Borne kilométrique située à 20 km de Kumasi en direction d'Accra (photo: MV, février 2008).
Accra: annonce d'un chantier routier (photo: MV, février 2008).
Annonce d'un dos d'âne (photo: MV, février 2008).

Sources et documents: A Historical Geography of Ghana, Kwamina B. Dickson, CUP Archive (1969); Larousse (larousse.fr); université de Sherbrooke, Wikipédia.

A Effiakuma, sur la route n°1 en direction d'Accra. Le village à été bâti au début des années soixante par Kwame Nkrumah, le leader indépendantiste du pays (photo: MV, février 2008).

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Publicité peinte pour un garagiste à Takoradi. Ce spectaculaire type d'expression picturale est extrèmement populaire en Afrique (photo: MV, février 2008).
Panneau d'indications locales à Kumasi (photo: MV, février 2008).
Radio France Internationale, la radio francophone vers l'Afrique (clic)
Vente d'oranges en bord de route, une activité florissante au Ghana. (photo: MV, février 2008).

Les routes du monde...
GHANA: BRULANT MACADAM!
En ce début d’année 2008, j’ai passé plusieurs semaines au Ghana afin de suivre un événement sportif majeur pour le continent africain, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football. Les différents matchs se jouaient dans plusieurs stades, répartis dans tout le pays. Aussi, pour celui qui voulait vraiment «voir du pays», c’était une occasion extraordinaire. En compagnie de mon chauffeur (car les mœurs automobiles ne sont pas celles de l’Europe du Nord…), j'ai principalement roulé à l’époque sur les routes nationales n°1, 6 et 8 entre Accra, Cape-Coast, Sekondi-Takoradi et Kumasi. Ce fut un passionnant et émouvant voyage, rythmé, sous un soleil écrasant, par quelques dépassements acrobatiques, des passages soudains du goudron à la terre, mais aussi et surtout par des rencontres toujours chaleureuses et enrichissantes.

La route de Kumasi à Accra est l'une des chaussées principales du Ghana. En raison de son trafic, c'est l'une des mieux préparées du pays (photo: Marc Verney, février 2008). En cliquant sur l'image vous revenez à la page principale.


Le Ghana, nous dit le site internet de l'université de Sherbrooke (Canada) est «une ancienne colonie britannique connue sous le nom de "Gold Coast" (Côte-de-l'or). Elle proclame officiellement son indépendance le 6 mars 1957. Il s'agit d'une première pour un pays de l'Afrique noire». Malgré la présence de ressources naturelles diversifiées, indique encore ce site, «le Ghana demeure un État pauvre, affecté par de fréquentes crises alimentaires. Au cours des années 1990, celui-ci est néanmoins devenu une démocratie multipartite dont l'existence se poursuit au XXIe siècle».

Les premiers comptoirs commerciaux installés dans la région, qui est administrée par un grand nombre de petits royaumes, sont le fait des Portugais qui atteignent, nous précise le Larousse, ce littoral en 1471. Près de deux siècles plus tard, ce sont les Hollandais qui s'installent, attirés par le trafic des esclaves. Par la suite, Anglais, Danois, Suédois et Français implantent jusqu'à 35 comptoirs. Entre 1850 et 1872, les Britanniques rachètent les possessions danoises et hollandaises. Puis, la Côte-de-l'Or devient colonie de la Couronne en 1874. Des combats opposent les Ashantis, dont le royaume est fondé au XVIIIe siècle et organisé autour de sa capitale, Kumasi (centre), aux peuplades du littoral et au Anglais. Après de premiers échecs, les colonisateurs s'emparent finalement de Kumasi et la brûlent en 1874. Dès 1911, la colonie possède de nombreuses plantations de cacaoyers qui en font le premier producteur mondial à l’époque. Mais c’est l’or, et depuis peu une production de pétrole offshore qui apportent des devises au Ghana.

Circulation importante sur la route n°1 à l'approche du pont de Beposo (photo: Marc Verney, février 2008).
Le point de péage du pont de Beposo au début du XXIe siècle (photo: Marc Verney, février 2008).

Après la Seconde Guerre mondiale, Kwame Nkrumah organise la résistance face au colonisateur britannique. Vainqueur d'élections en 1951, le leader du Convention People's Party (CPP) devient Premier ministre. Puis, lorsque Nkrumah gagne à nouveau en 1956, le Royaume-Uni se rend à l'évidence, il faut donner l'indépendance aux Ghanéens. Une période d'instabilité politique (1966-1982) suivra les années Nkrumah, qui se sera montré hésitant en terme de politique intérieure. Un militaire, Jerry Rawlings prend le pouvoir jusqu'en 2001. Il est battu en 2001 par le «géant débonnaire» John Kufuor, qui fait face à la crise provoquée par la chute des prix de l'or et du cacao en adhérant à un programme de gestion des dettes de la Banque mondiale et du FMI et en lançant un plan d'aide sociale en faveur des plus démunis. Se succéderont dès lors John Evans Atta Mills (2009-2012), John Dramani Mahama (2012-2017) et, aujourd'hui, Nana Akufo-Addo dans un pays dont la «bonne gouvernance» a été saluée en 2009 par le président des Etats-Unis d'alors, Barack Obama, venu en visite officielle au Ghana.

