file sur Abbeville. (lire)

Marc Verney, Sur ma route, avril 2026
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