Les routes au Ghana sont administrées, indique Wikipédia, par la Ghana Highway Authority, créée en 1974 pour gérer -notamment- les 13.367 kilomètres de routes nationales du pays. Dans ce pays, les distances sont indiquées en kilomètres et les limitations de vitesse en km/h. Ainsi, dans les villes, on doit généralement rouler entre 30 et 50 km/h, 100 km/h sur les nationales et 120 km/h sur les autoroutes (à l'époque, ce cas de figure ne s'est pas présenté). Mais bon, à l'époque de ma visite dans ce pays, ces vitesses ne semblaient qu'indicatives à la plupart des chauffeurs, qui préféraient s’en référer à leur instinct pour moduler leur avance au milieu d'un trafic incessant …

En route vers Kumasi. On remarque une formidable activité humaine le long des chaussées, et pas uniquement dans les villages (photo: Marc Verney, février 2008).
Les chaussées, parfois, passent vite du bitume à la terre (photo: Marc Verney, février 2008).

J’ai donc suivi majoritairement la route nationale 1, qui suit (de près ou de loin) toute la côte ghanéenne, et qui relie la Côte d’Ivoire au Togo en passant par Sekondi-Takoradi, Cape-Coast et Accra. Longue de 540 km, elle fait partie de l’axe transafricain n°7 (Dakar-Lagos). J’ai atteint Kumasi par la route n°8, qui relie Yamoransa à Kumasi sur 170 km et enfin, je suis redescendu de Kumasi à Accra par la route nationale 6 (250 km) qui traverse le pays ashanti. En 2008, la qualité de ces routes était très variable, les photos publiées sur cette page représentent donc la situation de l’époque.

La création d'axes routiers est un développement relativement récent au Ghana. Sous la colonisation britannique, on construit de petits bouts de routes dès le début du XXe siècle. Mais les automobiles sont encore un produit rare sur les pistes africaines... En 1924, sur une carte publiée par l'ouvrage A Historical Geography of Ghana, on note l'existence d'une piste carrossable entre Accra et Kumasi par Nsawam, Bunsa, Bompata et Konongo. Les travaux, sur cet axe, ont été entamés dès 1905. Pour aller d'Accra à Sekondi, la route n°1 n'existe pas et il faut remonter à Nsawam pour ensuite tournicoter dans les collines pour arriver à Saltpond, Cape-Coast, Elmina et Sekondi. Entre Cape-Coast et Kumasi, on voit un chemin jusqu'à Prasu, et, decendant vers le sud depuis Kumasi, un autre chemin jusqu'à Bekwai. Dans le pays ashanti, les travaux routiers commencent en 1910. Plus loin, ce livre nous raconte encore que la première voiture motorisée est arrivée au Ghana en 1902, pour l’usage exclusif du gouverneur de la colonie…

En direction de Kumasi, il fat faire attention au passage d'animaux domestiques en liberté (photo: Marc Verney, février 2008).
On marche beaucoup à pied le long des chaussées (photo: Marc Verney, février 2008).

Mais, lit-on encore dans A Historical Geography of Ghana, la motorisation des véhicules amène une usure rapide des fragiles pistes de latérite, sources de poussière ou d’incroyables bourbiers lors des pluies. La solution viendra, dans un premier temps, avec l’utilisation de camions Ford légers, parfaitement maniables sur des routes aux surfaces irrégulières  En 2008, j’ai rencontré sur ces routes toutes sortes d’engins… dont de très nombreux mini-vans importés d’occasion des Pays-Bas (cela se voyait car ils avaient conservé leurs marquages d’origine!).

Marc Verney, Sur ma route, septembre 2017

Sur la route côtière, entre Sekondi-Takoradi et Cape-Coast (photo: Marc Verney, février 2008).
Vers le port de pêche de Takoradi (photo: Marc Verney, février 2008).
On a croisé un nombre incroyable de poids lourds en panne au bord des chaussées (photo: Marc Verney, février 2008).
En pleine brousse, un incroyable marché sur le bord de la route n°6 de Kumasi à Accra. La première voie montante servait de lieu d'échange, la deuxième voie montante servait de stationnement et seule la voie descendante était praticable pour la circulation générale dans les deux sens. Mais tout se passait dans la bonne humeur (photo: Marc Verney, février 2008).
Il y a quand même de nombreux accidents. Ici, un poids lourd et sa remorque sont tombés dans un profond fossé. (photo: Marc Verney, février 2008).
Là, un semi-remorque s'est renversé sur une chaussée non revêtue (photo: MV, février 2008).

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